Convention de partenariat entre la Chambre de métiers et la société CRMM

Un pas de plus vers la protection de notre environnement

26 août 2004

Afin de permettre aux artisans de se mettre en conformité avec la réglementation des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) qui régit les activités de stockages de métaux et de Véhicules hors d’usage (VHU), la Chambre des métiers et la société CRMM ont paraphé hier une convention de partenariat pour la reprise de ces déchets à prix préférentiel.

Selon la loi du 15 juillet 1975, chaque producteur ou détenteur de déchets est responsable de leur élimination. Il est ainsi tenu d’en assurer ou d’en faire assurer son élimination, sachant que les déchets dangereux doivent être déposés et traités dans des installations spécifiques. À noter également que depuis le 1er juillet 2002, la loi a prévu la fermeture des installations de stockage des déchets non ultimes, à savoir, les décharges actuelles.
À La Réunion, les véhicules hors d’usage et autres carcasses stockées chez les garagistes et autres casseurs étaient évalués à prés de 13.000, en 2000, pour un volume de 5.200 tonnes de ferraille. Un secteur sensible qui appelle à une mobilisation des entreprises artisanales, comme des collectivités, déjà investis dans le tri, le recyclage et la valorisation des déchets.

Assainir le passé et préserver l’avenir

Le projet de Noël Law-Pang, de la société CRMM, s’inscrit dans une véritable démarche de développement durable et de protection de l’environnement, car il offre "l’opportunité de nettoyer notre île de son stock historique de carcasse automobile", comme le souligne son instigateur.
Face à la forte demande mondiale de déchets métalliques, la société CRMM en partenariat avec les usines de sidérurgie, a pu bénéficier de tarifs sur les métaux recyclables et conditionnés intéressants. Partant de ce constat, Noël Law-Pang a répondu à l’appel à projet lancé par la Région et l’Europe s’agissant du traitement des déchets. Grâce à l’enveloppe de 300.000 euros du Conseil régional, sa société a pu acquérir le matériel pour conditionner les déchets métalliques selon les normes de traitement et de dépollution en vigueur. D’où l’idée de la société de proposer aux professionnels de l’automobile de rapatrier leurs carcasses jusqu’à son site de Sainte-Marie à des tarifs préférentiels, soit 150% moins cher que vers des centres d’enfouissement.
Avec 25 conteneurs acheminés tous les 10 jours vers l’Inde, l’Afrique du Sud, le Pakistan, Dubaï (Émirats arabes unis) et avec une forte demande de l’Extrême-Orient, Noël Law-Pang estime que ce marché est "bon pour l’avenir de l’île et de la filière", qui si elle s’inscrit dans une démarche participative massive, pourra y trouver ses avantages. La collaboration et le comportement responsable de chaque artisan seront les seuls facteurs de réussite.
Jocelyn de Lavergne, président de la Chambre de métiers, parle d’un partenariat "gagnant / gagnant". Il souligne le "travail considérable" déjà accompli par les pouvoirs publics, les collectivités locales et les communautés de communes et d’agglomérations, précisant qu’"il est temps que les professionnels prennent le relais et assument maintenant leur part de responsabilité".
La Mission Environnement de la Chambre de métiers est disposée à accompagner ses ressortissants techniquement et réglementairement pour les informer de leurs obligations législatives, tout comme elle n’exclut pas la mise en œuvre d’autres initiatives du même genre avec d’autres opérateurs et partenaires.

Estéfany


Prise de conscience et volonté partagée

Il existe à La Réunion trois sites répertoriés pour les dépôts de véhicules hors usages. Cependant, à l’exception de la société CRMM, les autres ferrailleurs ne sont pas équipés pour dépolluer les véhicules, préalable indispensable à l’exportation. Contrairement à la Métropole, il n’existe pas d’industrie locale qui utiliserait les carcasses comme matière première. Le traitement des déchets est plus coûteux pour les entreprises locales.
Malgré cela, La Réunion entreprend des initiatives exemplaires. Le problème des déchets représente un héritage lourd à traiter et qui nécessite du temps et une volonté partagée.
Raymond Lauret, vice-président du Conseil régional, soulignait hier que la Région demande aux communautés d’agglomérations de gérer avec cohérence le problème des déchets, à l’échelle de leur territoire. Elle participe d’ailleurs à hauteur de 75% aux frais de ramassage des carcasses et ordures métalliques sur ces communautés. "Avec le partage de notre île en cinq intercommunalités, nous sommes amenés à multiplier les usines pour désengorger le réseau routier, à décentraliser les points de traitements", souligne l’élu régional. Il rappelle que la plate-forme provisoire de Saint-Pierre permettra prochainement de désengorger la zone Ouest de ses déchets métalliques, zone la plus productrice de déchets artisanaux, soit 107.561 tonnes par an. Les défis se suivent sans se ressembler, seul l’enjeu principal demeure : l’avenir de La Réunion.


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus