Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
Le « plan d’action » présenté devant le Conseil national de la transition écologique (CNTE).
23 mai 2023, par

La première ministre Elisabeth Borne a dévoilé le 22 mai des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. « La politique que je mènerai (…) sera écologique ou ne sera pas », a indiqué en 2022 le président candidat Emmanuel Macron, laissant à sa première ministre la tâche de tout mettre en place.
Elisabeth Borne a présenté devant le Conseil national de la transition écologique* son « plan d’action » pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre de la France. Cette réunion de travail visait à clarifier les objectifs de réduction par secteurs (transports, agriculture, bâtiments…) à horizon 2030. Fin juin, elle présentera un plan détaillé des mesures à instaurer pour tenir les engagements.
Le gouvernement a intégré les objectifs européens de baisse de 55 % des émissions nettes en 2030 et compte ainsi de réduire de pas moins de 50 % les émissions domestiques par rapport à 1990, pour atteindre 270 millions de tonnes équivalent CO2 par an en 2030, contre 408 mtCO2e en 2022 (l’équivalent CO2 est une mesure qui prend en compte le dioxyde de carbone mais aussi d’autres puissants gaz à effet de serre, comme le méthane).
D’après Matignon, « il faut faire en huit ans plus que ce qu’on a fait au cours des trente-deux dernières années », ce qui devrait coûter 70 milliards d’euros d’investissements privés/publics supplémentaires par an d’ici à 2030, selon le Conseil économique et social.
Le gouvernement assure être sur la bonne voie. D’ailleurs, en 2022, les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont baissé de 2,5 %. Pourtant, « au cours de la première période 2015/2018, la France n’a pas tenu ces objectifs, des recours ont donc été portés devant les tribunaux », a indiqué le cabinet de la première ministre.
Face à l’ampleur de la tâche, « chacun doit faire sa part », a assuré Elisabeth Borne qui dit avoir posé un cadre se voulant « collectif » et « équitable ». La moitié des efforts seront demandés au secteur productif (entreprises et secteur public), un quart aux collectivités et un quart aux ménages.
« On demande un peu aux petits et beaucoup aux gros », a assuré le gouvernement. Pourtant, le Haut conseil pour le climat a pointé « une collaboration interministérielle limitée » et un manque de communication entre les ministères, ne rendant pas efficace les mesures environnementales.
Le gouvernement salue aujourd’hui « la grosse implication de tous les ministères », et un « travail d’équipe » qui va évoluer et dont la mise en œuvre sera « suivie à l’aide d’indicateurs », point qui faisait souvent défaut lors des précédents plans.
Les secteurs concernés vont du covoiturage, rénovation des bâtiments, réduction de la part du gaz naturel dans le chauffage, à l’aide aide au déploiement des panneaux photovoltaïques. Selon le gouvernement, « la moitié des leviers disponibles est d’ores et déjà engagée », via les lois et réglementations actuellement en vigueur.
Le plan prévoit par exemple de passer de 1 % de voitures électriques dans le parc automobile français à 15 % en 2030. Parmi les mesures étudiée, celles favorisant le « verdissement de la flotte des entreprises ». Actuellement, seuls 10 % des véhicules achetés sont électriques, or ce sont ces voitures acquises par les entreprises qui alimentent le marché de l’occasion.
Le plan final, détaillé fin juin, viendra alimenter la loi de programmation quinquennale sur l’énergie et le climat (LPEC) prévue à l’automne prochain, qui fixera les grands objectifs à la fois pour l’énergie et pour la réduction des émissions.
* Instance de dialogue réunissant ONG, syndicats, patronat, parlementaires et représentants de la société civile
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