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4 juin, parNos peines
Un procédé pour « une réduction maximale du risque »
14 novembre 2015, par

Dans une île tropicale comme La Réunion, peut-on accepter une « réduction maximale du risque » d’introduction d’espèces invasives et de possible menaces pour la santé humaine, ou doit-on exiger le risque zéro ?
Lancé en dépit du bon sens, le projet de la route en mer dite nouvelle route du littoral ou NRL s’est heurté à un problème considérable, celui des matériaux. Car aussi incroyable que cela puisse paraître, les responsables de la NRL ne se sont pas préalablement assurés de disposer des matériaux suffisants pour mener à bien leur projet.
C’est le point de départ de plusieurs manœuvres. La première a consisté à demander l’ouverture de nouvelle carrières. Cette tentative s’est heurtée à d’importantes résistances. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté contre le projet d’une méga-carrière à Bois-Blanc. C’était la première fois qu’une telle mobilisation avait lieu pour protéger un site naturel et la santé des personnes concernées par les nuisances.
C’est alors qu’a été dévoilée un plan B : faire venir des roches de Madagascar. Jusqu’alors, la Région Réunion avait démenti une telle éventualité.
Mais là aussi, les embuches s’accumulent.
En effet, le Conseil national pour la protection de la nature avait donné un avis défavorable au projet de la NRL. De plus, il avait conseillé de totalement interdire l’importation de roches, compte-tenu du risque de transport d’espèces invasives.
Le maître d’œuvre a donc été mis en demeure de démontrer que les roches importées à La Réunion sont totalement sans danger.
Réuni le 10 novembre, le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST) a examiné les mesures prévues pour répondre à cette obligation. Il a donné un avis favorable. Hier, le préfet a publié un arrêté autorisant l’importation de roches de Madagascar à condition de respecter scrupuleusement le protocole présenté au CODERST.
Dans son communiqué, le préfet précise une chose importante : « les mesures de protection prises visent une réduction maximale du risque d’introduction d’espèces exotiques envahissantes, possibles menaces pour la santé humaine, l’agriculture et la biodiversité de La Réunion ».
C’est donc la reconnaissance qu’il n’existe pas de risque zéro pour cette opération, malgré toutes les mesures proposées.
Dans une île comme La Réunion, cette absence de risque zéro pourra avoir d’importantes conséquences. Notre île se débat déjà avec des problèmes liés aux plantes invasives, toute nouvelle importation sera lourde de conséquences. N’oublions pas que toutes les épidémies sont venues de la mer, ce qui est une des raisons de l’obligation de quarantaine imposée pendant des décennies à tout nouvel arrivant à La Réunion. D’où cette interrogation : l’absence de risque zéro est-elle acceptable ?
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