Aménagement et Compétitivité des Territoires

Le prochain Comité interministériel doit choisir parmi 15 projets et... La Réunion présente un nouveau pôle de compétitivité : EMERGIE

2 février 2007

Le Comité Interministériel à l’aménagement et à la compétitivité des territoires (CIACT) analysera, la première semaine de février, 15 nouveaux projets, dont EMERGIE, un nouveau pôle de compétitivité présenté par La Réunion, entre autres projets formés depuis les régions ultrapériphériques.

La nouvelle a fait, depuis lundi, le tour des “techno-vigies” de l’île : parmi les 15 candidats au label national “pôle de compétitivité” qui verront leur dossier examiné lors du prochain CIACT, La Réunion a retenu l’attention avec le projet EMERGIE.
Au plan national, c’est cinq projets de plus que ce qui était attendu, selon Usine nouvelle magazine économique du 29 janvier, et qui viendront à terme grossir le peloton des 66 pôles de compétitivité français déjà existants.
La plupart des projets examinés sont nouveaux ; d’autres avaient vu leur candidature repoussée lors d’un précédent examen et reviennent avec de meilleurs chances.
Usine nouvelle relève notamment parmi les projets phares, le pôle Europlace (Paris), concentré sur les technologies et l’innovation financière, qui veut « faire de Paris un centre de savoir financier mondialement reconnu et, surtout, porter la part de marché de l’industrie financière française de 13 à 20 % du marché européen dans les dix ans ». Ou encore Logiciel libre, qui voit dans l’Île-de-France le futur « poumon scientifique, académique et économique du logiciel libre en Europe », selon le ministère de Thierry Breton qui en est à l’initiative, avec à la clé « pas moins de 40.000 emplois en Île-de-France ».

Outre trois recalés du 1er appel à candidatures (2005) - Bois Forêt Bourgogne ; Pégase, pôle aéronautique en Paca ; ou encore le pôle Plasturgie d’Alençon rebaptisé Polymers Technologies et appuyé sur quatre régions -
la plupart des candidats de ce tour est constituée de nouveaux projets. Ils concernent notamment les problématiques de l’agriculture et des agro-industries, le caoutchouc et les polymères, les technologies de l’aéronautique et de l’espace et le développement durable.
Après avoir souligné l’intérêt des projets présentés par les régions de l’Hexagone, le magazine économique met l’accent dans le passage suivant - que nous citons in extenso -, sur « la venue massive d’initiatives d’Outre-mer... avec EMERGIE à La Réunion, Valorisation de technologies éco-efficientes en milieu insulaire, à la Guadeloupe et Santé tropicale en Guyane » :
« Une grande nouveauté puisque les territoires d’Outre-mer n’étaient jusqu’à présent représentés que par La Réunion, avec son pôle Qualitropic sur les activités liés à l’agro-nutrition en milieu tropical (un de ses projets, visant à produire un substitut du plastique à partir de la mélasse, a d’ores et déjà été financé par le fonds unique). La seconde initiative réunionnaise compte développer les technologies liées à l’énergie. Celle de la Guadeloupe compte déjà des projets dans la recherche de nouveaux matériaux, notamment pour la construction, et la production locale de biocarburants. Enfin, le dossier de la Guyane, adossée à Lyon Biopôle, vise le domaine de la santé en milieu tropical, et plus particulièrement la prévision et la lutte contre les infections, parasitoses et maladies sévissant sous les climats tropicaux ».

Ces projets seront examinés dans le courant de la première semaine de février. EMERGIE est un projet visant la maîtrise de l’énergie par les énergies renouvelables et la gestion isolée des énergies. Un domaine dans lequel La Réunion s’est fait sur mesure un rôle de “laboratoire” cher au président de la Région-Réunion.
« Nous nous sommes rendus compte que notre expérience de territoire isolé intéresse y compris des grands pays à vaste territoire, comme les Etats-Unis, après les pannes qu’ils ont connues en Californie et ailleurs : ils cherchent à autonomiser leurs territoires plutôt qu’à les lier, pour éviter la catastrophe » explique Marie-Noëlle Nivet, directrice de la Technopole de La Réunion.
Sûr du caractère pionnier d’un pôle de compétitivité “Energies” dans notre île, cet organisme a coordonné le projet depuis six mois.
EMERGIE est porté par un groupe de travail (le « G-16 ») qui se réunira lundi prochain pour maintenir la dynamique. Que le label « pôle de compétitivité » soit reconnu au projet ou non, à l’issue de la prochaine réunion du CIACT, le groupe régional est déterminé à maintenir les objectifs. Cela passe par la création d’une structure, qui devrait être définie par les quelque trois cents porteurs du projet, dans les quatre prochains mois. « Si le gouvernement ne comprend pas l’intérêt d’un pôle de compétitivité Energie à La Réunion, même sans le label, nous irons vers un cluster régional, avec d’autres financements » commente Marie-Noëlle Le Nivet, consciente que les quinze projets présentés ne seront pas tous élus.
Mais l’importance prise par ce secteur en quelques années seulement et les perspectives qu’il représente pour l’avenir donnent bon espoir au G-16 de voir le projet EMERGIE retenu.

P. David


EMERGIE : un modèle réunionnais de compétitivité

EMERGIE (Energie Maîtrisée, Energie Renouvelables et Gestion Isolée de l’Energie), est un pôle qui s’appuie sur un grand projet régional : faire de La Réunion une île où les bâtiments produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment, où les transports seront propres d’ici 2025 - en bref, une île visant à cette date “l’autonomie énergétique”.

Un Pôle en chiffres

- 75 000 chauffe-eau solaires individuels en fonctionnement (trois fois le parc national) à fin 2006

- 2 500 logements sociaux équipés en thermique collectif à fin 2006

- 6 MWc photovoltaïques connectés au réseau à fin 2006, en connexion réseau, dont la première méga centrale de France (1 MWc)

- 2 installations en froid solaire à La Réunion (10 au national, 80 en Europe !)

- 2 parcs d’éoliennes

- 120 entreprises des secteurs de la MDE et des ENR

- 800 emplois sur ces filières

- Une économique dynamique : « la région française la plus dynamique en terme de croissance économique entre 1993 et 2002 »

- 15 programmes de Recherche

- 841 millions d’euros d’investissements pour le PRERURE

(source : Technopole)


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