Les questions du temps présent
21 juillet, parCeux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
Association citoyenne contre l’incinération des ordures ménagères de La Réunion
24 mai 2006

Les habitants de villes françaises ont mis en échec les projets de d’implantation d’incinérateurs. En sera-t-il de même à La Réunion ?
La Réunion doit se soulever contre le projet de construction d’un incinérateur sur le site agricole de Pierrefonds à Saint-Pierre. Les membres de l’Association citoyenne contre l’incinération des ordures ménagères de La Réunion (ACCIDOM) veulent sensibiliser les habitants de cette localité du Sud, mais ils comptent toucher également toute l’île. Cette décision prise récemment en comité a été annoncée hier en fin de matinée, non loin du lieu d’implantation de "cette usine à dioxines".
Destruction de la chaîne alimentaire
De première ou de dernière génération, un incinérateur rejette des dioxines lors de la combustion des déchets. Les dioxines se propagent dans l’air et contaminent tout l’environnement. Toute la chaîne alimentaire est ainsi contaminée. Les dioxines sont bio-accumulables et non-biodégradables. Elles ont une durée de 30 ans minimum. Là où l’incinérateur est passé dans les villes françaises - Albertville, Besançon, Angers - ces rejets toxiques causent des cancers et des malformations chez les êtres humains.
Les déchets ne disparaissent pas
La combustion libère aussi du CO2 dans l’atmosphère. Elle favorise ainsi l’effet de serre et le réchauffement de la planète. Avec l’incinération, les déchets ne disparaissent pas. Curieusement, elles les transforment en substances toxiques : les mâchefers et les Résidus d’épuration des fumées d’incinération d’ordures ménagères (REFIOMS). Il faut donc stocker ces déchets et à quel prix ? Le projet de les enfouir dans le sol est particulièrement dangereux par les risque de contamination.
Consolider les méthodes existantes
L’incinération est de loin la pire des solutions pour le traitement des déchets. Une telle infrastructure automatisée coûte cher, crée peu d’emploi, et pollue l’environnement. La taxe sur les ordures ménagères augmentera certainement. "Les Réunionnais vont payer pour leur mort", ironise Jean-François Bègue, le secrétaire général de cette association citoyenne. Des techniques de valorisation des déchets sont en circulation : le tri-sélectif, le compostage, la méthanisation. Il est urgent de les consolider car elles sont sources d’emplois pour des milliers de Réunionnais.
Les membres de l’ACCIDOM proposent de débattre de l’incinération sur la place publique. Ils tenteront de convaincre l’ensemble des collectivités sur les méfaits de l’incinération. À commencer par la CIVIS.
Jean-Fabrice Nativel
À Saint-Pierre, deux organisations s’opposent à l’implantation d’un incinérateur à Pierrefonds. L’Association citoyenne contre l’incinération des ordures ménagères de La Réunion (ACCIDOM) est présidée par Jean-Pierre Edwards, qui souhaite "avoir un discours crédible" et le Groupement d’action citoyen par Patrick Picardo, qui affirme vouloir "travailler dans l’intérêt général".
Ceux qui n’ont que la France comme horizon indépassable tournent en rond
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