Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Mission scientifique pour la tortue radiata
10 novembre 2006

Environ 50.000 tortues radiata adultes vivraient dans notre île, réparties entre quelque 1.200 éleveurs déclarés. À quelles conditions peut-on construire une “filière” à débouché économique et artisanal ? C’est ce que la Région étudie, en commençant par la mission scientifique venue du 27 octobre au 4 novembre. Premier aperçu.
Une mission scientifique sur la situation zootechnique vétérinaire et réglementaire des tortues de l’île a pris fin le week-end dernier avec le départ de Lionel Schilliger. Pendant une semaine, ce vétérinaire spécialiste des tortues a fait avec Emmanuel Lemagnen, Conseiller régional et Président de la Société chéloniophile de Bourbon, une tournée de quelques-uns des principaux élevages de tortues.
La mission avait commencé par une conférence de presse, le 27 octobre 2006 à l’Hôtel de Région, à laquelle participait aussi le directeur du parc Ucciani, le plus grand parc de tortues d’Europe, Philippe Magnan. Un des principaux objectifs de leur mission est de trouver une “acclimatation” possible des règlements sur la commercialisation des tortues radiata nées d’élevage déclarés.
Il existe de 250 à 290 espèces de tortues à travers le monde. Aucune n’est endémique de l’île de La Réunion, l’espèce Bourbonica ayant été décimée très tôt. On trouve généralement dans l’île une dizaine d’espèces de tortues terrestres et la tortue radiata (tortue étoilée ou rayonnée), la plus fréquente est endémique de Madagascar. On l’appelle ainsi parce que sa carapace est sillonnée de rais jaunes, à l’intérieur de chaque écaille noire, rayonnant vers l’extérieur. C’est une espèce protégée inscrite à l’Annexe I (espèces les plus menacées) de la Convention de Washington (CITES), ainsi que dans le Livre Rouge de l’IUCN.
Lionel Schilliger, vétérinaire spécialisé, a ajouté à sa mission de visite des élevages, un volet formation vétérinaire - dispensé au laboratoire DSV de Saint-Denis - pour combler une lacune de la formation vétérinaire française, qui n’inclut pas de formation aux soins des reptiles et des tortues. Il est lui-même allé se spécialiser aux USA, où il retourne 2 fois par an.
Dans les élevages où il est passé, il a pu dispenser quelques conseils sur la prévention et les soins - notamment alimentaires - à donner aux tortues. « L’idéal chez les tortues est de les maintenir dans les meilleures conditions d’hébergement, à 28° C, avec une alimentation diversifiée. La tortue est végétalienne, et “opportuniste” c’est-à-dire capable de se nourrir occasionnellement d’escargot, de limace ou même d’une charogne de vertébré trouvée au sol. Mais la base de son alimentation est végétalienne » explique Lionel Schilliger, qui a trouvé beaucoup de tortues élevées comme animal de compagnie et de basse-cour. Dans certains cas, on leur construit un enclos dans le jardin.
Le problème le plus fréquent est celui d’une alimentation trop riche. « Il ne faut surtout pas leur donner les croquettes pour chiens ou chats trouvées dans le commerce. Les tortues les acceptent, mais elles contiennent beaucoup trop de matières grasses, de sucres et de protéines animales. C’est beaucoup trop riche et cela débouche sur des pathologies du système gastrique ou du foie et des reins. Elles ont besoin de beaucoup de calcium en poudre - carbonate de calcium - et de soleil. Le mieux est de les nourrir de plantes locales, en particulier des cactées - dont elles sont très friandes -, dont la “raquette-tortue” », poursuit le vétérinaire.
A quand l’apparition de karo rakèt, pour nourrir les spécimens de La Réunion et des îles voisines ? Evidemment, ce n’est peut-être pas une culture d’un intérêt spéculatif énorme, mais son intérêt pour la préservation de la biodiversité est évident.
Heureusement que cette espèce a été importée à Maurice et à La Réunion, contre la réglementation internationale (qui en l’occurrence “protège” des intérêts nord-américains), car la tortue radiata est très menacée dans son environnement d’origine, à Madagascar.
On peut imaginer que les projets de La Réunion servent aussi, à termes, à protéger la tortue de Madagascar, par des actions concertées débouchant sur une filière indocéanique. Le débouché le plus notable est celui de l’artisanat d’art, par le travail de l’écaille de tortue.
P. David
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Messages
5 décembre 2007, 17:04
J’aimerai connaitre les coordonées de l’association chéloniophile Bourbon svp