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4 juin, parNos peines
Protection de l’environnement et préservation des paysages
26 mai 2007

Hier, lors de son Assemblée Générale, la SAFER (Société d’Aménagement Foncier et d’Etablissement Rural) a souhaité mettre l’accent sur sa mission de protection de l’environnement et de préservation des paysages, en présence de ses partenaires et actionnaires. L’occasion d’un débat sur les enjeux du développement durable qui ne peuvent faire l’impasse sur ces questions environnementales.
À côté de ses missions les plus connues de développement agricole et de développement local (exemple de projets relatifs à l’habitat en milieu rural), la SAFER intervient également lors de mutations de propriété sur les terrains forestiers, paysagers ou situés dans des zones naturelles sensibles, au profit des collectivités et sous l’expertise, avec l’accompagnement, de la DIREN, de l’ONF, de la Direction de l’environnement du Conseil Général, présents dans son comité technique. Si, pour exemple, le propriétaire d’un terrain situé dans les hauts de La Montagne dans une zone sensible, en raison des chutes de pierres éventuelles, met sa parcelle en vente, la SAFER peut être amenée à agir pour le compte d’une collectivité en exerçant son droit de préemption pour acquérir ce terrain.
« Un outil opérationnel au service des politiques publiques »
Il en va de même pour des espaces agricoles ou naturels. Sa première acquisition date de 1999 à l’Etang-salé. Elle travaille également pour le compte du Conservatoire du Littoral et a mené depuis 5 ans, une quinzaine d’opérations pour le Département, soit une centaine d’hectares préemptés. « Nous sommes un outil opérationnel au service des politiques publiques, rappelle son président Jean-Pierre Avril. Nous n’avons pas vocation à être un définisseur supplémentaire. Par contre, lorsqu’il y a un mouvement de propriété sur les espaces qui sont de notre compétence, nous sommes investis par les notaires pour rendre service. Nous ne sommes pas une couche supplémentaire de définition même si nous ne sommes pas indifférents aux décisions prises et que l’on est disposé à donner notre avis si on nous y invite. »
« Une vraie question de gouvernance »
Cette assemblée avait aussi pour vocation de préparer le congrès national des 27 SAFER qui aura lieu en octobre et qui portera justement sur le thème de la protection de l’environnement et la préservation des paysages, au coeur des perspectives locales de développement économique et plus largement de développement durable. Le débat impulsé hier sur cette question fut selon Jean-Pierre Avril « très constructif pour une réflexion plus générale. » « On ne peut plus avoir une approche sectorielle du foncier mais globale pour traiter l’ensemble des besoins et les arbitrer. » Jean-Pierre Avril souligne, comme l’a fait lors du débat Maurice Cérisola, président de l’ADIR, « quand La Réunion économique réfléchit à ses axes de développement, tout le monde met l’accent sur le développement durable, la question écologique et la protection de nos ressources, le seul vrai avantage compétitif de demain. » Il observe, comme beaucoup, que ces questions ne sont plus réservées aux spécialistes, mais apparaissent de façon transversale dans tous les débats.
Certes, les conflits d’intérêts comme pour les paillotes du front de mer de Saint-Paul ne doivent pas être reniés, mais l’enjeu pour le développement de La Réunion reste de conjuguer les efforts et les volontés de chacun en faveur de l’intérêt collectif. « Il y a là une vraie question de gouvernance, facteur de réussite. L’intérêt général ne doit pas être la somme des intérêts individuels. Il faut des règles du jeu sur la propriété, l’utilisation des sols, sinon on ne va pas y arriver. » D’horizons et de compétences divers, les acteurs impliqués à tous niveaux dans la construction de La Réunion de demain partagent, dans les débats, cette analyse en faveur d’une mise en synergie, d’une cohérence dans la réflexion et l’action. Tous s’accordent également à dire que cette volonté affichée nécessitera de réels efforts pour aboutir, une stratégie concertée.
Stéphanie Longeras
Nos peines
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