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Environnement : Traitement des déchets du BTP
18 juin 2004

La première journée professionnelle du BTP, qui s’est tenue avant-hier à l’ADPE de Saint-Denis (voir notre édition d’hier), a permis de soulever la question de la gestion et de l’élimination des déchets du bâtiment. Les entreprises ont fait part de leurs difficultés à solliciter la participation des particuliers. C’est parce que nous sommes tous des producteurs de déchets, qu’il nous appartient de nous impliquer dans leur traitement.
Au moment de la seconde édition de la Semaine du développement durable, la prise en compte du traitement des déchets du BTP relève d’une problématique majeure et non moins complexe, au vu des contraintes foncières de notre pays. Bien que les pratiques consistant à enfouir les encombrements, à les brûler, ou pire encore, à les jeter dans les ravines avant qu’ils ne polluent la mer, soient révolues, semble-t-il, la question du traitement des déchets du BTP reste plus que jamais à l’ordre du jour. Jean-Noël Vigna, responsable de la cellule environnement à la DDE parle de deux démarches aujourd’hui possibles pour les entreprises réunionnaises.
La première, la plus coûteuse, consiste à déposer tous les déchets, sans distinction, dans une benne, prise en charge par une entreprise spécialisée, qui aura à les trier. La seconde, consiste à trier les différents types de déchets sur le chantier et à les confier aux entreprises respectivement responsables de leur traitement. À noter que pour l’heure, ne sont traités que la ferraille et les déchets de démolition non pollués qui permettent un recyclage de type granulat par exemple. Les dépôts sauvages sont encore révélateurs du laxisme et du désengagement de certains qui privilégient leurs intérêts individuels au détriment des intérêts collectifs.
En plus d’entraîner un coût important pour les collectivités, ces monceaux de déchets en tout genre, représentent une dégradation visuelle et écologique de notre paysage naturel, défavorables à notre qualité de vie, à l’activité touristique. Et préjudiciables aux générations à venir.
L’ensemble de la chaîne de traitement est aujourd’hui identifié. Reste à chacun des acteurs concernés de prendre ses responsabilités. Trier les déchets sur les chantiers de même que s’assurer de leur bonne mise en circuit, font sourciller les entreprises qui parlent d’un surcoût de travail et de délais de cahiers des charges déjà serrés. Jean-Noël Vigna envisage un chantier pilote afin de démontrer les avantages d’une telle méthode. Mais s’il reste encore à convaincre et mieux informer les entreprises, les propriétaires ont également une part de responsabilité. En effet, il est important de faire apparaître sur le devis l’identification des déchets, de faire la différence entre ceux des propriétaires et ceux du chantier.
Cette identification préalable est primordiale pour que le client assume également sa part financière du traitement. Un audit de démolition permettrait de définir la nature et la responsabilité des déchets. Cependant, là encore, les entreprises estiment qu’il ne leur est pas facile de solliciter la participation, même légitime, des clients qui ne sont pas toujours au fait des règles ou qui négligent leurs responsabilités en la matière.
Les crédits européens et les co-financements de la Région et du Département participent largement au recyclage, à la construction de déchetteries. Cependant, sans une prise de conscience collective comme individuelle, les outils mis à la disposition de notre environnement ne sont exploités que partiellement. Le développement durable est un concept visionnaire encore abstrait et qui pourtant se vit au quotidien. C’est aujourd’hui que se construit l’avenir, alors cessons d’être ingrat avec la nature et rendons lui ce qu’elle nous donne.
Estéfany
Projet de gestion et d’élimination
La Région, le Département, l’ADEME (Agence départementale pour la maîtrise de l’environnement) et l’État ont déjà amorcé un Projet de gestion et d’élimination des déchets du BTP. Jean-Noël Vigna parle d’"une démarche complète pour organiser les chantiers afin qu’ils produisent le moins de déchets possibles".
Ce processus implique une meilleure prise en compte des modes de construction et des moyens de récupération des entreprises de recyclages. Jean-Noël Vigna souligne, en outre, qu’une réglementation particulière s’impose pour le traitement des déchets ultimes comme ceux des termites. À l’évidence, la filière existante semble mal connue, alors que les déchetteries (15 pour 60 prévues) ont du mal à s’implanter car toujours préférables dans la commune voisine.
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