Bilan climatique de Météo France

Juillet 2026 à La Réunion : records de chaleur et manque d’eau

4 septembre, par Manuel Marchal

À La Réunion, le bilan climatique de juillet 2026 publié par Météo-France confirme la poursuite d’une tendance inquiétante : des températures exceptionnellement élevées et une pluviométrie déficitaire. L’île connaît ainsi un nouvel épisode de chaleur alors que la ressource en eau demeure sous pression.

Juillet 2026 restera comme un mois particulièrement chaud. Les températures moyennes se situent 1,4 degrés au-dessus des normales 1991-2020. Cette moyenne intègre des records remarquables. À Gillot, la température moyenne atteint 23,0 degrés, faisant de juillet 2026 le mois de juillet le plus chaud enregistré depuis 1953. Le précédent record, établi en 2019, était de 22,7 degrés.
Dans les Hauts, le constat est tout aussi significatif. À Petite-France, la moyenne mensuelle atteint 14,1 degrés, soit le niveau le plus élevé pour un mois de juillet depuis 2000. Le précédent record remontait à 2017, avec 13,7 degrés. Les températures maximales ont été supérieures de 1,6 degré aux normales et les minimales de 1,2 degré.

25 % de pluie en moins

Cette chaleur persistante s’accompagne d’un déficit de précipitations. En moyenne, La Réunion a reçu 25 % de pluie en moins qu’à l’habitude. Le déficit est particulièrement marqué dans le Sud Sauvage. À La Crête, seulement 130,4 mm ont été relevés, soit 76 % de moins que la normale. Le Nord, l’Est et le Sud sont globalement déficitaires, tandis que l’Ouest connaît, à l’inverse, des précipitations parfois très largement excédentaires.
Cette répartition rappelle une réalité essentielle du climat réunionnais : l’eau n’est pas répartie uniformément. Mais avec le changement climatique, c’est aussi la quantité disponible qui devient plus incertaine. Le bilan de juillet intervient après un mois de juin déjà déficitaire de 30 % et un mois de mai marqué par un déficit de 60 %.
La Réunion se réchauffe et manque de pluie. Météo-France observe une poursuite de la dynamique des températures hivernales élevées sur l’ensemble de l’île. Cette évolution pèse directement sur les besoins en eau et l’agriculture.
Le rayonnement global est lui-même légèrement inférieur à la normale, avec un déficit de 5 %. À Gillot, l’ensoleillement quotidien moyen n’a atteint que 5 h 45, contre 7 h 10 habituellement en juillet. Le vent a également été particulièrement faible, avec seulement deux jours de vent fort à Gillot et à Pierrefonds, contre respectivement huit à neuf et une dizaine en moyenne.
Pour une île dont l’approvisionnement en eau dépend fortement de conditions naturelles variables, ces signaux doivent désormais être considérés comme des données structurantes pour l’aménagement du territoire et la gestion de la ressource.

M.M.

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