Environnement

« La Réunion pas prête à faire face à un cyclone »

Le PCR propose de revoir l’aménagement du pays ainsi que les normes de construction et le calendrier scolaire

Manuel Marchal / 28 avril 2018

Les sections communistes du Sud et la direction du PCR organisaient hier à Saint-Pierre une conférence de presse où il a été question des leçons à tirer des effets successifs de plusieurs tempêtes tropicales en trois mois.

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Johanny Gibralta, Section communiste du Tampon, Philippe Berne, ancien vice-président de la Région délégué à l’aménagement, Ghislaine Cataye, Section communiste de Saint-Pierre, et Yvan Dejean, porte-parole du PCR.

Hier à Saint-Pierre, les sections communistes du Sud et la direction du PCR avaient convié la presse à une rencontre portant sur l’aménagement. Ghislaine Cataye, Section communiste de Saint-Pierre, a évoqué les importants dégâts fait par le passage soudain de la tempête Fakir mardi dernier. Pour elle, un tel phénomène à la fin du mois d’avril, c’est du jamais vu. D’où l’importance d’en tirer les enseignements pour éviter que des drames se reproduisent.
Yvan Dejean a tout d’abord rappelé la succession des phénomènes : Ava, Berguitta, Dumazile et Fakir. « La Réunion est vulnérable et notre pays n’est pas prêt à faire face à un cyclone », a affirmé le porte-parole du PCR. Et du fait du réchauffement climatique, ces phénomènes deviennent plus extrêmes.

Revoir les normes de construction

Irma avait des vents dépassant 300 km/h, c’est au-delà des normes de construction. Avec de tels vents, il n’y aurait plus aucune baie vitrée debout à La Réunion. « Cela pose le problème des normes de construction ».
« Ces phénomènes sont-ils prévisibles ? Ils peuvent arriver à n’importe quel moment : cyclone, sécheresse, houle avec des conséquences dramatiques », a poursuivi Yvan Dejan, « nous sommes terriblement choqués par la disparition des deux jeunes Maëva et Franck ». « Les dégâts sont astronomiques. Dans une commune, 151 familles sont sinistrées par Fakir. Elles ont tout perdu », précise-t-il. Or Fakir n’était pas un cyclone mais une tempête tropicale.
Pour le PCR tout l’aménagement du territoire est à repenser.

Yvan Dejean rappelle que depuis des années, le PCR ne cesse d’attirer l’attention sur le changement climatique et ses effets. C’était déjà le cas lors de la conférence de presse de Paul Vergès et Philippe Berne en 1996. À cette époque, le PCR n’était pas pris au sérieux. Les faits ont démontré le contraire. Ils soulignent aussi le manque d’anticipation alors que les décideurs étaient prévenus.
« Après chaque intempérie, ce sont les réparations au coup par coup, ce ne sont pas des solutions durables », a constaté le porte-parole du PCR.

Redéfinir les zones à risque

« Le premier pas est de revisiter la carte des zones à risques de La Réunion. L’État a les moyens de le faire avec le BRGM. C’est aux maires de porter cette revendication », a indiqué Yvan Dejean.

Le PCR plaide pour un plan global d’adaptation au climat. Cela passe par un système d’alerte, et la création d’un office des routes. « La priorité est de poursuivre la route de moyenne altitude, dont l’amorce serait un pont au-dessus du Bras de Cilaos pour faire la jonction avec le pont de l’Entre-Deux sur le Bras de la Plaine ». Ceci permettra de rejoindre la route des Tamarins. Le but est de désenclaver toutes les agglomérations de Stella au Tampon. Et vers l’Est, cette route de moyenne altitude pourra se concrétiser par l’aménagement de la route Hubert Delisle jusqu’à Saint-Joseph.
« C’est une route de développement pour la zone à mi-pente. Les projections démographiques annoncent 200.000 habitants dans cette zone », a rappelé le porte-parole du PCR.

Un calendrier scolaire adapté au climat

Un autre volet de l’adaptation concerne le système éducatif. Le PCR demande un calendrier scolaire adapté au climat de notre pays, avec les vacances pendant les mois les plus chauds. Faire l’école janvier et février, « cela n’est pas sérieux ».

L’eau qui tombe du ciel ne doit pas être gaspillée. Aussi le PCR propose d’utiliser les eaux excédentaires avec un chapelet de retenues collinaires pour faire face aux effets de la sécheresse et aux besoins de l’agriculture.

Responsabilité

En conclusion, Yvan Dejean rappelle la ligne du PCR : « il est grand temps de décider de ce qui est bon pour nous, nous appelons à l’autonomie politique pour donner la responsabilité au peuple réunionnais dans son pays en sauvegardant les acquis de l’intégration et en donnant les moyens de l’insertion de notre île dans sa région ». « Il s’agit de s’adapter à notre temps », poursuit-il.

Le porte-parole du PCR a précisé que dans le marché globalisé, La Réunion est sans défense à cause d’accords faits dans son dos. C’est l’exemple de l’agriculture qui est menacée par le libre-échange avec les pays voisins.

M.M.



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  • Il y aurait beaucoup de chose à changer ou à faire pour réduire les effets destructeurs et néfastes des tempêtes et cyclones , sur les infrastructures mais aussi sur les propriétés et les personnes .Il vaut toujours mieux prévenir que guérir . Mais comme on ne pourra jamais être efficace à 100% dans l’action préventive ,et que les tempêtes, les cyclones et autres phénomènes naturels ou artificiels continueront toujours de causer des dégâts importants , tant pour les services publics que pour les particuliers , pour faire face aux conséquence inévitables de ces phénomènes exceptionnels, l’une des démarches prioritaires devrait être la création d’un fonds d’intervention d’urgence au niveau de chaque région concernée par les phénomènes cycloniques pour intervenir rapidement immédiatement après le passage des cyclones ou tempêtes et apporter les secours les plus urgents aux populations ou aux collectivités sinistrées .

    Ce fond serait alimenté par des contributions locales en fonction de la population des collectivités concernées , mais aussi par des contributions nationales et européennes .Son rôle serait de répondre aux situations d’urgence qui ne peuvent pas attendre la reconnaissance de la situation de catastrophe naturelles. Il pourrait couvrir toutes les situations de risque exceptionnel tels que les éruptions volcaniques ,les tsunamis ou les phénomènes de houles exceptionnels, les tremblements de terre , les chutes de météores ou les accidents d’avions ou encore de naufrage , qui nécessitent la mise en oeuvre de moyens de secours d’urgence .

    Sa gestion serait confiée à des représentants des diverses personnes morales ou physiques qui en seront membres de plein droit ou facultativement , et il serait placé sous la direction du préfet de Région ou du président de Région sous le contrôle du préfet .

    Ce fonds d’intervention urgente pourrait intervenir non seulement sur le territoire de la région mais aussi apporter une aide aux pays voisins en cas de catastrophe naturelle faisant appel à la solidarité internationale sou régionale .

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