Les 10 ans de l’Association Parc Marin de La Réunion

20 juillet 2007

Les récifs coralliens de La Réunion sont situés sur les côtes ouest et sud de l’île et comportent 4 unités principales de récifs frangeants et des unités embryonnaires pour une surface globale de 12 km2. Depuis les années 1970, ils ont subi des dégradations importantes liées à des causes naturelles et/ou anthropiques (cyclones, érosion des sols, pollutions, piétinement, surpêche, ...). Cette situation mise en évidence par les scientifiques a été relayée auprès des décideurs par l’association Vie Océane. De ces échanges et après de nombreuses rencontres avec les acteurs du monde marin a été créée l’Association Parc Marin de La Réunion le 1er juillet 2007. Sa création émane d’une volonté commune des collectivités territoriales (Conseil Régional, Conseil Général, Communes) de se doter d’une structure technique de gestion. L’association œuvre pour la gestion durable des récifs coralliens de La Réunion.

L’objectif du sentier sous-marin est, au travers de stations d’observation, de sensibiliser les visiteurs à la diversité des faciès et des peuplements de ce site lagonaire.

Une association formée par des membres dynamiques

L’association comprend outre les collectivités locales, des représentants des chambres consulaires, des représentants de ligues sportives (surf, voile, plongée), les professionnels du tourisme, des pêcheurs professionnels, des pêcheurs traditionnels, des associations de protection de l’environnement, des scientifiques et des associations d’éducation populaire. L’association dispose d’un budget annuel de 650.000 euros, abondé par le Conseil Régional (47%), le Conseil Général (27%), les communes (14%), le TCO (8%) et l’État (5%).

L’équipe technique fluctuant entre 9 et 13 personnes comprend une équipe d’écogardes, un responsable sensibilisation éducation, un responsable scientifique et une équipe administrative (directeur, assistante et secrétaire).

Un conseil scientifique composé de 12 membres spécialisés dans l’étude du milieu marin et des bassins versants oriente l’association dans la définition et le suivi de son programme d’actions à vocation scientifique.

Les quatre missions principales de l’association sont :
• des missions d’éducation et de sensibilisation
• des missions de surveillance et d’alerte
• l’animation d’un programme scientifique ciblé sur les récifs coralliens
• la mise en œuvre d’actions de gestion et d’aménagement

10 ans d’intervention

Les actions de sensibilisation menées par le Parc Marin sont essentiellement des animations nature, le sentier sous-marin et des participations à des stands. Le bilan de ces opérations lors des années précédentes montre qu’elles sont complémentaires. Les animations nature sont essentiellement dédiées à des scolaires, alors que le sentier sous-marin et la tenue de stands touchent un plus large public.

L’accueil des scolaires est gratuit et il a concerné, entre 1998 et 2006, 874 groupes ou classes pour 21.489 enfants et adultes sensibilisés essentiellement sur les plages de l’île. Pour préparer ces interventions, nous mettons à la disposition des enseignants un dépliant du Parc Marin et un fascicule pédagogique “Le monde merveilleux du récif à La Réunion” par élève ainsi qu’une affiche “Le récif corallien c’est tout un monde” par groupe.

L’objectif du sentier sous-marin est, au travers de stations d’observation, de sensibiliser les visiteurs à la diversité des faciès et des peuplements de ce site lagonaire. Une étude a permis de vérifier la faisabilité technique du projet. Ce projet doit pouvoir garantir simultanément l’objectif de conservation d’une zone reconnue comme de sensibilité forte, l’objectif de suivi à long terme de l’état de santé des récifs et celui d’éducation à l’environnement.
En 4 ans, près de 3.500 personnes ont visité ce sentier de découverte du milieu marin.
L’Association a organisé sur le terrain : 77 stands ou manifestations et rencontré près de 12.000 personnes entre 1998 et 2006.

Les missions de surveillance et d’alerte.

Lors de leur présence sur le terrain, les écogardes informent les usagers des règles en vigueur pour éviter des dégradations involontaires du récif corallien.
La présence soutenue sur le terrain a cependant mis en évidence de nombreuses activités pénalisantes pour le milieu. Les interventions des écogardes ont permis dans de nombreux cas une résolution rapide des problèmes (pollutions diverses, travaux). De même, ils sont intervenus auprès des pêcheurs pour faire cesser des actes de braconnage ou pour sensibiliser les touristes sur les risques du piétinement du corail. Dans certains cas, il a été possible de mettre en évidence une diminution de la pratique de certaines activités (comme la pêche au filet ou la pêche sous marine) qui montre une efficacité sur le long terme de leurs interventions.

L’animation d’un programme scientifique

L’APMR n’a pas vocation à mener un programme de recherche fondamentale, qui est du ressort des organismes de recherche. Par contre, elle a vocation à améliorer les connaissances scientifiques pour fournir des indicateurs permettant d’orienter la gestion des milieux coralliens. Ainsi, l’association est intervenue soit comme maître d’ouvrage, soit comme maître d’œuvre, soit encore en encadrant des stagiaires avec des partenaires scientifiques extérieurs.
SI ces études ont porté essentiellement sur le milieu marin, certaines se sont intéressées à la gestion des plages, d’autres enfin ont concerné l’aménagement des bassins versants.
Dans le milieu marin, la priorité a été centrée sur la connaissance de l’écologie récifale mais aussi sur les usages des récifs (pratiques de pêche, fréquentation, impact des aménagements). En écologie récifale, l’accent a été mis sur le suivi de l’état de santé de l’écosystème, la réalisation d’un point zéro de l’effet réserve et sur la connaissance de la biodiversité.

Actions d’aménagement

Depuis la création de l’APMR en 1998, l’ensemble du personnel a été impliqué dans les actions de gestion permettant de diminuer les impacts des activités humaines ou d’anticiper sur des impacts potentiels. Ainsi l’APMR gère un parc de 57 dispositifs d’amarrage, entretien 51 panneaux d’information. L’association intervient aussi sur les pratiques en donnant un avis lors des demandes d’AOT, accompagne les communes pour les aménagements qui touchent au milieu marin et participe en appui avec les Jardiniers du lagon au nettoyage les lagons. En raison de dégradations observées dans les lagons, des opérations de restauration récifale ont été testées. Des essais de transplantation corallienne ont été menés avec succès. De même des récifs artificiels ont été installés dans les lagons pour fournir des substrats de fixation aux colonies coralliennes et servir d’abris aux poissons.

Les perspectives

Les récifs coralliens sont actuellement les écosystèmes les plus diversifiés de l’île et dont l’utilité n’est plus à démontrer (protection du littoral, développement du tourisme, activités nautiques, urbanisation). Si leur état de santé est moins alarmant que dans certains pays de la zone, les signes de dégradation existent toujours, et montrent que les efforts accomplis depuis 10 ans doivent être poursuivi, aussi bien sur les récifs coralliens que sur les bassins versants.
Depuis le 23 février 2007, La Réunion s’est dotée d’une Réserve Naturelle Marine (RNM) d’une surface de 35 km2 qui intègre plus de la moitié des récifs coralliens de l’île. Ce statut retenu pas les collectivités et l’état doit aboutir à une gestion durable des récifs coralliens. Il prévoit la mise en place d’instances de gouvernance et la désignation d’un gestionnaire. Compte tenu de ses compétences et de son expérience, l’APMR se positionne comme future gestionnaire de cette RNM. Cette perspective amènera des modifications dans les missions de l’association. Ainsi elle devra rédiger et mettre en oeuvre un plan de gestion et les écogardes auront un pouvoir de police. Ces changements demanderont aussi une forte implication des acteurs du monde marin. L’enjeu est de faire de réserve marine un outil de protection des milieux naturels et de développement à l’attention de tous les Réunionnais.

L’APMR a vocation à améliorer les connaissances scientifiques pour fournir des indicateurs permettant d’orienter la gestion des milieux coralliens.

Bizarre, bizarre

Hier soir sur Antenne Réunion, le journal télévisé a voulu - en passant l’air de rien, mais cela suffit à distiller des doutes - se livrer à un exercice de basse voltige. Le genre du comparatif qui ne prouve rien, sinon une intention mal placée.
Au sujet de la Maison des Civilisations et de l’Unité réunionnaise, on eut droit à un répertoire riche et varié de soi-disant remises en question sur les 80 millions que devrait coûter ce projet.
Par contre et étrangement, le projet de la future prison qui lui devrait coûter 89 millions passa comme une lettre à la poste. On n’y voyait rien à redire.
Deux poids deux mesures. Bizarre, non ?

A.I.C.


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