La Journée mondiale de l’Eau

Pérenniser les ressources

22 mars 2006

L’Office de l’Eau de La Réunion célèbre aujourd’hui la Journée mondiale de l’Eau. L’occasion de rappeler que l’eau véritable source de vie est une ressource indispensable. À l’échelle internationale et cela en l’espace de 50 ans, les stocks d’eau disponible pour chaque individu ont été divisés par deux. Dans le contexte actuel, La Réunion, en termes de ressources, reste privilégiée grâce à son climat tropical. Mais pour autant la vigilance reste de mise pour que l’île continue à faire face à ses besoins en eau dans l’avenir.

"Globalement, La Réunion ne manque pas d’eau", déclare François Bocquee, directeur de l’office de l’eau. À plus forte raison, puisque les deux épisodes pluvieux de la mi-février et du début mars avec le cyclone Diwa sont venus requinquer les nappes phréatiques. "On peut considérer qu’au niveau de nos ressources en eau, nous sommes revenus à un certain état d’équilibre, notamment dans la région Sud où il y avait un fort déficit. Mais il faut rester attentif aussi bien en termes de quantité, mais aussi de qualité", souligne François Bocquée.
De fortes pluies qui ont certes réapprovisionné les nappes phréatiques, mais aussi occasionné de nombreux dégâts, bouchant et détruisant certaines canalisations et captages d’eau. De nombreux habitants se sont retrouvés avec les robinets à sec durant de longues semaines. Et pour cause, le transport et l’assainissement des eaux s’effectuant dans des conditions difficiles.

Ressources fragiles

De façon générale, l’île bénéficie d’une bonne qualité d’eau, mais l’on note cependant une augmentation du taux de nitrate et de pesticide dans les ressources souterraines dues aux rejets des fosses septiques, des engrais, des eaux usées. Un problème propre aux pays développés qui demande une vigilance constante et qui montre la fragilité des ressources.
L’eau est également pensée en termes d’enjeu de développement, pour Hilaire Maillot il s’agit d’une problématique d’avenir. "Il faut que les politiques, les associations, l’ensemble des acteurs travaillent en synergie pour vivre l’eau autrement et anticiper nos besoins et nos ressources pour demain", indique-t-il. Des efforts conjugués et un plan de bataille qui pour Jean-Paul Maugard, président de la fédération de pêche et de protection du milieu naturel aquatique de La Réunion, passe par plusieurs aspects. "Il ne faut pas uniquement puiser dans les rivières mais prévoir une meilleure gestion des ressources, mais aussi des investissements planifiés qui nécessitent une politique de financement précise", dit-il. Il souligne également la nécessité de mieux protéger le milieu en renforçant la lutte contre la pollution. Un travail qui pourrait aussi passer par un changement de comportement de la part des usagers. La consommation moyenne par habitant en eau potable est de 250 litres d’eau par jour, soit deux fois plus qu’en métropole. La ressource en eau gagnerait donc à être consommée avec plus de parcimonie ce qui contribuerait à sa pérennisation.

Eau peu chère

À noter que l’eau à La Réunion est une des moins chères en comparaison avec les autres départements et territoires d’Outremer. "Le prix de l’eau à mon sens doit augmenter, mais de façon tout à fait modeste, cela permettrait d’assurer la pérennité des ressources 24 heures sur 24, 365 jours dans l’année en quantité et en qualité", explique le directeur de l’office de l’eau.
Par ailleurs, le trophée de l’eau a été remis cette année à l’association du Pays d’Accueil du Sud Sauvage. Un diplôme ainsi qu’un chèque de 1.000 euros a été attribué aux membres de l’association récompensant ainsi sa lutte contre la pollution de la rivière Langevin.
La Journée mondiale de l’Eau devrait accueillir bon nombre de visiteurs qui au travers de différents supports, jeu d’affiches, plaquettes et documents divers pourront découvrir les différentes facettes de l’eau et étancher leur soif de connaissance.

Ingrid Koenig


40% de la population mondiale privée d’assainissement

Une semaine avant le début du 4ème Forum mondial de l’eau, le deuxième Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources révèle qu’environ 2,6 milliards de personnes, soit 40% de la population mondiale, n’ont pas accès à un système d’assainissement des eaux usées.
Rendu public jeudi à Mexico, le rapport souligne que "ces personnes font partie des plus pauvres au monde et plus de la moitié d’entre elles vivent en Chine ou en Inde. A ce rythme, des régions telles que l’Afrique sub-saharienne n’atteindront pas l’Objectif du millénaire qui vise à réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population n’ayant pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable".
L’ONU estime que quelque 1,6 million de vies pourraient être sauvées chaque année si l’on améliorait les conditions d’accès à l’eau potable, les services d’assainissement et l’hygiène.
Par ailleurs, le rapport souligne que neuf catastrophes naturelles sur dix sont liées à l’eau et résultent d’une mauvaise utilisation des sols, relève le rapport. Les changements climatiques aggravent le problème. Deux personnes sur cinq vivent aujourd’hui dans des zones susceptibles d’être inondées, notamment du fait de l’élévation du niveau de la mer. Les pays les plus exposés sont le Bangladesh, la Chine, les États-Unis, l’Inde, le Pakistan, les Pays-Bas, les Philippines et les petits États insulaires en développement.

Eau : le CME veut doubler les investissements pour l’accès à l’"eau à pour tous"

À une semaine de l’ouverture du 4ème Forum mondial de l’eau à Mexico, le Conseil mondial de l’eau (CME) estime qu’il faudrait au minimum doubler les investissements actuels pour réduire de moitié la population privée d’accès à l’eau d’ici à 2015, selon l’objectif fixé par la communauté internationale.
Au minimum 10 milliards de dollars par an sont nécessaires pour assurer l’eau potable et l’assainissement aux populations qui n’y ont pas accès et 15 à 20 milliards par an pour maintenir le service à ceux qui sont déjà servis : telle est la conclusion du rapport du Conseil mondial de l’eau (CME).
Or, l’investissement actuel représente seulement 14 à 16 milliards de dollars par an, maintenance comprise, hors traitement des eaux usées, selon le Conseil. Le CME avance ainsi la somme de 80 milliards de dollars pour seulement collecter et traiter les eaux usées domestiques tout en préservant l’environnement et la gestion des ressources.
Rappelons que la communauté internationale s’est accordée en 2002 au sommet de Johannesburg sur la nécessité de l’“Eau pour tous”. Une priorité en effet puisqu’à ce jour, plus d’1,2 milliard de personnes n’ont pas d’accès à l’eau potable, 2,5 milliards n’ont aucun réseau d’évacuation et, chaque année, les maladies liées à l’eau ou à son absence font 8 millions de morts, dont la moitié d’enfants.
Créé en 1996 par plusieurs institutions de l’ONU notamment, et basé à Marseille, le Conseil mondial de l’eau, regroupe plus de 300 organisations à travers le monde pour promouvoir une meilleure gestion de l’eau. Son dernier rapport synthétise onze études internationales différentes, qui évaluent de 9 à 30 milliards de dollars par an les investissements nécessaires en fonction de l’ambition et de la qualité des projets.


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