Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
États Généraux de l’Environnement en Outre-Mer
7 novembre 2007

En mai 2008, la Guadeloupe accueillera une trentaine de scientifiques de la Martinique, de Guyane, de La Réunion à l’occasion des Etats Généraux de l’Environnement en Outre-Mer, préparés depuis près de 16 mois par le Collectif DOM. En parallèle mais aussi en complément du Grenelle de l’Environnement, ces travaux, conduits avec le concours de la population, devront déboucher sur des préconisations permettant d’adapter les politiques publiques aux enjeux environnementaux de l’Outre-Mer.
Protéger l’environnement, la biodiversité faunistique et floristique, les réserves halieutiques, l’agriculture, la santé publique dans des territoires insulaires qui doivent dans le même temps continuer leur développement économique, s’adapter aux changements climatiques, pallier aux énergies fossiles... nécessite expertises, projets innovants, volontés et accompagnement des politiques publiques. Dans le domaine des énergies renouvelables, de la recherche visant à l’autosuffisance énergétique, La Réunion a marqué la politique nationale de son empreinte. Dans son discours de clôture du Grenelle de l’Environnement, le Président de La République l’a d’ailleurs cité en exemple.
« L’Outre-Mer a été oublié »
Lors de la réunion régionale du Grenelle qui s’est tenu le 5 octobre au Parc des expositions à Saint-Denis, nombre d’intervenants ont néanmoins déploré le peu de temps imparti aux acteurs pour analyser l’application locale des propositions nationales. Un responsable de la Région Guyane est intervenu pour déplorer l’absence des autres DOM, le fait que les propositions locales ne soient pas entendues, estimant ainsi que « l’Outre-Mer a été oublié. » Depuis, après deux réunions de travail, les 3 et 30 octobre, avec les membres du Cabinet de Jean-Louis Borloo, Ministre de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables, le Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais (CollectifDOM) est désormais intégré au Grenelle. Le Docteur Léonide Célini, biologiste et chercheur à Paris XII ainsi que Jean-Jacob Bicep, géographe, secrétaires généraux adjoints du Collectif, participeront à son comité de pilotage en tant que représentants du monde associatif et de la société civile d’Outre-Mer. « C’est pour nous, la reconnaissance du travail mené depuis près de 2 ans par le Collectif », souligne l’un de ses vice-présidents, Charles Dagnet. En effet, depuis plusieurs mois, il travaille à la rédaction de propositions locales pour répondre aux enjeux environnementaux, propositions qui seront discutées lors des Etats Généraux de l’Environnement en Outre-Mer, en mai 2008 en Guadeloupe. Le Ministère de l’Ecologie a également accepté d’accompagner la mise en oeuvre de ce projet. Il aurait été plus cohérent de l’organiser avant le Grenelle pour que les politiques publiques intègrent les besoins spécifiques des DOM, mais selon Charles Dagnet, le Ministre de l’Ecologie accorderait que « tout s’est mis en place dans la précipitation. » Une précipitation qui ne peut néanmoins occulter les problèmes de pollutions au chlordécone (pesticide utilisé de 1981 à 1993 contre les charançons noirs des bananiers), aux hydrocarbures en Guadeloupe ; les conséquences de l’orpaillage clandestin sur le plateau des Guyanes, de la politique minière, des rejets de vinasses (résidus liquides de ladistallitaion du rhum) dans les rivières et baies antillaises, sans traitement préalable...
« On va donner la parole à la population »
« Effet de mode ? Aujourd’hui seulement, des élus locaux disent vouloir prendre le problème à bras le corps, alors que ces mêmes personnes n’ont rien fait depuis plus de 10 ans que le chlordécone tue, depuis plus de 30 ans de pollution industrielle », constate Charles Dagnet. Pour éviter que certains élus ne fassent des questions environnementales leur cheval de bataille électoral, les Etats généraux sont volontairement organisés après les échéances de mars. « Malheureusement, cela fait partie du jeu politique, mais on veut essayer de sortir de cette logique politicienne pour travailler de façon consensuelle, en associant les collectivités aux travaux mais surtout la société civile, explique Charles Dagnet. On ne demande jamais leur avis aux premiers concernés par la pollution, aux agriculteurs, aux citoyens. On va donner la parole à la population. » Le Collectif souhaite que ces Etats généraux sonnent le départ d’un travail dans la durée avec la société civile sur les questions environnementales. « Nous voulons que la population soit directement impliquée comme acteur du développement durable, qu’elle rencontre des scientifiques qui écouteront leurs préoccupations et y apporteront leur expertise », développe le vice-président du Collectifdom. Citant l’exemple de la pollution au mercure, de la déforestation qui fragilise les tribus indiennes, en Guyane, ce dernier précise qu’aucun pouvoir politique en place n’a réagi pour sensibiliser la population aux dangers sanitaires, pour interpeller le gouvernement. C’est donc aujourd’hui à la population d’être au coeur des débats et des décisions, d’être impliquée dans le projet de création d’observatoires locaux de l’environnement.
Chik : l’intervention de Gélita Hoarau au Sénat citée en exemple
« Après 20 ans d’activité, certains agriculteurs guadeloupéens ont du arrêté, du jour au lendemain, leur exploitation car leurs terres étaient empoisonnées. Ils n’ont eu aucun soutien, aucune compensation », déplore Charles Dagnet. « De la même façon, la dengue continue de tuer. La population n’est pas un cobaye. Elle a le droit aujourd’hui d’offrir son témoignage, d’être entendue, accompagnée. » Les travaux, dont le programme est encore en cours de préparation, débuteront avec cette référence à l’épidémie de chikungunya qui a touché La Réunion et à l’intervention de Gélita Hoarau qui avant même son explosion, sonnait l’alerte sur les bancs du Sénat. « Je me souviens parfaitement de cette intervention que j’ai conservée et que je vais citer en exemple », précise Charles Dagnet qui estime que la réponse du gouvernement face à la crise du chikungunya résume assez bien le sentiment ressenti par la population antillaise et guyanaise face aux pollutions. « Tous les problèmes ne sont pas résolus sur cette question. C’est pourquoi, l’on voudrait inviter des familles qui ont été touchées pour marquer les esprits. Attention, il ne s’agit pas de s’amuser, d’un coup médiatique, mais à travers le témoignage des victimes de mieux mesurer les conséquences de cet épisode épidémique pour agir en terme de prévention. » La jeunesse n’est selon Charles Dagnet pas assez sensibilisée aux gestes éco-citoyens, aux enjeux liés à la protection de l’environnement. La mise en place de modules de sensibilisation au sein de l’Education Nationale sera d’ailleurs proposée.
Quid du programme EDDE (Education au Développement Durable et à l’Environnement) largement développé à La Réunion ? N’est-il pas aussi mis en place aux Antilles, en Guyane ? « C’est encore très timide, avance Charles Dagnet. Il n’y a pas encore cette prise de conscience de la nécessité de changer les choses par l’éducation dès le plus jeune âge. »
Enrichir la réflexion nationale
Pas de date précise encore pour ces Etats Généraux de l’Environnement qui devrait fédérer une trentaine de scientifiques domiens. La plus forte délégation devrait venir de La Réunion soutient Charles Dagnet qui précise que « l’on prend les bonnes idées ou elles. » La Nouvelle-Calédonie, mais aussi des pays du Pacifique, souhaitent également participer aux travaux qui se tiendront vraisemblablement sur 5 jours avec une partie réflexion, une autre réservée aux visites de terrain et enfin une dernière aux préconisations. A noter que l’habitat insalubre est inscrit à l’ordre du jour, à la surprise du Ministère de l’Ecologie, qui ne fait pas le lien entre insalubrité, gestion des eaux usées, dégâts cycloniques... santé et environnement. « Tout le monde veut sa part dans le Grenelle, mais on veut surtout apporter des solutions aux gens », défend enfin Charles Dagnet. Apporter des solutions nécessite des fonds et le Collectif espère que ces Etats généraux permettront au gouvernement d’être plus réceptif aux besoins spécifiques de l’Outre-Mer, « formidable laboratoire dont les préconisations, au-delà de ses propres intérêts, pourront enrichir la réflexion et les politiques publiques en matière d’environnement. »
Stéphanie Longeras
Nos peines
In kozman pou la rout
Nouvelle illustration de la faillite du système néocolonial
Négociations internationales sur la lutte contre la crise climatique
Des aides publiques de la France possibles
Paris tombera-t-il dans le piège tendu par ceux qui veulent saboter le succès prévisible des prochains Jeux des îles aux Comores ?
Au lieu de reproduire la France, les Réunionnais devraient s’inspirer de Madagascar
Retour sur le séminaire organisé par la Section PCR de Saint-Denis
Conséquence de la crise et de la pénurie de logements sociaux
Condoléances du Parti Communiste Réunionnais
Face aux difficultés de trésorerie à cause des retards de paiement
À la veille de la manifestation organisée par des élus devant la préfecture