Environnement

La rupture d’un glacier dans l’Himalaya fait 14 morts et 170 disparus en Inde

Effets du changement climatique en Inde

Témoignages.re / 8 février 2021

Plus d’une centaine de personnes étaient portées disparues dans le nord de l’Inde après la rupture d’un glacier de l’Himalaya, ayant provoqué une crue éclair en s’effondrant dans une rivière.

Lorsque la nuit du 7 février a empêché la poursuite des recherches, sept cadavres avaient été découverts, selon les autorités de l’Etat de l’Uttarakhand, qui ont fait état de 125 à 200 disparus selon les sources.

Le glacier a dévasté la vallée de la rivière Dhauliganga (image ci-dessus), détruisant tout sur son passage, submergeant un complexe hydroélectrique et emportant des routes et des ponts, selon les images prises par des habitants.

Les autorités ont indiqué que des dizaines d’employés des deux centrales électriques installées sur le barrage de Richiganga sont portés disparus, ainsi que des habitants de la région, emportés par les eaux.

Le Premier ministre de l’État de l’Uttarakhand, Trivendra Singh Rawat, a indiqué qu’au moins 125 personnes étaient portées disparues, mais que le bilan pourrait s’alourdir. De son côté, le chef de la police locale, Ashok Kumar, avait évoqué 200 employés disparus dans les seules centrales électriques.

Une vingtaine d’employés se sont retrouvé coincés dans un tunnel, mais 12 ont été secourus. 25 à 30 individus sont toujours coincés dans un autre tunnel, a précisé auprès de l’AFP Piyoosh Rautela, responsable de l’aide d’État aux victimes de catastrophes.

La route principale ayant été emportée, mais les opérations de secours continues, où des centaines de militaires et paramilitaires, ainsi que des hélicoptères et des avions militaires, ont été mobilisés dans la région.

Situé dans le massif de l’Himalaya, l’Uttarakhand est un État indien où le Gange prend sa source. La rivière Dhauliganga est un affluent du Gange. Les autorités ont vidé deux barrages pour empêcher les eaux de gonfler le Gange dans les villes de Rishikesh et Haridwar.

Les habitants des deux villes ont interdiction de s’approcher des rives du fleuve sacré. De plus, les villages dans les montagnes surplombant la rivière ont été évacués, bien que "le plus gros du danger est passé", ont indiqué les autorités dans la nuit du 7 février.

Le Premier ministre Narendra Modi a déclaré qu’il suivait les opérations de secours. "L’Inde se tient aux côtés des habitants de l’Uttarakhand et la nation prie pour la sécurité de tous dans cette région", a-t-il assuré sur Twitter.

Quatorze glaciers surplombent la rivière dans le parc national Nanda Devi. Ils font l’objet d’études scientifiques, en raison des craintes d’une fonte à cause du changement climatique et de la déforestation.

En 2013, des inondations dévastatrices dues à la mousson avaient tué 6.000 personnes dans l’État, entraînant des appels à revoir les projets de développement dans l’Uttarakhand, surtout dans les zones isolées comme celle du barrage de Rishi Ganga.

Pour Vimlendhu Jha, fondateur de Swechha, une ONG de défense de l’environnement, ce désastre est un "sinistre rappel" des effets du changement climatique et du "développement incohérent des routes, des voies ferrées et des centrales électriques dans les zones écologiquement fragiles".