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24 juillet 2012

Plusieurs études convergent sur deux points. Tout d’abord, la hausse du niveau de la mer sera plus importante que les prévisions du GIEC. Ensuite, ce phénomène va durer des centaines d’années, même si du jour au lendemain il n’y avait plus d’émission de gaz à effet de serre.
Dans une étude publiée le 22 juin, le Conseil national de la Recherche (NRC), organisme public chargé de réaliser les études commandées à l’Académie des Sciences, revoit à la hausse les précédentes estimations de la montée du niveau des mers au cours du 21ème siècle. D’après ses résultats, le niveau moyen des eaux à l’échelle mondiale devrait augmenter de 8 à 23 centimètres d’ici 2030 (par rapport au niveau de 2000), de 18 à 48 cm d’ici 2050, et de 50 à 140 cm d’ici 2100.
Cette dernière estimation est sensiblement supérieure à celle proposée par le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (GIEC), dont la dernière étude de référence sur les changements climatiques date de 2007. A l’époque, une montée des eaux comprise entre 18 et 59 cm d’ici la fin du siècle était envisagée, avec jusqu’à 17 cm d’augmentation supplémentaire en cas de changements brusques dans les cycles de formation de la glace.
Une autre publication, parue dans le journal “Nature Climate Change” le 24 juin, vient confirmer l’hypothèse que si la montée du niveau des mers est un phénomène mondial, elle n’est pas uniforme et affecte plus fortement certaines régions que d’autres. Conduite par des chercheurs de l’U.S. Geological Survey (USGS), l’étude et ses résultats tendent à montrer que le niveau de la mer le long de la côte Atlantique des États-Unis augmente bien plus rapidement que la moyenne mondiale.
Ces résultats surprenants pourraient en partie s’expliquer par le ralentissement des courants océaniques dans l’océan Atlantique. A cause de la fonte des glaces, d’importantes quantités d’eau douce sont déversées dans les océans, qui a pour effet d’amoindrir les différences de densité entre les couches d’eau et de ralentir les courants océaniques. Or, certains de ces courants comme le Gulf Stream et la dérive Nord Atlantique ont tendance à faire circuler les masses d’eau le long des côtes et d’empêcher l’augmentation du niveau des eaux.
Ce "point chaud" de la montée des eaux pourrait avoir de graves conséquences pour les agglomérations urbaines très peuplées de la région. « Des villes comme Norfolk, New York et Boston subissent déjà des inondations importantes lors de tempêtes de relativement faible intensité », déclare le Dr Asbury Sallenger, auteur de l’étude et océanographe à l’USGS.
(Source : Médiaterre)
Les océans se dilatent
Dans une autre étude parue le 1er juillet dans “Nature Climate Change”, une équipe de scientifiques montre que même si les plus ambitieuses mesures de réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES) étaient adoptées, elles pourraient ne pas suffire à arrêter totalement la montée du niveau des eaux.
En effet, à cause de la hausse moyenne de la température océanique, les eaux des mers ont tendance à se réchauffer et à se dilater sous l’effet de la chaleur. Ainsi, la même quantité d’eau occupe un volume plus important et fait mécaniquement monter le niveau des mers. A mesure que la température des eaux augmente, la chaleur est diffusée des couches superficielles de l’océan aux couches profondes, amplifiant le phénomène de dilatation thermique. Même si la température de surface des océans venait à diminuer et la couche d’eau superficielle à refroidir, la chaleur diffusée dans les couches profondes de l’océan prendrait du temps à se dissiper et continuerait à dilater les masses d’eau. Ce phénomène physique vient s’ajouter à l’apport d’eau résultant de la fonte des glaces et amplifie le problème de la montée du niveau des mers.
D’après les résultats de l’étude, dans l’hypothèse où les plus fortes réductions de GES sont réalisées — un scénario qui implique des émissions mondiales négatives de GES d’ici l’année 2070 —, la température moyenne du globe augmenterait jusqu’à un pic de +0,83°C en 2100 avant de redescendre à +0,55°C en 2300 (par rapport à la moyenne sur la période 1986-2005). Dans ce cas de figure, l’augmentation du niveau des eaux attribuable à la dilation thermique serait de 14,2 cm en 2100 et jusqu’à 24,2 cm en 2300.
Dans l’hypothèse la plus pessimiste — faibles mesures de réduction des GES d’ici 2070 et mix énergétique mondial toujours composé de 80% d’énergie fossile à cette date —, la température moyenne du globe pourrait atteindre +3,91°C en 2100 et +8,52°C en 2300. Dans ce cas de figure, la dilatation des eaux océaniques augmenterait le niveau des mers de 32,3 cm en 2100 et jusqu’à 139,4 cm en 2300. « Bien que la montée du niveau des eaux ne peut pas être stoppée avant au moins plusieurs centaines d’années, des mesures ambitieuses de réduction [des GES] peuvent permettre de ralentir cette tendance, ce qui permettrait de gagner du temps pour mettre en place des politiques d’adaptation », expliquent les auteurs de l’étude.
Source : Médiaterre
Rapport sur les riches publié par l’Observatoire des inégalités
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