Environnement

Les catastrophes coûtent toujours aussi chers

Impact du changement climatique

Témoignages.re / 29 décembre 2020

150 milliards de dollars de dommages assurés ont été atteint lors des dix catastrophes météorologiques de cette année. Un chiffre plus important qu’en 2019, qui marquen clairement l’impact du réchauffement climatique sur les Etats.

Selon le rapport annuel de Christian Aid, ONG britannique, ces dix catastrophes ont également fait 3.500 morts et ont déplacé plus de 13,5 millions de personnes.

Des méga-feux qui ont ravagé l’Australie aux ouragans en série dans les Caraïbes, le coût des événements climatiques extrêmes de 2020, renforcés par le réchauffement, serait bien plus élevé, car la plupart des dommages ne sont pas assurés, a souligné Christian Aid.

Ce sont les pays pauvres qui payent le prix le plus lourd, avec seulement 4% des pertes économiques causées par les événements météo extrêmes assurées, contre 60% dans les pays riches.

Le rapport de l’ONG se base sur une récente étude publiée dans The Lancet, attestant que la hausse de la température d’au moins 1,1°C depuis le début de l’ère industrielle a considérablement augmenté la fréquence et ls impacts des catastrophes météo.
"Que ce soit les inondations en Asie, les sauterelles en Afrique ou les tempêtes en Europe et en Amérique, le changement climatique a continué à faire rage en 2020", a indiqué à l’Agence France Presse, Kat Kramer, responsable climat de Christian Aid.

Parmi ces dix catastrophes, les cinq les plus coûteuses de 2020 sont liées à une mousson particulièrement importante en Asie. "Les inondations de 2020 ont été parmi les pires de l’Histoire au Bangladesh, avec plus d’un quart du pays sous l’eau", a souligné Shahjahan Mondal, climatologue à l’université d’ingénierie et de technologie du Bangladesh.

D’autres catastrophes ont causé des dégâts d’au moins 5 milliards de dollars : le cyclone Amphan dans le golfe du Bengale en mai, les incendies de l’ouest des Etats-Unis pendant l’été et l’automne, les incendies ont ravagé l’Australie en janvier.

La saison record des ouragans a eu lieu dans ’Atlantique, avec une série sans précédent de 30 tempêtes suffisamment puissantes pour être nommées. Ces tempêtes ont provoqué au moins 400 morts et 41 milliards de dollars de dégâts aux Etats-Unis, en Amérique centrale et dans les Caraïbes, selon Christian Aid.

En Europe, les dommages les plus importants de 2020 sont deux tempêtes qui ont balayé l’Europe causant un total de 5,9 milliards de dollars de dommages : Ciara au Royaume-Uni et en Irlande en février, et Alex en France et en Italie en octobre.
L’intensification des catastrophes naturelles est liée aux prévisions des scientifiques, attestant que la situation est loin d’être apaisée, ni réglée, mais que des dangers plus importants sont à venir.

D’autant plus que les progrès de la science dite "d’attribution" permet d’évaluer combien de fois un événement particulier est plus probable en raison du réchauffement.
L’Accord de Paris sur le climat prévoit de limiter le réchauffement bien en dessous de 2°C, si possible 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle. Mais les engagements de réduction de gaz à effet de serre des États sont toujours insuffisants pour atteindre ces objectifs.

La chute historique des émissions de CO² en 2020 ne durera pas

Alors que monde était l’arrêt suite à l’épidémie de Covid-19, les émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2) d’origine fossile ont chuté de 7% en 2020, contre une hausse de 0,1 % en 2019.

Les précédentes baisses considérées comme « significatives  » atteignaient – 0,9 % en 1945, ou – 0,5 % en 2009. Malgré cela, cette tendance à court terme ne permettra pas d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris.

En effet, cette chute historique ne permettra pas aux États signataires de l’accord de Paris d’assurer la tenue de leurs engagements climatiques.

D’après le Global Carbon Project (GCP), un consortium réunissant une centaine de scientifiques internationaux, les émissions du principal gaz à effet de serre, le CO2, liée à l’activité humaine ont atteint cette année les 34 milliards de tonnes de CO2, soit 2,4 milliards de tonnes de moins qu’en 2019.

Céline Tabou