Année polaire internationale

Les Taaf au cœur de l’année polaire internationale

31 juillet 2007, par Sophie Périabe

L’année polaire s’est ouverte le 1er mars dernier et est un rendez-vous incontournable au niveau mondial. En effet, c’est un évènement historique qui n’a connu de trois précédents dans l’Histoire.
La première année polaire internationale a eu lieu en 1882-1883, la deuxième en 1932-1933, et la troisième, connue également pour s’être déroulée dans le cadre de l’année géophysique internationale, en 1957-1958. Tous les chercheurs et scientifiques mènent ensemble des programmes internationaux sur les régions polaires. Les Taaf (Terres Australes et Antarctiques Françaises), composées d’archipels du Pôle Sud, font partie intégrante des zones d’intérêt de cette année polaire.

Les régions du monde telles que les Taaf constituent des milieux isolés d’une importance capitale pour la compréhension de phénomènes qui affectent notre planète. On peut citer les sujets aussi brûlants que l’effet de serre, le réchauffement des océans et les modifications climatiques. Évidemment, les conditions de survie extrêmes de la faune et de la flore, mais aussi des humains qui y vivent, sont autant de terrains d’expérimentation et de recherche.
Placées sous l’autorité d’un préfet, administrateur supérieur, les Terres australes et antarctiques françaises sont composées d’archipels et de parties de continent qui sont entièrement comprises dans le périmètre d’intérêt de l’Année polaire internationale. Les pouvoirs du préfet sont précisés par le décret du 18 septembre 1956, modifié en 2003 portant organisation administrative des Taaf : dépositaire des pouvoirs de la République, il représente seul le Gouvernement devant lequel il est responsable de ses actes et dont il reçoit les instructions par l’intermédiaire du ministre en charge de l’Outre-mer.
Si les différents territoires des Taaf sont des précieux terrains de recherche, les services des Terres australes assurent la logistique nécessaire à leur vie dans des milieux le plus souvent hostiles.
Le Marion Dufresne, navire ravitailleur, assure donc des missions d’approvisionnement dans des zones distantes de 2.000 à 4.000 km des premières terres “civilisées”, Crozet, Kerguelen, Saint Paul et Amsterdam. Ainsi, chaque année, il transporte plus de 600 personnes, quelques 2.000 à 4.000 m3 de fret, répartis sur les 4 rotations.
Les Taaf apportent aussi leur appui financier à la logistique de la Terre Adélie, opérée principalement par l’Institut Polaire. Elles lui fournissent également le service de santé ainsi que le service des postes et des télécommunications.

Développement de programmes de recherche pour protéger l’environnement

Le point d’équilibre entre la présence humaine permanente entretenue par les Taaf et la préservation du milieu constitue l’enjeu d’environnement “durable”. Par conséquent, les Taaf développent des programmes de préservation de l’environnement. Elles disposent également d’une réglementation qui leur permet d’agir efficacement pour une meilleure préservation de l’environnement. Les trois principaux outils sont la réglementation de la pêche, principale activité commerciale dans cette région du monde, le pouvoir de contrôler les activités en Antarctique et la gestion de la toute nouvelle Réserve naturelle.
Cette année polaire internationale coïncide avec la réalisation d’une campagne de recherche halieutique, la première depuis 20 ans. Le préfet des Taaf dispose, au niveau national, du pouvoir d’autoriser les activités en Antarctique. Cette responsabilité est exercée afin d’y limiter l’impact des activités humaines, conformément aux objectifs du Traité de l’Antarctique, signé en 1959 par 12 États et complété en 1991 par un protocole. La Réserve naturelle des Taaf, entrée en vigueur en 2006, représente l’une des plus vastes au monde, et notamment par l’étendue de sa partie maritime. Sa superficie totale est d’environ 700.000 hectares. Elle tend à préserver les milieux, tout en maintenant la possibilité d’y mener des recherches scientifiques.
Enfin, les Taaf contribuent au maintien et au développement des conditions matérielles et environnementales nécessaires à l’épanouissement de la recherche polaire australe.
Organisé dans le cadre de la 4ème Année polaire internationale, le programme “Arts aux Pôles” offre à des artistes la possibilité de résider sur les bases polaires françaises durant les campagnes scientifiques d’été. C’est ainsi qu’en janvier - février dernier, Catherine Rannou et Laurent Duthion ont séjourné à la base Dumont d’Urville en Terre Adélie en Antarctique.
Les Taaf ont donc un rôle essentiel à jouer dans le cadre de cette année polaire. Accompagner les expéditions de recherches scientifiques, veiller à ce que l’impact des activités humaines soit limité et protéger cet environnement unique, seront ces principales missions.

Sophie Périabe


Les différentes années polaires internationales

• 1882-1883
La première API de l’Histoire est organisée à l’initiative de Karl Weyprecht, qui veut fédérer les grandes nations scientifiques. Les enjeux sont vastes : tout est à faire en matière de climatologie, si bien que les projets s’intéressent tout autant à la météorologie de court terme qu’aux variations de longue échelle, ainsi qu’à la géophysique. 12 pays maintiennent 15 stations d’observations pendant 2 ans : 13 expéditions sont organisées en Arctique, 2 en Antarctique.

• 1932-1933
L’idée d’une seconde édition est soulevée par l’Organisation météorologique mondiale, qui souhaite surtout avancer dans l’étude des anomalies magnétiques. D’autres sujets sont évoqués, comme les aurores boréales, le Jet Stream, les variations en 18O et bien sûr la météorologie en général. Le projet initial prévoit des observations étalées sur 1 an, dans les stations existantes de l’Arctique et de l’Antarctique. 40 pays sont mobilisés, mais les résultats exhaustifs ne seront publiés qu’en 1951, la Seconde Guerre mondiale freinant leur analyse.

• 1956-1957
La troisième édition est appelée Année Géophysique Internationale. Elle s’est caractérisée par l’utilisation massive de technologies héritées de la guerre et réinvesties dans le champ scientifique, à commencer par le radar. De nombreuses expéditions en Antarctique sont placées sous la coordination volontaire de 70 pays, en pleine Guerre froide. En définitif, 12 pays seulement maintiennent 75 stations sur le continent austral. L’AGI débouche sur la signature du Traité sur l’Antarctique en 1959.

• 2007-2008
Organisée par l’Organisation Météorologique Mondiale (WMO) et le Conseil international pour la science (ICSU), elle concerne tant l’hémisphère Nord que l’hémisphère Sud, et dont l’un des objectifs est de mieux comprendre le rôle moteur des régions polaires dans la régulation du climat terrestre. Les expéditions sont largement pluridisciplinaires. En France, elle va solliciter des organismes de recherche tels que Météo France, l’IFREMER, l’Institut polaire français - Paul Émile Victor, le CEA ou le CNRS.
Le but est de coordonner des projets scientifiques d’envergure. L’opération a débuté le 1er mars 2007 - avec son lancement officiel à Paris - et va durer jusqu’au 1er mars 2009. Ces deux années permettront d’avoir un cycle complet hiver/été à chacun des pôles.
Cette nouvelle édition sera également l’occasion de sensibiliser le grand public au rôle central que jouent les pôles dans les problématiques environnementales actuelles. Pour cela, de nombreux centres de culture scientifique français se mobilisent pour proposer des manifestations publiques telles que des expositions, des rencontres-débats, des animations, etc...
La Direction est assurée par le professeur Chris Rapley et le docteur Robin Bell, sous l’autorité de David Carlson.

(Source : Wikipédia)


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