Forte houle : l’océan rappelle les limites du béton

L’aménagement de La Réunion est à revoir totalement

9 septembre, par Manuel Marchal

Une nouvelle fois, l’océan vient rappeler à La Réunion que le béton ne protège pas de tout. Une puissante houle, générée par une tempête des latitudes tempérées, touche notre l’île depuis hier. Entre la Pointe des Aigrettes et la Pointe de La Table, une vigilance orange « vagues-submersion » était en vigueur la nuit dernière. La hausse du niveau marin renforce l’exposition aux submersions et à l’érosion. Organiser progressivement le recul des activités les plus exposées doit devenir une priorité.

À partir de 20 heures hier, l’État appelait à ne pas prendre la mer, s’éloigner des côtes et des estuaires, surveiller la montée des eaux et protéger les biens exposés ainsi que rejoindre le point le plus haut possible ou se réfugier en étage, voire sur un toit en dernier recours en cas d’inondation.

Ces précautions sont indispensables. Mais elles ne doivent pas masquer l’essentiel : la vulnérabilité du littoral réunionnais est aussi le résultat de choix poiltiques.
Pendant des décennies, routes, parkings, logements, commerces, équipements touristiques et zones d’activités ont été développés au plus près de l’océan. Le littoral a été artificialisé, bétonné, aménagé comme si la mer devait rester éternellement à sa place.

Le niveau de la mer monte

Or le climat change. La hausse du niveau marin renforce l’exposition aux submersions et à l’érosion. Les épisodes de forte houle rappellent brutalement que les infrastructures construites sur le littoral ne sont pas éternelles. Et lorsqu’une route ou un bâtiment est menacé, ce sont les contribuables qui sont ensuite sollicités à la place des assureurs pour financer les réparations, les protections et les déplacements éventuels.
La question est donc politique : qui décide de continuer à construire dans les secteurs les plus exposés ? Qui assume les conséquences lorsque la nature reprend ses droits ?
À La Réunion, l’urgence climatique impose de rompre avec une logique qui consiste à bétonner toujours plus les espaces côtiers avant de chercher ensuite à les défendre à coups d’ouvrages coûteux. Préserver les espaces naturels, limiter l’artificialisation et organiser progressivement le recul des activités les plus exposées doivent devenir des priorités.

Protéger la population

La vigilance orange prendra fin. Mais la mer, elle, continuera de monter. Face à cette réalité, il faudra choisir entre poursuivre la fuite en avant du béton ou préparer dès maintenant un territoire capable de protéger sa population dans le climat de demain.

M.M.

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