Environnement

Innovation : des plantes naturellement insecticides à La Réunion

Culture de deux végétaux aux propriétés naturellement bactéricides et insecticides expérimentée à La Réunion

Témoignages.re / 20 novembre 2017

Même si tout pousse à La Réunion, la médaille a son revers avec les attaques en règle de multiples ravageurs et maladies. Pour les agriculteurs, c’est un lot quotidien qui les oblige à recourir à des traitements majoritairement chimiques. Mais la nature a des ressources : à La Réunion, il existe au moins deux plantes aux propriétés naturellement bactéricides et insecticides. Leur nom est encore tenu secret. Il faut dire que l’enjeu est de taille : se débarrasser à terme des pesticides chimiques pour une agriculture plus saine au niveau local, mais aussi mondial.

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Dans le plus grand secret, des plantes endémiques de La Réunion, dont on extrait des molécules aux vertus naturelles d’insecticide, sont actuellement en culture sur notre île. C’est le projet Biopiper, coordonné par le CIRAD et ses partenaires. Depuis que l’homme cultive, il est confronté aux attaques des nuisibles. Si des méthodes naturelles ont toujours existé (purin d’orties…), progressivement la chimie est venue les remplacer pour répondre aux exigences de rendements et les savoirs traditionnels ont été oubliés. Dans un contexte de prise de conscience mondiale qui prône un meilleur respect de l’environnement et donc de la santé humaine, les plantes issues de la formidable richesse de biodiversité réunionnaise, pourraient bien apporter une contribution de premier plan et pousser les produits chimiques vers la sortie.

Cousine des poivriers (pipéracées, d’où le nom du projet), ces deux plantes font depuis 3 ans l’objet de toutes les attentions. On a commencé par les mettre en culture, pour s’assurer qu’elles pouvaient pousser autrement que dans leur élément naturel. Puis on en a extrait des principes actifs, notamment des huiles essentielles, que l’on a ensuite testés sur ennemis des cultures tels que des insectes et bactéries.

Résultats prometteurs

« Les résultats des premiers tests sont prometteurs », se réjouit Jean-Philippe Deguine, chercheur au CIRAD et coordinateur du projet, une nouvelle qui met en ébullition les nombreux partenaires de l’aventure Biopiper, à La Réunion comme en France. Car l’idée est bien de mettre au point un procédé qui à terme permette de se débarrasser des traitements chimiques à La Réunion, mais aussi dans certaines grandes cultures en France et donc ailleurs dans le monde. « Si nous parvenons à mettre au point un procédé naturel de lutte contre les ravageurs, il n’aura de valeur que s’il est reconnu par l’Union européenne. On est à la préhistoire du processus d’homologation au niveau européen et il serait dommage de se faire rattraper par la réglementation. C’est l’un des enjeux de Biopiper : mettre au point un insecticide et bactéricide naturel efficace à même de remplacer des traitements chimiques, et le faire reconnaître comme tel par l’Union Européenne », précise le chercheur du CIRAD.

Les partenaires

Initié en 2015 par le CIRAD, le projet Biopiper regroupe de nombreux acteurs au rôle bien défini : l’ARMEFLHOR et la Société Horticole de Bassin Plat s’assurent de la « domestication » des plantes, donc de leur capacité à pousser hors de leur milieu naturel. C’est le laboratoire de chimie l’Université de La Réunion qui procède à l’extraction des fameuses huiles essentielles et à l’identification des molécules actives. En France, une société privée, PAT (Plant Advanced Technologie), et l’Université de Rennes, mesurent concrètement l’efficacité des extraits sur des familles de ravageurs, rôle assuré à La Réunion par le CIRAD. A l’autre bout de la chaîne, l’ITAB (institut technique de l’agriculture biologique) prépare le dossier pour, le moment venu, soumettre le dispositif à reconnaissance par l’Union Européenne.

Des enjeux énormes

Retombées scientifiques pour la recherche, retombées économiques pour les partenaires qui pourraient produire et commercialiser les molécules, les enjeux sont énormes.

C’est le pôle de compétitivité Qualitropic qui a accompagné l’ensemble des acteurs et ce, à deux niveaux : tout d’abord en labelisant le projet (ensuite labelisé par le pôle Terralia en métropole) pour l’aider à obtenir les financements nécessaires, puis en favorisant la rédaction d’un accord de consortium qui protège les intérêts désormais de chacun des partenaires en matière de propriété intellectuelle. Toutes les précautions sont à prendre pour un projet qui devrait largement dépasser l’échelle de l’’île.



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  • Vive enfin ici aussi, le dévloppement d’une agriculture saine, sans pesticides. La Réunion n’est hélas pas épargnée. Beaucoup pensent qu’il faut manger local, c’est bien, mais sans produits chimiques, des poisons à petit feu qu’on nous donne, c’est mieux non ? Y a pas photo ! Enfin, c’est tellement évident qu’on ne devrait pas autant tergiverser. Seuls 5% des terres agricoles françaises sont exploitées en bio, combien ici en tenant compte des cannes à sucre ? On aimerait bien le savoir. L’Italie est plus forte que nous ! Nous, ici, nous devons promouvoir cette façon de faire, comme la permaculture qui est pronée par Pierre Rabhi dont je conseille les citoyens à voir, revoir, partager les vidéo de lui sur You Tube. "Il faut changer de paradigme", "on marche sur la tête", "nous avons besoin de la nature qui nous fait vivre, respirer, boire et manger, se protéger, et pour des stupides questions de pouvoir et d’argent, on est en train de tout massacrer" Coomme ici, les bichiques "péi" qui ne seront bientôt plus qu’un souvenir, comme feu le Dodo jadis ! Ou bien comme la Hollande qu’on a vu hier au jt de France 2 à 20H00 avec la pèche électrique, les poissons, petits grands, les juvéniles sont tétanisés, électrocutés avant d’être pris dans des filets qui raclent les fonds bientôt désertiques, ou encoreles terres rares, les mines d’or, de métaux précieux.

    Non, vraiment, l’Homme est devenu fou et il risque de le payer cher, directement ou ses descendants, c’est tout. Pas la peine d’avoir son baccalauréat pour comprendre cela. On voudrait nous faire croire que le bonheur c’est d’avoir du bonheur plein les armoires pour des nantis aux coffres bien remplis. D’autres nous dident qu’il ne faut pas regretter le passé, dire que c’était mieux avant, soit. Avant, la vie était plus dure, mais on avait espoir en l’avenir, il y avait du progrès, ce qui est dans le fond discutable (les produits phytosanitaires, sur le long terme, c’est vraiment génial avec toutes ces maladies qui en découlent ?). Aujourd’hui, certains regrettent même d’avoir fait des enfants car ils réalisent que l’avenir qu’on leur prépare ne sera pas du tout rose, en tout cas, pas pour tout le monde, loin de là, ici aussi malgré le maximum d’infos que l’on a à disposition, c’est bien dommage, quelle connerie tout ces plastiques que l’on a par exemple, dissiminé dans les océans, rien que ça, je trouve ça scandaleux ! Pas vous ? Arthur qui rêve d’un monde meilleur et qui apporte sa petite pierre...
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