Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Un système fondé sur le gaspillage pour enrichir des sociétés françaises au détriment des Réunionnais
20 novembre 2025, par

La sécheresse s’intensifie dans l’ouest et le nord, révélant les limites d’un modèle de gestion de l’eau importé de France, fondé sur la surconsommation et un réseau défaillant. Avec 180 litres utilisés par jour et par personne, les ressources chutent et des restrictions se préparent. Face à cette crise structurelle, des solutions locales existent : collecte d’eau de pluie, retenues collinaires et limitation des usages excessifs chez la classe privilégiée par le système néocolonial.
Le constat est implacable : La Réunion s’enfonce dans une pénurie d’eau toujours plus sévère, et cette fois ce sont l’ouest et le nord, traditionnellement considérés comme les « chateaux d’eau » du pays, qui plongent à leur tour dans la crise. Les cours d’eau s’amenuisent, les nappes phréatiques se vident. Derrière les alertes de l’Office de l’eau se cache une réalité plus profonde : l’île paie le prix d’un système importé par le néocolonialisme français sans égard pour notre climat ni pour notre souveraineté écologique.
Chaque Réunionnais consomme en moyenne 180 litres d’eau potable par jour — l’équivalent de neuf bidons de 20 litres. Quand nos besoins vitaux se limitent à deux litres, c’est tout un système fondé sur le gaspillage à l’occidentale qui s’effondre ici, dans un pays où chaque goutte devrait être précieusement comptée. Cette surconsommation n’est pas le fruit d’un comportement individuel : elle est le résultat direct du néocolonialisme où des opérateurs français, dominants sur le marché, ont imposé une logique industrielle tournée vers le profit, pas vers la durabilité.
Pendant que les actionnaires français encaissent, les Réunionnais subissent. Le réseau vieillissant fuit de toutes parts : des kilomètres de tuyaux sous terre, des rendements dérisoires, des centaines demillions dépensés dans un système trop complexe, trop cher, trop inadapté. Et ce sont encore les usagers — surtout les plus modestes — qui paient l’addition.
Aujourd’hui, la rivière Saint-Denis, qui alimente près de 50 % de la population de la capitale, est en tension. Les nappes du nord et de l’ouest affichent un « déficit aggravé », avertit Faïçal Badat, directeur de l’Office de l’eau. L’Hermitage, L’Étang-Salé, Sainte-Suzanne : partout le niveau baisse. Les mois de septembre à novembre, traditionnellement secs, deviennent des gouffres hydriques. Et comme toujours, la réponse tombe de la Préfecture : un nouvel arrêté, de nouvelles restrictions, une injonction de sobriété décrétée sans jamais remettre en cause les racines structurelles de cette crise.
Saint-André et Salazie connaissent déjà les coupures nocturnes. À Saint-Benoît, la turbidité force les habitants à faire bouillir leur eau ou à acheter des bouteilles. Cette réalité d’un pays sous-développé écorne l’image de carte postale d’un territoire français prétendument moderne.C’est parfaitement logique dans un système où les choix politiques servent les entreprises, non les populations.
Pourtant, des solutions existent, et elles ne viennent pas du néocolonialisme français. Elles sont portées depuis longtemps par le PCR. La collecte d’eau de pluie, déjà répandue dans les îles voisines de l’océan Indien, pourrait réduire notre dépendance au réseau. Les retenues collinaires, défendues depuis des décennies par le Parti communiste réunionnais, permettraient de stocker l’eau en altitude et de sécuriser l’agriculture. On pourrait aussi installer des limitateurs de débit chez la classe privilégiée par le système néocolonialqui remplit ses piscines privées et gaspille l’eau pour arroser d’immenses pelouses tandis que d’autres communautés manquent d’eau potable.
L’argent existe : les centaines de millions destinés au réseau sous contrôle de sociétés françaises pourraient être redirigés vers des solutions adaptées, locales, souveraines.
La crise n’est pas seulement climatique. Elle révèle l’absurdité d’un modèle imposé, un modèle qui gaspille nos ressources et nie nos réalités. Reprendre la main sur l’eau, c’est sortir de cette dépendance coloniale et affirmer enfin un développement pensé pour La Réunion, par les Réunionnais.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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