Environnement

Manifeste de Marseille de l’UICN : quelles seront les responsabilités des Réunionnais dans le Grand Mur Bleu ?

Engagement à agir du Congrès mondial de la Nature de l’UICN

Témoignages.re / 11 septembre 2021

Le Congrès de l’UICN s’est conclu hier soir par l’adoption du Manifeste de Marseille. Une partie de cette déclaration finale présente les engagements des membres et partenaires de l’UICN. Elle est reproduite ci-dessous. Le premier engagement concerne notre région, avec « la création et la mise en œuvre de l’initiative GRAND MUR BLEU, un réseau régional d’un type totalement nouveau visant à développer une économie bleue régénératrice à l’intention de 70 millions de personnes, tout en conservant et restaurant la biodiversité marine et côtière ». Quelle sera la place de La Réunion dans ce projet ? Les Réunionnais pourront-ils agir ou tout sera-t-il encore géré depuis Paris, capitale d’un pays situé à plusieurs milliers de kilomètres de l’océan Indien ?

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« A l’occasion du Congrès mondial de la nature tenu à Marseille, à l’invitation de la France, en septembre 2021, les Membres et les partenaires de l’UICN s’engagent à mener à bien les actions suivantes afin de contribuer de manière substantielle et significative au rétablissement post-pandémique et à la réponse aux urgences en matière de biodiversité et de climat. Ces engagements seront documentés et leur réalisation suivie grâce à la plateforme Contributions pour la Nature de l’UICN.

– Sous la direction des États de l’océan Indien occidental, l’UICN et ses partenaires s’engagent à appuyer la création et la mise en œuvre de l’initiative GRAND MUR BLEU, un réseau régional d’un type totalement nouveau visant à développer une économie bleue régénératrice à l’intention de 70 millions de personnes, tout en conservant et restaurant la biodiversité marine et côtière.

– L’UICN s’engage à appuyer et mettre en œuvre de manière prioritaire Le premier Plan d’action mondial autochtone pour la gouvernance des terres, territoires, eaux, mers côtières et ressources naturelles autochtones, une stratégie autodéterminée, élaborée et revendiquée par les Peuples autochtones, en tant que contribution aux travaux de l’Union et à la conservation au niveau global. Sa mise en œuvre sera guidée par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des Peuples autochtones (DNUDPA).

– Les Champions de haut niveau pour l’action climatique de la CCNUCC et l’UICN ont établi un partenariat pour amplifier et accélérer les initiatives Net-Zero mondiales et régionales lancées par des acteurs non-étatiques qui intègrent systématiquement la nature et les solutions fondées sur la nature et dégagent des résultats en termes de « Race to Zero » et de « Race to Resilience », mobilisant du financement pour Le climat tout en appuyant le programme d’action pour la biodiversité post 2020.

– L’UICN et plus de 30 gouvernements infranationaux, villes et organisations partenaires ont convenu d’élargir l’accès universel à des espaces verts de haute qualité et de développer la biodiversité urbaine dans 100 villes représentant une population de quelque 100 millions à l’horizon 2025, et d’évaluer l’impact de cette initiative grâce à l’Indice de la biodiversité urbaine.

– Cinq multinationales – Kering, Holcim, L’Occitane, LVMH, Pernod Ricard – dont le chiffre d’affaires annuel combiné s’établit à 92 milliards de dollars US, et qui emploient près de 300 000 personnes – se sont engagées à restaurer et développer la biodiversité grâce à des stratégies d’entreprise axées sur la nature, qui seront intégrées à leurs paysages opérationnels et leurs chaînes d’approvisionnement, mesurées et présentées dans un rapport.

– La Grèce s’est engagée à réduire la surpêche en définissant des zones de non-prélèvement dans 10 % de ses eaux territoriales d’ici 2030 et à réduire la pollution marine aux matières plastiques de 60 %.

– Le Salvador, le Bélize, le Pakistan, le Chili et la région Sud de la France se sont engagés à restaurer au total 5,5 millions d’hectares, faisant ainsi passer le total des engagements pris dans le cadre du Challenge de Bonn à plus de 215 millions d’hectares, tandis que les autorités fédérales allemandes ont alloué 20 millions d’euros à V’UICN pour créer un hub d’expertise technique sur la restauration des paysages sylvestres.

– La International Hydropower Association s’est clairement engagée, au nom de tous ses membres, contraints par cette décision, à ne pas lancer d’exploitation sur des sites inscrits sur la liste du Patrimoine mondial. L’Association continuera par ailleurs de travailler avec l’UICN pour voir comment cet engagement pourrait être étendu à d’autres catégories d’aires protégées.

– Quinze nouveaux engagements nationaux ont été signalés à l’UICN, pour son standard de la Liste verte, représentant plus de 30 millions d’hectares d’aires protégées et conservées, et portant le nombre des pays participant à la Liste verte à plus de 70 à l’échelle mondiale.

– Les Membres de l’UICN, appuyés par les comités nationaux et régionaux de l’Union, se sont engagés à contribuer au Programme Nature 2030 de l’UICN et aux objectifs mondiaux pour la nature, et à documenter leur action grâce à la plateforme « Contributions pour la nature ».

Lors du Congrès mondial de la nature, la France, pays hôte, s’est engagée à :

– Parvenir à 30 % d’aires protégées au niveau national d’ici 2022, et protéger fortement 5 % de ses aires maritimes méditerranéennes d’ici 2027, soit une augmentation de 25 fois par rapport à aujourd’hui

– Participer aux efforts visant à faire avancer l’action internationale de protection des océans en organisant avec l’ONU un Sommet sur les océans.

– Accélérer la lutte contre la déforestation importée et protéger Les forêts avec l’Alliance pour la préservation des forêts tropicales humides

– Promouvoir un traité sur la pollution par les matières plastiques

– Intégrer les risques financiers liés à la perte de biodiversité à l’analyse économique et financière et renforcer les investissements favorables à la biodiversité, notamment les solutions fondées sur la nature qui appuient la transition écologique dans l’agriculture, les forêts, Les sols et les puits de carbone. »