Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
6 communes en phase de vigilance sécheresse
18 octobre 2025, par

À La Réunion, six communes – Saint-Denis, Le Port, La Possession, Saint-Paul, Saint-André et Salazie – viennent d’être placées en phase de vigilance sécheresse par le préfet. Officiellement, la mesure fait suite à une saison des pluies déficitaire : selon Météo France, les précipitations ont été inférieures de 28 % à la normale. Les nappes phréatiques et les rivières affichent des niveaux préoccupants, certaines zones atteignant le seuil de crise. Mais réduire la pénurie d’eau à une seule cause climatique serait une erreur.
Si la sécheresse fragilise la ressource, c’est le système de distribution et de consommation qui aggrave la crise. L’île affiche une consommation moyenne d’environ 180 litres d’eau potable par habitant et par jour, un chiffre difficilement soutenable dans un territoire tropical touché par la crise climatique. Cette abondance apparente traduit moins un confort qu’une dépendance à un modèle importé de France.
La gestion du réseau est en grande partie confiée à des entreprises françaises, concessionnaires de l’eau et de l’assainissement. Or, leur logique reste celle du rendement et du volume facturé, non celle de la sobriété. Les pertes sur les canalisations dépassent parfois 40 %, selon plusieurs rapports municipaux : autant d’eau prélevée, traitée et perdue avant même d’arriver au robinet. Dans certaines communes, des quartiers entiers connaissent des coupures tandis que d’autres surconsomment sans restriction, révélant une inégalité d’accès criante.
Cette contradiction est d’autant plus forte que La Réunion, île montagneuse et humide une grande partie de l’année, ne manque pas d’eau en absolu : elle manque d’une politique cohérente de distribution, de stockage et de sobriété. L’eau des hauts ruisselle vers la mer sans être retenue, tandis que les zones littorales, plus peuplées, dépendent d’un réseau vieillissant et mal entretenu.
La crise actuelle met donc en lumière une double urgence : écologique et politique. Face au changement climatique, l’adaptation passe autant par la réduction des consommations que par une révision du modèle de gestion. Promouvoir une gouvernance locale de l’eau, transparente et centrée sur l’intérêt public, serait un premier pas pour sortir de cette dépendance structurelle.
Car à La Réunion, l’eau n’est pas seulement une ressource : c’est un bien commun. Tant que son accès restera soumis à des logiques de marché et à des infrastructures inadaptées, les périodes de sécheresse se transformeront inévitablement en crises de l’eau. La sobriété individuelle ne suffit pas : il faut une refondation du système, tout est à revoir.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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