Environnement

Guadeloupe : pas de biomasse importée car l’autonomie, c’est l’autonomie

Un exemple qui fait réfléchir à La Réunion

Manuel Marchal / 7 novembre 2018

Les Guadeloupéens ont refusé le projet visant à importer de la biomasse pour alimenter une centrale thermique. Ils considèrent en effet que l’autonomie, c’est produire ce que l’on consomme ce qui suppose qu’il n’y a pas d’autonomie si on importe des sources d’énergie. De quoi faire réfléchir quand on sait qu’à La Réunion, Albioma veut importer du bois pour remplacer le charbon dans ces centrales thermiques.

JPEG - 68.2 ko
La centrale thermique de Bois-Rouge devrait utiliser du bois importé à la place du charbon. En Guadeloupe, on préfère réfléchir sur d’autres technologies de production d’électricité plutôt que recourir aux importations pour remplacer une matière première par une autre.

Albert Elatre, président du SYMEG, a évoqué le projet de centrale biomasse-bagasse en Guadeloupe. Implantée sur l’île de Marie-Galante, elle devait initialement fournir une puissance de 12 mégawatts. Mais la Guadeloupe ne possède pas la ressource nécessaire pour fournir la biomasse nécessaire. Cela supposait donc des importations. Par ailleurs, le câble reliant Marie Galante à l’île principale de la Guadeloupe est sous-dimensionné pour y envoyer le courant produit à Marie-Galante.

C’est la question de l’importation qui a suscité le plus d’opposition. En effet, pour les Guadeloupéens, l’autonomie énergétique, c’est être capable de produire uniquement à partir de la ressource disponible dans le pays. Cela signifie pas d’importation. En conséquence, le propriétaire de la centrale a dû revoir son projet à la baisse. La centrale servira donc principalement à fournir de la vapeur pour l’usine sucrière de Marie-Galante, et la biomasse produite sur place et la bagasse seront suffisantes pour remplir cet objectif.

Rappelons qu’à La Réunion, Albioma, principal producteur d’électricité à La Réunion, compte remplacer le charbon de ces centrales thermiques par de la biomasse. Eu égard à la technologie utilisée, la biomasse produite à La Réunion ne suffit pas. Albioma veut donc faire venir du bois depuis plusieurs milliers de kilomètres, et le transporter par camion jusqu’à ses centrales. Ceci contribuera à augmenter les émissions de gaz à effet de serre, et maintiendra La Réunion sous la dépendance d’importations pour sa production d’électricité.

En Guadeloupe, l’accent est mis sur la valorisation maximale des sources d’énergie locales. Des recherches sont en cours pour augmenter la production d’électricité à partir de la géothermie.

M.M.