Risques majeurs naturels et technologiques à La Réunion
Un dossier d’information à la disposition des citoyens

La Réunion de tous les dangers, naturels

27 février 2008

La population réunionnaise a le droit de connaître les dangers naturels et technologiques auxquels elle est exposée. Cette obligation légale s’est traduite cette année par la rédaction du Dossier Départemental des Risques Majeurs à La Réunion, document d’information préventive destiné à l’ensemble des citoyens comme aux responsables.

Riche d’une centaine de pages, ce document de référence, élaboré par le Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) avec l’ensemble des services d’Etat compétents, répertorie les risques majeurs dans le département et par commune, leurs conséquences prévisibles, mais aussi les mesures de prévention et de sauvegarde visant à en limiter les effets.

7 risques majeurs naturels et 2 technologiques

Les cyclones et les vents, les mouvements de terrain, les inondations, les éruptions volcaniques, les feux de forêts, les séismes et les houles, les marées de tempêtes et les tsumanis : « le département de La Réunion est de loin la région française la plus exposée aux risques naturels », souligne le document qui en répertorie 7, précédemment cités. « Ceci s’explique par son relief jeune très marqué, par la nature de ses sols, son exposition au milieu tropical océanique et cyclonique, la fréquence élevée de son activité volcanique et une sismicité faible, mais fréquente ». Ile Intense donc qui détient tous les records du monde de précipitations et dont l’activité éruptive du Piton de la Fournaise est aussi l’une des plus régulières au monde !
Epargnée des risques nucléaire, industriel et minier propres à la Métropole, La Réunion est néanmoins soumise à deux risques technologiques majeurs : le risque de transport de matières dangereuses et le risque industriel. Concernant le premier, à ce jour, aucun n’incident n’est à déplorer. Par contre, parmi les 6 installations classées pour la protection de l’environnement SEVESO (4 au Port, 1 à Saint-Paul et 1 à Sainte-Marie), on se souvient, en décembre 2005, du débordement d’un réservoir enterré de kérosène dans la commune de Sainte-Marie qui a entraîné des dégâts environnementaux, mais pas de victime.
Non que leurs effets soient à minimiser, les risques environnementaux tels que les pollutions accidentelles ou persistantes et les risques sanitaires de type épidémie de chikungunya ne sont pas abordés dans ce dossier car ils font l’objet d’une législation, de modes de gestion et de prévention particuliers. On ne peut que le déplorer car la population apprécierait sur ce point d’avoir accès à une évaluation plus précise et transparente des dangers en présence.

Aménager le territoire en circonstance

Bien qu’il soit admis par l’ensemble de la communauté scientifique que l’activité de l’Homme a engendré des dérèglements climatiques aboutissant à une intensification notable des aléas naturelles, ce présent dossier ne fait aucune référence à ce constat, ni ne mentionne la nécessité d’adopter un comportement éco-citoyen qui viserait, si cela est encore possible, à en limiter les effets. Consigne peut-être trop généraliste, à moins qu’elle ne soit acquise par tous ! Pour chaque risque majeur, rigoureusement défini de même que ses conséquences prévisibles sur les personnes, les biens et l’environnement, le document fait état des mesures prises à l’échelle départementale et/ou communale pour y faire face. Si, dans l’ensemble, les prévisions météorologiques, d’observations des phénomènes (type tsunami ; un plan éponyme est en cours) et de surveillance (volcan) permettent d’informer la population de l’approche du danger et de prendre les précautions d’usage (excepté pour le risque sismique qui ne peut être mesuré), l’aménagement du territoire reste l’une des mesures clés pour faire face au risque. La prise en compte des risques naturels majeurs dans l’aménagement du territoire permet bien souvent d’en réduire les conséquences destructrices. D’où la nécessité d’harmoniser les différents schémas d’aménagement (SCOT, PLU, PPR*...), sachant que les orientations du SAR (Schéma d’Aménagement Régional) définies par la Région Réunion restent directrices. Développement urbain cohérent, exploitation des terres raisonnée, protection du littoral et respect des règles de construction, infrastructures adaptées devraient être au cœur de tous les choix des décideurs qui ne peuvent, par copinage ou souci électoraliste, exploiter des zones à risques sans en mesurer les conséquences pour le territoire et la population.

Dossier à disposition de la population

Outre un rappel des événements marquants qui ont touché La Réunion, des consignes spécifiques de sécurité à destination de la population, un renvoi vers de nombreux sites Internet pour parfaire ses connaissances sur tel ou tel risque majeur, ce dossier fait un point sur l’organisation des secours et propose les coordonnées de l’ensemble des acteurs compétents sur la prévention des risques majeurs à La Réunion. Tableaux à l’appui, il inventorie les risques majeurs par commune, et est agrémenté d’une série de clichés des conséquences sur le terrain de certains épisodes climatiques remarquables. Un dossier que nous conseillons vivement à la population qui peut le consulter, et c’est son objectif, à la Préfecture, dans les sous-Préfectures et mairies de l’île.
A noter également que chaque commune doit elle aussi mettre à la disposition de ses administrés son propre document d’information sur les risques majeurs à l’échelle de son territoire (DICRIM). Renseignez-vous.
Enfin, terminons avec les propos du Préfet de La Réunion, Pierre-Henry Maccioni, qui clôture ainsi la préface de ce dossier : « Je souhaite que ce dossier, fruit d’un large travail de concertation avec toutes les administrations concernées, constitue pour chacun un outil utile d’information et de sensibilisation, qu’il engage à la réflexion et à la discussion, et qu’il contribue de ce fait à une protection raisonnée contre les risques ».

Stéphanie Longeras


An plis ke sa

Dans le cas du risque cyclonique, le dossier précise (p.22) que le danger doit être pris en compte dans les règles de construction afin d’améliorer la résistance générale du bâti et donc la sécurité de ses occupants. Une précision de bon sens qui renvoie néanmoins à la foultitude de logements insalubres à La Réunion, d’habitats précaires occupés par des populations fragiles qui ne sont pas, elles, à l’abri sous un toit vacillant à chaque rafale. Mais comme il est précisé dans ce document, ce dernier vise à l’information préventive et n’a aucune valeur juridique, donc n’est pas opposable aux tiers, en l’occurrence l’Etat, responsable en matière de rénovation de l’habitat insalubre.


Risques majeurs et aménagements du territoire : deux outils d’Etat

Pour prendre en compte les risques naturels et technologiques dans l’aménagement du territoire, l’Etat dispose de deux outils : les plans de préventions des risques naturels prévisibles (PPRNP) et les plans de préventions des risques technologiques prévisibles (PPRTP), appelés communément PPR. Le dossier précise que « ces dispositifs réglementaires et opposables aux tiers ont pour objectif de contrôler le développement de l’urbanisation dans les zones exposées à un risque naturel ou technologique majeur. Ils sont dans un premier temps prescrits puis dits approuvés lors de leur adoption officielle. Après approbation, les PPR valent servitudes d’utilité publique et sont annexés au Plan Local d’Urbanisme (PLU) qui doit s’y conformer. Ainsi, aucune construction ne pourra être autorisée dans les zones à risque ou uniquement sous certaines conditions ».
Dans le département, 12 communes disposent, sur tout ou partie de leur territoire, d’un PPRNP approuvé essentiellement pour le risque inondation et mouvement de terrain : Saint-Denis (inondation et mouvement de terrain), Sainte-Marie et Sainte-Suzanne (inondation), Le Port et Saint-Paul (PPRNP inondation commun pour le secteur de La Rivière des Galets qui s’étend sur les deux communes), Salazie (mouvement de terrain), Bras-Panon, Saint-Benoît et La Plaine des Palmistes (inondation), Les Avirons, Petite-Ile (inondation) et Saint-Joseph (inondation et mouvement de terrain). A terme, Le Port, pour la Société Réunionnaise des Produits Pétroliers (SRPP), et Saint-Paul, pour le dépôt d’explosifs, seront concernés par des PPRTP.


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