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4 juin, parNos peines
Changements climatiques
23 septembre 2021

Les changements climatiques pourraient pousser 216 millions de personnes à migrer d’ici 2050. C’est ce que révèle la seconde partie du rapport Groundswell de la Banque mondiale établissant que le lent impact du changement climatique sur la disponibilité de l’eau, la productivité des semences et de la montée des niveaux de la mer va peser sur la vie et le bien-être de manière croissante.
L’institution de Washington a publié un rapport complétant le premier du genre dévoilé en 2018, qui s’était alors focalisé sur trois régions du monde : l’Afrique subsaharienne, l’Asie du sud et l’Amérique latine. Elle avait alors projeté 143 millions de "migrants climatiques" d’ici 2050 pour ces parties du monde en développement.
Les chercheurs ont ainsi montré que "des migrations internes poussées par le climat pourraient escalader au cours des trois prochaines décennies" frappant "le plus fort" les régions "les plus pauvres et les plus vulnérables", menaçant d’y renverser les développements acquis.
Pour ce nouveau rapport, la Banque mondiale a ajouté trois autres régions : l’Asie de l’Est et le Pacifique, l’Afrique du nord ainsi que la partie regroupant Europe de l’est et Asie centrale, afin d’élaborer "une estimation mondiale", explique Juergen Voegele, vice-président de la Banque mondiale, chargé du développement durable dans le rapport.
Selon les données, la Banque mondiale prévoit que d’ici 2050, l’Afrique subsaharienne pourrait voir jusqu’à 86 millions de migrants climatiques ; l’Asie de l’Est et Pacifique, 49 millions ; l’Asie du Sud, 40 millions ; l’Afrique du Nord, 19 millions ; l’Amérique latine, 17 millions ; et Europe de l’Est et Asie centrale, 5 millions.
"Le changement climatique pourrait forcer les populations à migrer dans la détresse. Les pays pourraient voir une émergence de hotspots de migration climatique, dès 2030, ce qui va ensuite continuer à s’intensifier et s’étendre", ont expliqué Kanta Rigaud et Viviane Clement, les co-auteures principales du rapport.
"Mais la porte pour agir est encore ouverte. Certainement, réduire les émissions et s’assurer que le développement est vert, résilient et inclusif est au coeur de la stratégie pour amoindrir le coût humain du changement climatique", et ce jusqu’à 80%, selon elles.
"Il est important de noter que cette projection n’est pas inscrite dans le marbre", a assuré Juergen Voegele. "Si les pays commencent maintenant à réduire les gaz à effet de serre, les écarts en matière de développement, à restaurer les écosystèmes vitaux et aider les gens à s’adapter, la migration climatique pourrait être réduite d’environ 80%, à 44 millions de personnes d’ici 2050", a expliqué ce dernier.
Cependant, sans action décisive, il y aura "des points chauds" de migration climatique avec des répercussions importantes pour les pays d’accueil qui sont mal préparés à recevoir de nombreux migrants supplémentaires.
"La trajectoire des migrations climatiques au cours du prochain demi-siècle dépend de notre action collective sur le changement climatique et le développement au cours des prochaines années", a estimé Juergen Voegele, appelant à agir "maintenant".
"Toutes les migrations ne peuvent pas être évitées", a indiqué le vice-président de la BM. Mais "si elles sont bien gérées, les changements dans la répartition de la population peuvent faire partie d’une stratégie d’adaptation efficace, permettant aux gens à sortir de la pauvreté et construire des moyens de subsistance résilients", a souligné ce dernier.
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