Réserve naturelle marine de La Réunion - 3 -

Le label “réserve”, un “pavillon bleu” pour le lagon

9 mars 2005

La Réserve naturelle marine de La Réunion est créée. “Témoignages” vous présente dans une rubrique quotidienne les différents aspects de cette belle aventure réunionnaise. Voici le thème n°3 : “Les activités et loisirs sous l’eau : évolution des pratiques” avec Éric Bourgey, président du club Apnée Réunion.

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"Il va falloir être plus responsable dans sa pratique". Pour Éric Bourgey, président du club Apnée Réunion, la création de la réserve naturelle marine ne changera pas grand-chose, si ce n’est qu’elle renforcera des habitudes qui ne sont pas suffisamment habituelles.
"Les règles existent déjà", a constaté l’apnéiste. Comme l’invitation à ne pas casser le corail. "Le bon sens du plongeur n’est pas modifié par la création de la réserve", poursuit-il. Dans sa pratique sportive, Éric Bourgey affirme "une philosophie environnementale assez poussée".
Comme par exemple lorsque les membres du club vont nager en mer : "On ramasse tout ce qu’on peut, notamment des sacs en plastique, qu’on transporte sous la combinaison. Il arrive qu’on ramasse jusqu’à dix sacs en plastique chacun".

Plongeurs sans être chasseurs, ils connaissent bien la nocivité des sacs de supermarché pour les tortues marines. Éric Bourgey sait que ce petit geste citoyen contribue à la santé de la vie marine, même s’il faudrait encore d’autres mesures. "La politique en matière de propreté est perfectible", insiste-t-il, citant l’exemple des détritus emportés par les ravines en crue jusque dans la mer. "Il y a aussi des stations d’épuration à mettre aux normes".

"Le message sera répété"

Même s’il reste beaucoup à faire, le simple fait de créer une réserve sous-marine sera "un bon projet" et une forme de pédagogie : "Lorsque je fais de la planche, je fais attention à ne pas toucher les coraux. Parfois, j’en touche quand-même. Avec la réserve, le message sera répété ; il y aura un temps d’adaptation, une forme de régulation".
Et l’interdiction d’accès aux cinq zones sanctuaires ? "Nous, les apnéistes, nous avons tendance à chercher des coins où on est au calme. Si certaines zones sont interdites, il y aura peut-être un peu plus de monde dans les zones autorisées...". Ce sera aux plongeurs de s’organiser pour ne pas se gêner mutuellement. De toute manière, les apnéistes plongent peu dans le lagon : ils préfèrent les profondeurs.
Quoi qu’il en soit, pour Éric Bourgey, "le label “réserve” sera une reconnaissance. Un peu comme le pavillon bleu (qui indique les plages avec une eau de mer propre, NDLR) ; cela pourra être valorisé pour le développement touristique".

Nastassia

(à suivre)


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