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18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Le Pole Océan fait des remous à Saint-Denis
20 août 2004

La Confédération générale des Petites et moyennes entreprises (CGPME), l’Organisation régionale des PME et le Syndicat des commerçants de La Réunion dénoncent ensemble les incohérences et les risques du projet Pôle Océan de Saint-Denis.
Colère et grogne se manifestent face à ce projet qui, selon eux, sert avant tout des intérêts privés et n’offre aucune perspective d’urbanisation commerciale cohérente et pérenne pour le centre-ville dionysien.
Au vu d’un projet d’une telle dimension, aux chiffres "assourdissants", Éric Magamoutou, vice-président de la Confédération générale des Petites et moyennes entreprises (CGPME), estime qu’il est difficile d’exprimer des critiques sans se présenter comme un opposant à la municipalité, sans faire de la politique ou encore sans paraître réfractaire au changement.
"Nous ne refusons pas le progrès, mais nous voulons avancer en sachant qui nous sommes et serons demain(...). L’enjeu est trop important". Alors que la marche en avant des "grands dinosaures de la distribution" a ralenti depuis trois, quatre ans, laissant poindre un "commencement de rééquilibrage" en faveur des petits commerces, Éric Magamoutou estime que ce projet démesuré ne correspond pas à une démarche de revitalisation du centre-ville, de rénovation des bâtis déjà existants, mais s’apparente plus à "une bombe atomique".
Il félicite par ailleurs les villes du Port et de Saint-Pierre qui ont su utiliser les outils et moyens financiers mis à leur disposition dans le cadre du Programme de renouvellement urbain (PRU) pour rénover l’existant. Neuf communes de l’île sont d’ailleurs signataires d’un PRU.
D’autres outils sont également à la disposition des décideurs, comme le Plan local d’urbanisme (PLU), qui permet d’avoir une vision fonctionnelle de la ville pour mieux en répartir les espaces, et le Schéma de cohérence territoriale (SCOT). Selon Éric Magamoutou, ils ne sont pas mis à profit par la municipalité de Saint-Denis : "Il y a télescopage des outils, on ne peut pas faire un PLU et un SCOT en même temps".
Le SCOT de Saint-Denis est délégué par voie de compétence à la communauté de commune de la CINOR (Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne), dont les projets et objectifs en matière d’urbanisme ne sont pas connus, alors que dans le même temps le PLU, et donc le projet Pôle Océan, s’impose déjà, sans concertation, "en autarcie". "On est face à un sérieux problème de cohérence", déplore le représentant de la CGPME qui parle également d’"un manque de vision de développement économique conciliant identité et modernité".
Un projet où semble prédominer, pour les intervenants rassemblés, l’aspect financier et les intérêts privés. L’étude prévisionnelle parle déjà de 90 millions d’euros de chiffres d’affaires annuels, pour un investissement de 200 millions d’euros, et un impact négatif de 10% pour le cœur de la ville. Ce projet de dimension régionale provoquerait une "explosion" des commerces situés dans le bas de la ville et une "fossilisation" de ceux du haut, sans parler de "l’impact qui ira bien au-delà de la capitale", confirme Éric Magamoutou. "Nous sommes en colère face à un projet qui se dit d’intérêt public, mais qui menace l’intérêt général et la cohésion sociale, tel qu’il se présente".
Les 2.500 commerces dionysiens, qui emploient 7.150 salariés, se disent prêt à évoluer, mais en fonction de leur dimension économique et de leur capacité financière. "Il faut des franchises", concède Éric Magamoutou, "mais il faut aussi préserver notre savoir-faire".
"Il faut remettre de l’ordre dans ce dossier", insiste le représentant de la CGPME qui estime que "le politique doit reprendre sa place et imposer sa vision du développement de la ville, au coté de ses acteurs économiques et non à leur détriment". C’est pourquoi, représentants des petites entreprises et des commerçants sont prêts, si la concertation n’aboutit pas, à entamer "une guerre de tranchée, une bataille juridique et à faire le pari que ce projet ne se fera pas".
En effet, la réglementation de l’urbanisme pourrait, en reconnaissant le préjudice que causerait un tel projet sur les commerces attenants, donner raison aux revendications unanimes des opposants au Pôle Océan, comme ce fut le cas dans le passé à Pierrefonds. Ils attendent également le rapport de l’Observatoire départemental de l’équipement commercial qui doit être rendu en fin d’année.
Le président de l’Organisation régionale des Petites et moyennes entreprises, Abdoul-Khalee Dessei, se dit prêt à prendre son bâton de pèlerin pour défendre son héritage et soutenir les quelques 55 expropriés dans le même cas. Il incite chacun à participer à l’enquête publique qui sera bientôt instaurée pour le PLU et à manifester son désaccord. "C’est un projet mortifère pour la ville. Nous n’en voulons pas".
Estéfany
Où en est le P.R.U. de Saint-Denis ?
Saint-Denis, comme les autres communes qui le souhaitent, dispose d’un Programme de renouvellement urbain (PRU), véritable outil de rénovation urbain.
Selon Martine Beaudron, vice-présidente de l’Association des commerçants dionysiens, qui a participé aux séances de travail durant neuf mois pour établir les objectifs du PRU en 2001, celui-ci n’est toujours pas mis en place. Il prévoyait un volet environnemental, un remodelage des transports et des constructions, mais les rénovations de façades inscrites dans le PRU, bien que les fonds aient été accordés, n’ont toujours pas été réalisées. Et comme l’accomplissement des premiers objectifs retenus est nécessaire pour poursuivre le PRU, celui de Saint-Denis est en latence.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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