Les catastrophes climatiques pourraient coûter jusqu’à 5% du PIB de la zone euro d’ici 2030

10 juillet 2025, par temoignagesceline

Les catastrophes climatiques pourraient coûter jusqu’à 5% du PIB de la zone euro d’ici 2030, selon la Banque Centrale Européenne, qui pour parvenir à cette estimation, s’est appuyée sur plusieurs scénarios, du pire au plus favorable.

Le scénario le plus alarmiste cumule des vagues de chaleur extrême, des sécheresses et des incendies dès 2026, puis des inondations et des tempêtes l’année suivante.

À ce rythme, les catastrophes climatiques pourraient coûter jusqu’à 5% du PIB de la zone euro d’ici 2030, a alerté la BCE dans une note de blog publiée le 8 juillet.

Un tel choc viendrait rogner les prévisions de croissance du Fonds monétaire international (FMI) pour la région économique, qui servent actuellement de scénario de référence, a précisé la BCE.

Pour parvenir à cette estimation, la BCE s’est appuyée sur plusieurs scénarios, du pire au plus favorable, émis par le réseau NGFS - une coalition de plus de 140 banques centrales et autres régulateurs qui travaillent à verdir la finance.

Ces projections ne sont pas réellement des prévisions car elles spéculent sur des chocs extrêmes, censés survenir statistiquement une fois tous les 50 ans, pour sensibiliser les décideurs publics et privés à l’impact économique potentiel du dérèglement climatique.

Outre les simulations de long terme uniquement disponibles auparavant, à l’horizon 2050, ces nouveaux scénarios, limités à l’horizon 2030, visent à secouer les consciences dès maintenant.

La BCE explique que le pire scénario - baptisé « Disasters and Policy Stagnation » (Catastrophes et inertie politique) - cumule vagues de chaleur extrême, sécheresses et incendies dès 2026, puis inondations et tempêtes en 2027.

Cela entraînerait une baisse de productivité en raison des fortes chaleurs, des destructions massives d’infrastructures - usines, routes, ponts etc. -, une inflation accrue et un coût du crédit plus élevé pour les secteurs les plus exposés.

A l’inverse, le scénario optimiste - baptisé « l’autoroute vers Paris » - suppose une transition rapide et coordonnée vers la neutralité carbone, en ligne avec l’accord de Paris de 2015. Grâce à des investissements massifs dans les technologies vertes, la croissance pourrait même être légèrement dopée et l’inflation contenue.

Créé en 2017 après la COP21, le Network for Greening the Financial System (NGFS) fédère la BCE, la Banque d’Angleterre ou encore la Banque du Japon. Leur objectif est d’intégrer les risques climatiques dans la régulation financière. Les nouvelles données devraient alimenter les prochains tests de résistance climatique opérés par la BCE auprès des plus grandes banques.


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