Environnement

Les dangers de la pêche électrique

Nouvelle menace pour la biodiversité

Témoignages.re / 21 novembre 2017

La pêche électrique, vieux fantasme des pilleurs de poissons revient au goût du jour en Europe, annonce Robin des Bois.

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La pêche électrique est habituellement limitée à des études pour le comptage des poissons notamment.

La pêche et l’électricité flirtent depuis longtemps en Europe. Le premier hameçon électrique a été mis à l’honneur en 1880 à la foire exposition de Berlin.
En 1997, l’Union Européenne autorisait encore l’usage de l’électricité au large du Danemark pour tuer les thons et les requins.
En 1998, l’UE se décide enfin à interdire dans toutes les eaux maritimes des Etats-membres ’la capture d’organismes marins au moyen d’explosifs, de poisons, de substances soporifiques et de courant électrique’.

Mais en 2009, la pêche électrique est revenue à la charge sous l’impulsion des Pays-Bas. Depuis, à titre dérogatoire, une petite centaine de chalutiers hollandais, belges et allemands utilisent en mer du Nord et dans la Manche des chaluts à impulsion électrique.
Des rapports anciens ou récents en provenance de Chine, de Russie, des Etats-Unis ou d’Ecosse constatent dans l’environnement immédiat ou proche des chaluts électriques des réactions épileptiques sur les poissons, des torsions de la colonne vertébrale, des ruptures de la moelle épinière, des émissions précoces d’œufs non-viables et des mutilations des larves.

Grace à ses capacités de manipulation sémantique, la direction de l’Union Européenne qualifie aujourd’hui la pêche par impulsion électrique de « technique innovante ». Demain, la Commission Pêche du Parlement Européen examinera un projet d’extension de la pêche électrique à d’autres Etats que les Etats « pionniers ». En France, IFREMER - Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer -, le Comité Central des Pêches Maritimes [1] et un gros armateur sous capitaux hollandais affichent ouvertement leur intérêt.

La pêche électrique est une vaste expérimentation animale. Il n’est pas sûr que la position radicalement contre de Mme Royal, précédente ministre de l’Ecologie soit respectée aujourd’hui et demain par le ministre actuel de l’Agriculture qui a pris en main les intérêts de la pêche française.