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L’ONU s’inquièe
22 avril 2023, par

Les glaciers ont fondu à une vitesse spectaculaire en 2022 a alerté l’ONU, qui signale que le phénomène ne peut être arrêter.
Dans son rapport annuel sur l’état du climat mondial, l’Organisation météorologique mondiale (OMM) des Nations unies a pointé du doigt les changements survenus à l’échelle planétaire à la fois sur les zones terrestres, dans les océans et dans l’atmosphère, causés par les niveaux record de gaz à effet de serre qui piègent la chaleur.
Le rapport confirme que la température moyenne de la planète en 2022 était supérieure de 1,15°C à celle de l’époque préindustrielle (1850-1900) et que les huit dernières années ont été les plus chaudes observées, malgré un refroidissement causé par le phénomène climatique La Niña trois années de suite.
Les glaciers en danger
Selon l’OMM, « la glace de mer de l’Antarctique a atteint son niveau le plus bas jamais enregistré et la fonte de certains glaciers européens a littéralement dépassé les records ». De plus, « la partie est déjà perdue pour les glaciers car la concentration de CO2 est déjà très élevée et l’élévation du niveau de la mer risque de se poursuivre pendant les milliers d’années à venir », a déclaré à l’Agence France Presse le secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. La fonte ne peut être stoppée « à moins de créer un moyen d’éliminer le CO2 de l’atmosphère », a-t-il dit.
Les glaciers disposant d’observations à long terme et sur lesquels se basent les chercheurs ont connu une variation d’épaisseur moyenne supérieure à -1,3 mètre entre octobre 2021 et octobre 2022, une perte beaucoup plus importante que la moyenne des dix dernières années.
La perte d’épaisseur cumulée des glaciers depuis 1970 s’élève à près de 30 m. Les Alpes européennes ont battu des records de fonte des glaciers à cause d’une combinaison de faible enneigement hivernal, de l’arrivée de poussière saharienne en mars 2022 et de vagues de chaleur entre mai et début septembre.
La situation des glaciers suisses est tout aussi dramatique. Ils ont perdu 6% de leur volume de glace entre 2021 et 2022, contre un tiers entre 2001 et 2022. Pour la première fois, aucune neige n’est restée durant la saison de fonte estivale, même sur les sites les plus élevés. Il n’y a donc plus d’accumulation de glace fraîche.
Les niveaux de la mer et chaleur des océans grimpent
Le niveau de la mer et la chaleur des océans ont eux aussi atteint des niveaux record. La sécheresse, les inondations et les vagues de chaleur touchent de vastes régions du monde et les coûts qui leur sont associés ne cessent d’augmenter.
« Les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de croître, le climat continue de changer et les populations du monde entier sont toujours durement touchées par les phénomènes météorologiques et climatiques extrêmes », a alerté Petteri Taalas dans le rapport. Les chercheurs ont évoqué les sécheresse prolongée en Afrique de l’Est, les précipitations record au Pakistan et les vagues de chaleur sans précédent en Chine et en Europe.
Malgré tout des lueurs d’espoir
Les énergies vertes deviennent moins chères que les combustibles fossiles, a souligné Petteri Taalas. La planète ne se dirige plus vers un réchauffement de 3 à 5°C comme prévu en 2014, mais plutôt vers un réchauffement de 2,5 à 3°C, a-t-il déclaré.
« Dans le meilleur des cas, nous pourrions encore atteindre un réchauffement de 1,5°C, ce qui serait ce qu’il y a de mieux à la fois pour le bien-être de l’humanité, de la biosphère et de l’économie mondiale », a-t-il affirmé à l’AFP, soulignant que 32 pays avaient réduit leurs émissions de gaz à effet de serre sans que cela ne les empêche de croître sur le plan économique. « Les pays ont commencé à agir », et « la bonne nouvelle, c’est que le secteur privé et les grandes entreprises du monde entier veulent faire partie de la solution », a-t-il relevé.
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