Environnement

Propositions du Sénat pour lutter contre la pollution plastique

Plusieurs amendements pour renforcer la législation

Témoignages.re / 5 mars 2021

La commission de l’aménagement du territoire du Sénat a adopté un texte visant à lutter contre la pollution plastique. Il s’agit notamment d’interdire les granulés en plastiques sur les terrains de sport. Par ailleurs, les mesures prises par le gouvernement pour lutter contre l’augmentation des déchets plastiques des plats livrés sont jugées insuffisantes car non contraignantes.

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« Traduction législative de propositions issues du rapport de référence de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST), la proposition de loi visant à lutter contre la pollution plastique déposée par Angèle Préville et plusieurs de ses collègues a été adoptée ce mercredi à l’unanimité par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable. Le texte, consolidé par plusieurs amendements, s’inscrit dans la continuité de la loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (AGEC), que la commission avait largement enrichi. (...)

Renforcement des obligations relatives aux fuites de granulés de plastique dans l’environnement, en contraignant les sites concernés à déclarer annuellement les pertes de granulés et à mettre en place des systèmes d’information par voie d’affichage pour sensibiliser les personnels sur les risques environnementaux associés (art. 1er), interdiction de l’ajout intentionnel de microbilles plastiques dans les détergents à compter du 1er juillet 2022 (art. 2) ou encore assimilation des lâchers de ballon de baudruche à l’abandon de déchets dans l’environnement (art. 3), telles sont les principales mesures de la proposition de loi.

La commission a également adopté un amendement interdisant l’emploi de granulés de plastique sur les terrains de sport synthétiques, mis en service à compter de 2026. Ces granulés sont responsables d’un rejet total annuel de 16 000 tonnes de plastique dans l’environnement à l’échelle européenne, à raison de 50 kilogrammes par terrain et par an.

Enfin, la commission a débattu de la nécessité de mieux lutter contre l’explosion des déchets de la restauration livrée, productrice de 600 millions d’emballages à usage unique par an, alors que le marché connaît une croissance forte (+ 30 % par an), accélérée plus encore par la pandémie de Covid‑19. Si l’initiative récemment portée par le Gouvernement, sous la forme d’une charte avec les acteurs du secteur, peut être saluée, on peut s’inquiéter de son caractère non contraignant et de son manque d’ambition à moyen terme, notamment concernant le réemploi des contenants.

Ce sujet pourra faire l’objet d’un approfondissement dans le cadre des travaux sur le projet de loi « Climat », et le cas échéant, d’un complément au texte qui sera transmis à la commission par l’Assemblée nationale. »