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Le Congrès de l’UICN souligne l’urgence d’agir contre l’extinction de masse causée par la quête du profit -1-
9 septembre 2021, par

Le Congrès de l’UICN qui se tient actuellement à Marseille souligne la menace considérable créée par une extinction massive en cours provoquée par une seule espèce, l’être humain. Depuis sa colonisation par la France au 17e siècle, La Réunion a subi la disparition d’une grande partie de sa flore et sa faune en raison de son exploitation guidée par la quête du profit.
Depuis l’apparition de la vie sur Terre depuis plusieurs années, notre planète a connu plusieurs extinctions massives des espèces vivantes. Elles s’expliquent par des phénomènes classés naturels : réactions chimiques changeant la composition de l’atmosphère, chute d’astéroïdes. Ces phénomènes ont aussi pour conséquence de libérer des espaces occupés par des espèces disparues. L’extinction de masse survenue il y a environ 60 à 70 millions d’années a ainsi permis aux mammifères de supplanter les reptiles au sommet de la chaîne alimentaire sur les terres émergées.
Or, l’UICN souligne que l’époque actuelle est celle d’une extinction de masse, car les espèces disparaissent à un rythme 100 à 1000 fois plus rapide qu’en moyenne. La particularité de cette extinction est sa cause. Elle résulte avant tout du mode de vie de la minorité d’une espèce : l’être humain.
Pendant plus de 95 % de son existence, la totalité de l’espèce humaine vivait en symbiose avec son environnement. La première rupture est survenue avec le développement de l’agriculture : le superprédateur n’avait plus besoin d’être un chasseur-cueilleur nomade pour se nourrir. Il pouvait devenir sédentaire et produire plus que ses besoins. Le rapport avec la nature a alors changé.
La colonisation et le capitalisme ont accentué le fossé entre l’être humain et son environnement, car la nature comme l’humain sont des sources de profits.
Au nom de ce profit, La Réunion a subi une extinction massive, avec la disparition des grands animaux qui n’avaient pas de prédateur, tels que le solitaire de Bourbon ou les tortues terrestres. La forêt primaire des bas a été détruite pour faire place à une société de plantation exportant des produits de luxe de l’époque comme les épices, le café puis le sucre vers la France. Les arbres étaient aussi une source d’énergie pour assurer la cuisson des aliments, faire fonctionner les machines à vapeur des usines ainsi que celles des trains quand il n’y avait pas de charbon disponible.
Lors de sa prise de possession par la France, La Réunion était une grande forêt. Il a suffi d’un siècle pour tout bouleverser. Seul le relief des Hauts a permis d’éviter une disparition totale de la biodiversité réunionnaise. Le Parc national assume la responsabilité de préserver cet héritage.
Notre île est devenue méconnaissable. Cette extinction de masse s’est déroulée bien avant qu’il existe une prise de conscience écologique. Elle préfigure ce qui attend la Terre si la quête de profit continue de guider les actions.
(à suivre)
M.M.
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