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5 juin, parRapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
Pêche miraculeuse près des côtes et en haute mer
12 novembre 2011

Que peut-il bien se passer dans le vaste monde des daurades ? Depuis trois semaines maintenant, c’est par milliers que ces poissons pélagiques (c’est-à-dire évoluant en pleine mer) ont pris leurs quartiers dans les eaux allant des côtes réunionnaises aux eaux internationales. Aucun marin pêcheur n’est en mesure d’expliquer ce soudain engouement des daurades pour notre zone. Pour sa part, le consommateur ne se pose pas de question et apprécie cette pêche « miraculeuse ». Et pour cause, le kilo de daurades est passé de 18 euros à 12 euros.
Le “Let’s go” vient de s’amarrer à l’un des quais de la nouvelle darse de pêche du port Ouest au Port. Il revient de trois jours de pêche en pleine mer. Ces cales débordent de poissons. Surtout de daurades. À chaque rotation, le “Let’s go” revient habituellement avec 10 unités de ce poisson. Depuis trois semaines, ce chiffre est multiplié par 4, voire 5. Pascal Briand, patron pêcheur, et Yannick Cœuret, marin pêcheur, ne perdent pas de temps. Ils déchargent les cales et pèsent les pélagiques. Sur le quai, Frédéric Gorlot, grossiste et porte-parole de l’Association interprofessionnelle de la pêche et de l’aquaculture, attend à proximité de son camion frigorifique. « Les poissons sont pesés, embarqués dans le camion et immédiatement livrés aux clients », note-t-il.
Pas plus que les marins pêcheurs, il ne peut expliquer l’afflux massif de daurades dans la zone. « Rien n’a changé dans les techniques de pêche, ni dans les zones de prélèvements et pourtant les daurades sont là en masse », dit-il. Le phénomène a été constaté par tous les pêcheurs, qu’ils soient côtiers ou en haute mer.
Le porte-parole de l’interprofession ne veut pas parler de pêche miraculeuse, car, dit-il, « je ne crois pas aux miracles », mais il souligne qu’il s’agit d’un fait aussi inexpliqué qu’exceptionnel. « Du jamais vu de mémoire de pêcheur à La Réunion », n’hésite pas à affirmer Frédéric Gorlot. Cette affluence est d’autant plus remarquable qu’elle a lieu à une période où les daurades ne sont généralement pas présentes dans la zone. « Elles sont plutôt là vers le mois d’août. En octobre-novembre, on pêche plus du thon germon », indique Frédéric Gorlot .
De la cale réfrigérée du “Let’s go”, Yannick Cœuret débarque des dizaines de pièces. Pascal Briand officie à la pesée. Tous les poissons dépassent les 10 kilos. « Et ils sont tous frais de chez frais », commente le porte-parole de l’interprofession. Le but est d’ailleurs de faire en sorte que ces daurades arrivent à être écoulées. « Il y a une telle profusion qu’il devient de plus en plus difficile de les écouler », note Frédéric Gorlot.
Pour que les marins pêcheurs ne soient pas pénalisés, l’interprofession intervient, « ainsi les grossistes font un effort sur les prix d’achat, et les revendeurs, de la petite poissonnerie à la grande surface, en font de même. C’est une question de solidarité et une garantie de bon fonctionnement de la filière », souligne le porte-parole de l’interprofession. Laquelle regroupe les marins pêcheurs, les pêcheurs côtiers, les transformateurs, les grossistes, les GIE (Groupements d’intérêts professionnels), les poissonneries et les aquaculteurs.
Le camion frigorifique de Frédéric Gorlot est plein. « Dans une demie heure, le poisson est chez le client », se réjouit-il. Sur le quai, un autre camion frigorifique s’installe à proximité du “Let’s go”. Yannick Cœuret continue de décharger et Pascal Briand de peser. La pêche « miraculeuse » devrait encore se poursuivre quelques jours.
Mahdia Benhamla pour www.ipreunion.com
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