La première société de valorisation des déchets électriques et électroniques

6 juin 2007

Que faire des 17.000 tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (D3E) ? Un ingénieur en informatique réunionnais, Paul Soubaya, a porté un excellent projet pour répondre à ce besoin. Il vient de créer une société spécialisée dans le collectage, la déconstruction et la valorisation de ces déchets.

Au lieu de voir des déchets électriques et électroniques décorer nos ravines, Paul Soubaya de Réunion Valorisation Environnement a défendu un projet porteur d’emplois.
(photo Toniox)

Réunion Valorisation Environnement (RVE), créée en avril 2006, est la première entreprise réunionnaise de valorisation des D3E. Et elle est destinée à un bel avenir, puisque notre pays se tourne volontiers vers les nouvelles technologies, et que les Réunionnais sont friands des petits gadgets électroniques, de l’électroménager. À vrai dire, les équipements électriques et électroniques sont présents dans tout notre environnement professionnel et personnel, de la téléphonie au matériel médical, en passant par l’informatique, la robotique, les jouets aussi. Cela relève de la Responsabilité élargie du producteur (REP). Ce concept, initialement promu par l’OCDE, désigne des dispositifs qui transfèrent la responsabilité en matière de gestion des déchets des municipalités vers les producteurs. Il repose sur une logique d’internalisation des coûts. Selon le décret 2005-829 du 20 juillet 2005, ces équipements électriques et électroniques en fin de vie ne sont plus considérés comme des déchets ultimes et doivent être valorisés. Estimés par l’ADEME à environ 17.000 tonnes de D3E par an, c’est un gisement qui méritait d’être valorisés.
« Paul Soubaya est venue avec une question, il est revenu avec un projet » , expliquait un membre de l’ADEME. Aujourd’hui, RVE emploie 7 employés, autrefois Rmistes, et Paul Soubaya compte employer encore 8 autres réunionnais en situation d’insertion difficile.

1500 tonnes traitées sur 17.000 tonnes produits

Pour ce fils d’agriculteur, rien ne compte plus que la préservation de l’environnement réunionnais, de sa nature. Au lieu de voir des déchets électriques et électroniques décorer nos ravines, il a défendu un projet porteur d’emplois. Pour l’heure, RVE possède une capacité de 1500 tonnes par an, avec un démantèlement manuel et une unité spécifique pour le traitement des écrans cathodiques, unique dans les DOM. C’est d’ailleurs une fierté de voir La Réunion en avance dans ce domaine. Il aura fallu plus d’un an pour mettre aux normes, européennes, les bâtiments de cette nouvelle société, implantée sur la zone franche de Saint-André. Déjà opérationnel, l’entreprise compte accroître sa capacité de traitement, jusqu’à 5000 tonnes, en s’équipant d’un broyeur. Cela ne permettra pas, du moins dans l’immédiat, de traiter les 17.000 de D3E produits par an, mais RVE compte contribuer du mieux possible à la valorisation de ces déchets, récupérés auprès des administrations et des sociétés privées, soucieuses de l’environnement réunionnais. Pour l’heure, RVE compte comme clients, la préfecture, l’ADEME, et tant d’autres. Les particuliers devront attendre novembre 2007, dès qu’un partenariat avec un éco-organisme national sera effectif. On pressent Eco’système. Patience donc...

Une réalisation en partenariat

RVE a bénéficié de l’aide de l’Europe, de la Région Réunion et de l’ADEME, qui ont soutenu à hauteur de 150.000 euros le projet de Paul Soubaya. RVE a nécessité un investissement global de 300.000 euros. La société saint-andréenne projette même de s’agrandir pour traiter les D3E du froid. Paul Soubaya n’a eu de cesse de remercier ses partenaires, la SICR, l’ADEME et l’Agence de développement de La Réunion, qui ont appuyé son dossier, du montage à la réalisation. Que dire ? Félicitations pour cette initiative, porteuse d’emplois, qui assure la traçabilité totale des déchets, garantit un service efficace, à la carte, et respectueuse des normes en vigueur. Pour toutes entreprises désireuses de se débarrasser de leurs déchets électriques et électroniques, vous disposez d’un numéro vert (0800.800.641).

Willy Técher


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