Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Eaux de consommation en 2003
11 décembre 2004

Selon la DRASS, 85% des captages de l’île délivrent une eau de très bonne qualité. Mais les contrôles réalisés sur la période 2002-2003 ont détecté la présence de pesticides sur 14% des captages.
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C’est presque un signal d’alarme. "Nous consommons l’eau librement et nous la gaspillons sans véritable prise de conscience", indiquait hier le directeur de la Direction régionale des affaires sanitaires et sociales (DRASS). Un Réunionnais consomme en moyenne 250 à 300 litres par jour, alors qu’au niveau national la consommation moyenne est de 150 à 200 litres.
Il est du ressort de la DRASS, qui vient de dresser un état des lieux sur la qualité de l’eau distribuée en 2003, d’informer les usagers. Intitulé "Qualité des eaux de consommation distribuées à La Réunion - situation 2003", ce document doit servir de référence aux décideurs locaux (maires, collectivités locales et services de santé publique).
Le maire a lui l’entière responsabilité de l’approvisionnement en eau pour sa commune, qui doit être "tout naturellement" potable. La population doit être avertie en cas de crise.
L’eau de boisson constitue un vecteur potentiel de maladies, telles que la carence d’iode, la fluorose, la maladie d’Itaï-Itaï, ou encore des maladies hydriques. Il importe donc de maintenir une grande vigilance pour préserver les ressources et améliorer les systèmes de production, de stockage et de distribution d’eau.
Les consommateurs sont ainsi prévenus. La qualité sanitaire des eaux de boisson à La Réunion laisse paraître des problèmes liés à la microbiologie, la présence intermittente de matières en suspension lors des pluies, ainsi que l’agressivité des eaux douces trop faiblement minéralisées.
Toutefois, la DRASS souligne qu’un "dépassement de norme ne signifie pas obligatoirement qu’il y ait danger pour la santé et nécessité d’interrompre la distribution, dans la mesure où le calcul des normes intègre un facteur de sécurité".
Pour l’heure, pas de quoi s’alarmer. Les contrôles effectués montrent que 85% des captages délivrent une eau de très bonne qualité. Toutefois, une augmentation significative de la teneur en nitrates des ressources en eau a été enregistrée au cours de la dernière décennie dans notre pays.
C’est ainsi qu’un captage, le forage Grand Coin à Dos d’ne, a dû être fermé. Pour que cela ne se produise plus, il existe des solutions, c’est à dire l’instauration de périmètres de sécurité autour desdits captages, mais surtout la sensibilisation de la profession agricole à une pratique agricole “raisonnée”.
Les contrôles réalisés sur la période 2002-2003 ont détecté la présence de pesticides sur 14% des captages. Huit captages ont présenté au moins une fois un dépassement de la norme européenne, sans que la valeur sanitaire n’ait été atteinte. Pour lutter contre ces polluants, il importe qu’une politique volontariste et une mobilisation durable "et concrète" des acteurs concernés se mettent en place, "pour apporter un soutien pédagogique et un accompagnement professionnel aux exploitants".
La Réunion, qui compte aujourd’hui 11 usines de potabilisation, doit encore s’équiper de ce type d’usine. L’eau distribuée étant en grande partie de l’eau de surface, il faut équiper les unités de distribution, dépourvues de procédé de traitement adapté. Des travaux lourds doivent y être engagés, consistant prioritairement à mobiliser des ressources en eaux souterraines, solution moins onéreuse, et de se doter, parallèlement, d’usines de potabilisation.
Afin que l’impact sanitaire soit optimum sur la population, les travaux devraient ainsi être engagés sur le tiers des réseaux, à savoir les 34 unités de plus de 2.000 habitants, ce qui permettrait d’améliorer la situation de 82% des abonnés concernés. On notera que l’Est, le Sud et les Hauts de l’île, souffrent d’un déficit en termes d’équipements.
Ces études menées de concert par deux ingénieurs sanitaires, Julien Thiria et Jean-Claude Denys, nourriront - on l’espère - les décisions futures. Édité à 3.000 exemplaires, ce document est destiné aux mairies, collectivités locales et acteurs de l’eau. Les usagers peuvent se rapprocher des mairies pour le consulter. Car le premier à pâtir de la mauvaise gestion de l’eau est l’usager lui-même, qui doit encore mettre la main au porte-monnaie. Le prix de l’eau risque en effet d’augmenter dans les années à venir.
Bbj
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