Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Saint-Denis : Un projet dionysien à risques
10 mai 2004

Depuis de nombreuses années, la ville de Saint-Denis veut récupérer son front de mer afin de faciliter son accès par la population. Auguste Legros avait présenté un projet d’aménagement. Paul Vergès, à l’époque vice-président du Conseil régional, avait proposé un projet au maire Michel Tamaya, qui en a présenté un autre. Celui-ci était basé sur la construction d’un tunnel et la réalisation d’un port de plaisance. René-Paul Victoria vient, à son tour, de faire connaître sa vision d’aménagement du littoral de sa commune. Elle consistera en la création d’une plage.
Dès l’annonce de ce projet, tout le monde est allé de son commentaire. Pourtant, une certaine prudence devrait s’imposer.
En effet, un fait est désormais incontestable : la planète va connaître un profond changement de climat par un réchauffement généralisé. On commence à évaluer les conséquences qui en résulteraient. Il est admis que le niveau de la mer devrait monter, plus particulièrement dans l’hémisphère Sud. Dans le même temps, les cyclones devront devenir plus nombreux et plus intenses.
La prise en compte de ces risques est relativement récente. Elle va compliquer la recherche d’une solution alternative à la route du littoral. Elle laisse planer une menace sur bon nombre de structures hôtelières ou touristiques de la région Ouest (les hôtels “pied dans l’eau”, notamment). Notre voisine, l’ïle Maurice, s’inquiète de l’avenir de sa politique touristique construite autour de ses plages.
C’est dès les prochaines décennies que devraient commencer à se faire sentir les effets que nous décrivons plus haut. Dans ces conditions, va-t-on se lancer dans la réalisation d’un tel projet sans, au préalable, faire jouer le principe de précaution ? Est-on assuré que la future plage artificielle de Saint-Denis ne sera pas balayée quelques décennies après sa création par une mer dont le niveau aura monté ou par un cyclone dévastateur ? Ce même principe devrait s’appliquer à tous les projets que plusieurs communes de l’île comptent réaliser sur leur littoral.
La création d’un observatoire sur les changements climatiques pour les petites îles et, plus particulièrement, pour celles qui sont situées en zone tropicale devient une urgence. Pas seulement pour mesurer les effets du phénomène annoncé sur les données météorologiques ou maritimes mais aussi dans des données comme la santé, l’agriculture ou l’aménagement du territoire. La rencontre qui sera organisée prochainement à Maurice sur le thème des changements climatiques et des îles devrait certainement avancer sur cette problématique.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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