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4 juin, parNos peines
Les tortues marines dans les îles Eparses - Programme de suivi 1983-2007
19 juillet 2007, par

Kélonia s’est associé à un programme de suivi des tortues marines démarré par l’Ifremer, qui en est toujours partenaire, en 1975 dans les îles Eparses. L’appellation d’îles Eparses recouvre un ensemble de 5 îlots, Bassas da India, atoll en formation submergé à marée haute, Europa, Juan da Nova, Glorieuses dans le Canal du Mozambique et Tromelin, isolée dans l’Océan Indien. L’administration de ces îles est confiée depuis l’arrêté du 3 janvier 2005 au préfet, administrateur supérieur des Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF).
Les tortues marines sont, comme beaucoup d’espèces aujourd’hui, menacées essentiellement par les agissements de l’Homme. Il est donc essentiel de bien connaître leur biologie et leur comportement afin de mieux les protéger.
« Il faut savoir que ces espèces sont très migratrices, elles ne pondent pas tous les ans. Il est donc plus pertinent d’effectuer des études longues pour juger de leur évolution et de leur état de santé », précise Jérôme Bourjea, ingénieur de recherches à l’Ifremer.
Il a donc fallu récolter des données pendant de très longues années pour pouvoir ensuite faire une analyse convenable. Trois de ces îles sont situées dans le Canal du Mozambique à part Tromelin qui se trouve au Nord de La Réunion.
Un travail sur plusieurs décennies
Les îles Éparses sont des réserves naturelles gérées par les TAAF, elles constituent des sites de ponte majeurs pour les tortues vertes et imbriquées, et regroupent des habitats de développement pour les juvéniles de ces espèces.
Les séries de récoltes de données sont longues, sur plusieurs décennies, cela est nécessaire pour analyser l’évolution de la reproduction des tortues marines.
Ce programme a été complété en 2005 par l’étude des stades juvéniles présents dans les lagons.
C’est ainsi que, depuis plus de 20 ans, les traces de montées en ponte des tortues sont comptabilisées tous les jours, sur des plages de référence, par les gendarmes ou les météorologues présents sur ces îles. Ces comptages sont consignés dans la base de données Ifremer/Kélonia.
« Les données récoltées montrent que les pics de ponte pour les îles Tromelin et Europa se produisent en période d’été austral. A contrario, sur les îles Glorieuses, les pics de ponte se situent au mois de mai, donc plutôt en hiver austral. Concernant l’île Juan de Nova, on observe 2 pics de ponte, un en été austral et un autre moins marqué en hiver », constate Stéphane Ciccione, Directeur de Kélonia.
Comment, dans un espace aussi restreint, peut-il y avoir de telles différences entre les périodes de ponte des tortues ?
L’environnement influence la saisonnalité
Il est incontestable que les facteurs environnementaux ont une influence sur les périodes de ponte des tortues marines. Selon les chercheurs, les tortues seraient sensibles à la température à la surface de l’eau. Jérôme Bourjea de l’Ifremer nous explique que les îles Glorieuses, étant les plus éloignées du pôle Sud, auraient des hivers moins froids par rapport aux autres îles, ce qui expliquerait les pics de ponte en période d’hiver austral.
D’autre part, les protections des îles Eparses ont eu un impact notable sur les populations de tortues marines. Pour les îles Glorieuses et Europa, on constate un accroissement des populations, respectivement de 6 et 3%. Le travail de protection des sites de ponte a donc porté ses fruits. Ces îles sont devenues aujourd’hui des sanctuaires, non seulement pour les tortues, mais aussi pour de nombreuses autres espèces, et notamment des oiseaux. Les frégates, fous à pieds rouges et autres sternes peuplent ces espaces sauvages.
« Mais aujourd’hui, la protection des sites de ponte n’est plus suffisante. En effet, les tortues passent très peu de temps finalement sur les sites de ponte. La plupart du temps en mer et peuvent parcourir de très longues distances », explique Jérôme Bourjea.
Il est donc essentiel, pour la survie des tortues marines, de protéger leur habitat propre, et particulièrement l’habitat des immatures : les lagons.
Et selon les scientifiques, cette protection des habitats propres ne peut se faire sans un travail de coopération, d’une part entre les pays de la zone Océan Indien, mais aussi en l’élargissant avec d’autres pays du monde. La sauvegarde des espèces animales et végétales doit être l’affaire de tous.
Stéphane Ciccione ajoute que « des coopérations régionales sont déjà effectives avec Mayotte, les Comores, Seychelles, l’Afrique du Sud, la Tanzanie et le Kenya ».
Tous mènent des programmes de recherche et échangent les données récoltées.
Il est vrai que le travail des scientifiques contribue à la sauvegarde de ces tortues, mais cela doit tous nous préoccuper. Par des gestes citoyens, nous pouvons tous participer à la protection de ces espèces menacées.
Il suffit d’en prendre conscience...
Sophie Périabe
Nos peines
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