Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Travaux préparatoires au “Grenelle de l’Environnement”
25 août 2007, par

Certains les considèrent comme une innovation technologique majeure, conférant un avantage économique important à ceux qui les utilisent, et d’autres, comme une technique non maîtrisée pouvant conduire à des dommages irréparables sur notre environnement, voire même sur l’Homme. Vous avez sûrement deviné, il s’agit bien des OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) qui suscitent nombre de débats depuis leur apparition.
Et, bien entendu, il s’agit d’une problématique importante au cœur du Grenelle de l’Environnement.
Quels en sont les effets possibles sur l’environnement ? Sur notre santé ? Constituent-ils une solution pour l’alimentation de la planète d’ici à 2050 ?
Au-delà de ces questions, il faut souligner que les OGM ne sont plus un sujet strictement scientifique et constituent à l’évidence un enjeu de société qui suscite le débat et qui nécessite de la part des pouvoirs publics une obligation d’information et de transparence.
La culture des OGM dans le monde est en forte croissance. Estimée en 2006 à 100 millions d’hectares, la superficie mondiale cultivée s’est accrue de 11% par rapport à 2005. Les cultures OGM, qui représentent 7% de la surface cultivée dans le monde, sont principalement constituées de soja (60%), de maïs (24%), de coton (11%) et de colza (5%). Les Etats-Unis (55 millions d’hectares), l’Argentine (18 millions d’hectares), le Brésil (11,5 millions d’hectares), le Canada, la Chine et le Paraguay sont les principaux producteurs (96% du total).
En comparaison, la superficie consacrée en France aux cultures OGM illustre bien les réticences nationales et européennes à ce type de pratique agricole : de 5.000 hectares en 2006, les cultures OGM recensées par le ministère de l’Agriculture et de la Pêche atteindront néanmoins un minimum de 20.000 hectares fin 2007.
Et pour cause, bon nombre d’incertitudes pèsent encore sur ce procédé. Les doutes des scientifiques sur les risques environnementaux et sanitaires liés à la consommation et à l’expérimentation font toujours débat.
Le principe de précaution a donc aussi été appliqué pour les OGM en Europe. Ainsi, même si le moratoire concernant la culture des OGM a été levé, la réglementation européenne reste très stricte.
La situation en France
Cultures réalisées sans publicité, arrachages illégaux, etc..., tant de faits qui montrent bien que la France est hostile à ce procédé, même si des agriculteurs utilisent une catégorie d’OGM en toute légalité.
La voie réglementaire a été choisie par le gouvernement français pour transposer en droit français les directives européennes relatives à l’utilisation confinée de micro-Organismes génétiquement modifiés, et relatives à la dissémination volontaire d’Organismes génétiquement modifiés dans l’environnement.
Par ailleurs, le ministère de l’Agriculture et de la Pêche, dans un communiqué de presse du 20 mars 2007 annonçant la publication des décrets de transposition, évoque l’engagement « des agriculteurs qui cultiveront en 2007 des maïs OGM à en informer les cultivateurs des parcelles voisines et à respecter une distance d’isolement entre cultures OGM et non-OGM de 50 mètres, soit le double de la pratique actuelle ».
Car, en effet, même si la France garde des réserves à l’égard de ces OGM, certaines catégories sont bien autorisées dans notre pays.
Le décret n° 2007-359 du 19 mars 20077 définit la procédure d’autorisation de mise sur le marché de produits OGM (non destinés à l’alimentation) ; il fixe notamment à 10 ans la durée d’autorisation de mise sur le marché d’un produit contenant des OGM et rend obligatoire l’étiquetage selon les règles fixées par la directive du 12 mars 2001.
D’autre part, l’arrêté du 19 mars 2007 définit notamment la manière dont les agriculteurs doivent communiquer au ministère de l’Agriculture les informations relatives à la localisation des parcelles concernées.
Mais au-delà de cette transposition réalisée par voie réglementaire, selon les experts, il conviendrait de prendre un certain nombre de mesures, notamment la création d’un Haut Conseil des biotechnologies, la définition de règles de co-existence entre filières OGM et non OGM, et également le retrait du marché des OGM comportant des gènes de résistance aux antibiotiques utilisés pour les traitements médicaux et vétérinaires.
Tout ceci, bien entendu, dans un esprit de transparence et d’information pour les consommateurs français.
Mettre en place un débat public objectif
Les OGM ne sont plus un sujet strictement scientifique et constituent à l’évidence un enjeu de société qui suscite le débat et qui nécessite de la part des pouvoirs publics une obligation d’information et de transparence.
Bon nombre de citoyens se questionnent sur l’indépendance et l’objectivité des experts scientifiques, sur le manque de transparence, de connaissances scientifiques, etc..., et ceci alimente encore plus les méfiances que peut avoir la population.
En effet, sur ce sujet, s’affrontent une agriculture de masse, productiviste, mondialisée, peu soucieuse de l’environnement et une agriculture de qualité, respectueuse de l’environnement, apportant au consommateur citoyen des produits rattachés aux traditions et aux terroirs. Cela ne fait qu’accroître la difficulté des consommateurs à juger des avantages et des inconvénients des OGM dans les produits alimentaires.
La poursuite d’un débat, sous la forme d’un débat public ou sous une autre forme à déterminer, semble être nécessaire dans un premier temps pour, d’une part, clarifier l’état de la situation actuelle et, d’autre part, permettre à chaque citoyen qui le désire de s’exprimer sur le sujet et aux décideurs de comprendre les inquiétudes et interrogations du public ainsi que leur perception du risque et à les éclairer ainsi sur le sens des décisions à prendre.
In fine, la participation des citoyens dans le processus décisionnel est primordiale sur ces questions environnementales. D’ailleurs, les Accords de Aarhus de 1998 précisent que l’Etat doit informer et consulter les citoyens pour élaborer et adapter les orientations politiques.
La société civile doit pouvoir être représentée dans les différentes instances de coordination évaluant les risques sanitaires, les bénéfices économiques et la diffusion de l’information.
Elle doit être effectivement informée comme cela est prévu dans le projet de loi des mesures prises pour suivre le développement des OGM, des essais conduits et des cultures réalisées, sans que ce soit un moyen pour la minorité des détracteurs militants de détruire ces cultures.
Sophie Périabe
(Avec les travaux préparatoires au Grenelle de l’Environnement)
Un label européen bio ...
... contenant des ONG
Le Conseil Européen a adopté le 13 juin une procédure d’harmonisation des labels biologiques. Le règlement n° 8620/07, relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques, prévoit la mise en place d’ici le 1er janvier 2009 d’un label bio européen. La Commission estime que les OGM et les produits obtenus à partir des OGM sont incompatibles avec le concept de production biologique et avec la perception qu’ont les consommateurs des produits biologiques. Ils ne devraient donc être utilisés ni dans l’agriculture biologique, ni dans la transformation des produits biologiques.
A ce titre :
- « les méthodes de production biologique doivent exclure le recours aux OGM [...] » (art. 4)
- « l’utilisation d’OGM [...] est interdite en production biologique » (art. 9).
Le règlement considère que « l’objectif est d’avoir une présence d’OGM dans les produits biologiques aussi réduite que possible ».
Ainsi, ce label bio prévoit donc que, selon le seuil d’étiquetage, ces produits ne contiennent pas plus de 0,9% de traces d’OGM (règlement n° 20007-359 et 2001/18/CE art.19). Il convient cependant de constater que certaines ONG (Organisation non gouvernementale) et le Parlement européen s’étaient prononcés pour l’adoption, dans les produits biologiques, du seuil technique de détection fixé à 0,1%.
Nos peines
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Messages
25 août 2007, 14:25, par Michel
Il est indéniable qu’il y a toujours une minorité forte, centrée autour de l’organisation environnementaliste Greenpeace et de la confédération Paysanne, de même qu’autour du personnage très médiatique José Bové, qui continue de mener un activisme très actif contre les OGM.
La question des OGM vient quand même de loin. Les biotechnologies datent de plus de 30 ans, les premières plantations de plantes génétiquement modifiées de près de vingt-cinq, les premières commercialisations pour l’alimentation humaine et animale de plus de dix , l’autorisation du maïs assurant seul sa défense contre la pyrale a été accordée en 1997 juste avant l’interdiction des OGM par le tandem Juppé/Lepage et le moratoire européen. Pendant ce temps là il y a à la fois des investigations (rien qu’en France : deux rapports de l’académie des sciences, un rapport de l’académie de médecine, etc.) et des débats publics entendant toutes les parties intéressées (au conseil économique et social en 2002, la commission du Sénat de 2003 , …), ceci conduisant en particulier à la mise en place de l’étiquetage de tous les produits contenant plus de 0,9 % de produits génétiquement modifiés. C’est tout cela qui a conduit le parlement européen puis le parlement français à lever le moratoire en 2003. Certes des rumeurs ont circulé mais elles ont été systématiquement démenties, et personne, nulle part sur la planète depuis tout ce temps, n’a jamais rencontré quiconque qui s’est jamais plaint, ne serait-ce que d’une migraine suite à la consommation d’OGM ... Il faut donc peut-être "raison garder", non ?
Alors, évidemment, José Bové, de sa prison, avait lancé « avec ou sans étiquettes : non aux OGM » … mais il y a un moment où il faut s’avoir arrêter … cela n’illusionne plus personne de ceux qui connaissent un peu le dossier que la revendication du « moratoire », suivant celle du moratoire précédent, est en fait une demande d’interdiction pour des raisons totalement irrationnelles ; tout le monde est d’accord pour mettre en place les moyens de coexistence, qui ne causent aucun souci, entre ceux (agriculteurs et consommateurs) qui tiennent, pour les raisons qui leurs appartiennent, à rester dans une filière conventionnelle (dont agrobiologique), là seule chose étant que leur communication consiste à vouloir interdire toute autre filière que la leur, à considérer que toute analyse contraire à la leur est dictée par des lobbys économiques (comme si la filière agrobiologique était vierge d’enjeux économiques), et que tout vote contraire à leurs idées n’existe pas … et pourtant la confédération paysanne a perdu un tiers de ses voix au élections des chambres d’agriculture (un tiers !), la FNSEA renforçant encore sa majorité absolue chez les agriculteurs, et les candidats aux élections présidentielles ayant fait leur cheval de bataille de ce moratoire ont été battus. Il serait peut-être temps de reconnaître la démocratie et les faits, et donc de discuter rationnellement pour la cohabitation entre les filières. La balle est, et depuis longtemps, dans le camp des fondamentalistes écologistes ; il serait temps qu’ils comprennent.
26 août 2007, 17:11, par nicolas de louest
l’argument consistant à dire que puisque l’on a pas encore trouvé de "sujets ayant des migraines" ayant pour origine la consommation d’OGM, est totalement irrecevable. Rappelons que concernant les ondes électro magnétiques, il y a eut une position similaire tendant à prouver l’absence de risques pour les populations exposées... rappelons à simple tite d’exemple, la notice émanant du ministère de la santé français relative aux dangers d’utilisation prolongée des appareils de téléphonie mobile, spécifiquement éditée à destination des parents pour une plus grande vigilance de l’utilisation de ces appareils par leurs enfants...
il est là question de principe de précaution, tout simplement.. mais il serait bon aussi d’orienter le débat des ogm d’un point de vue financier ; le débat sur l’inocuité des produits génétiquement modifiés est loin d’être clos, n’en déplaise à ceux qui y voient là une source de progrès fantastique, à l’instar de ceux qui considèrent de la même manière, la maîtrise de l’énergie nucléaire que les habitants de Tchernobyl et des régions alentours, proches et lointaines, doivent inévitablement partager comme constat (ironie, bien évidemment..) ; et la seule analyse du point de vue santé masque peut être d’autres réalités qu’il n’est pas bon d’exposer au grand public ..
26 août 2007, 17:14, par nicolas de louest
pour aller dans un sens contraire à ce que sous entend michel sur l’absence de danger, je soumets ce lien aux lecteurs ..http://infogm.org/breve.php3?id_breve=432. bonne lecture !!
26 août 2007, 17:18, par nicolas de louest
je suis désolé d’en remettre une couche, mais comme les affirmations de michel sont totalement infondées...
http://infogm.org/spip.php?article2050
cela montre bien que sur la base de résultats scientifiques imparfaits, "on" = le pouvoir exécutif est amené à prendre des décisions qui vont dans l’intérêt des puissances financières et pas forcément dans le sens de la santé publique.
rappelons aussi que monsanto est une société vieille, dont les profits furent tirés entre autre, de l’utilisation de l’agent orange pendant la guerre du viet nam...
Ah ! si l’on pouvait juger les personnes morales "immorales ou amorales" comme Monsanto ou L’oréal pour leur position pendant les conflits du 20ème siècle...
29 août 2007, 08:21, par diddou
Il ne faut pas dire que les ogm cultivés en France ne sont pas destinés à la consommation !!!!!!!!!!
les ogm pour certains reconnus dangereux (maïs) sont bien destinés à la consommation des ovins et bovins.... que nous consommons par la suite ! de plus la liste est longue des produits dérivés que nous achetons en grande surface !!!! même les petits pots pour bébés ont des dérivés ogm.... les céréales etc....
c’est un devoir de protéger le citoyen consommateur.... mais la grosse firme américaine monsanto veille au grain ! et l’europe coopère largement !