Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
27 février 2007

A Saint-Denis, 3 centres d’hébergement ont été ouverts : un à la Montagne, un au premier étage du Grand-Marché, le dernier au gymnase de Deux-Canons. Selon Patrice Payet, le Directeur adjoint du Centre Communal d’Action Sociale de la ville, il faut ouvrir le moins de centres possible en dehors des 2 habituels que sont celui du Grand-Marché et celui des Deux-Canons. En effet, un tel souci s’explique par le fait que la logistique ne doit pas multiplier les chances de connaître des accidents de la circulation en desservant en vivres les différents lieux d’hébergement. Cependant, du fait des nombreux dégâts provoqués par les intempéries sur la route de la Montagne, un centre a dû être ouvert dans ce quartier. Des trois, c’est celui qui a reçu le moins de monde. Situé au CASE de Saint-Bernard, il a accueilli moins de dix personnes au cours des deux nuits de samedi et dimanche.
Le second centre, en termes de population, a été le gymnase des Deux-Canons. Il a été ouvert du samedi à 13h au lundi midi. Le premier jour, sept personnes sont venues s’y abriter. Le second, il y avait vingt-quatre personnes dont six enfants. Ce qui a étonné Patrice Payet, c’est le faible nombre des Dyonisiens dans le nombre total. En effet, sur les vingt-quatre personnes, il n’y a eu que deux familles de Saint-Denis. Le reste a été notamment constitué de personnes se trouvant à un mariage à la Bretagne dont les organisateurs ont préféré annuler la tenue de la fête. En outre, deux personnes en provenance de Mayotte, des touristes, ont été orientées directement par l’aéroport vers le gymnase.
Lors de Diwa en 2006, 46 personnes avaient trouvé refuge dans cet endroit. La plupart des personnes venaient de Saint-Denis. Au lieu de 2 jours comme dans le cas présent, elles étaient restées deux fois plus longtemps. Il faut dire que la crue de La Rivière des Pluies expliquait grandement leur présence aussi longue. On se rappelle en effet que, l’année dernière, à l’îlet Quinquina, de nombreuses maisons avaient été endommagées ou détruites par les eaux en furie. Pour M. Payet, il faut y voir également les mesures prises par la mairie afin que les maisons dans lesquelles les gens vivent soient sécurisées.
Prévoyant une possible prolongation du cyclone au-delà du week-end, Patrice Payet et le Directeur du CCAS, Christophe Hoareau ont assuré l’accueil et la prise en charge des personnes en besoin afin de soulager le personnel.
Enfin, concernant le troisième centre, il était spécialement dévolu aux Sans Domicile Fixe (SDF). Il a été fermé dès 6 heures du matin, lundi, en relation avec la levée de l’alerte rouge. La première nuit, 35 personnes ont trouvé un abri. Le soir suivant, la population a augmenté de dix membres. L’afflux supplémentaire a été notamment provoqué par une orientation en ce sens des pompiers ou des policiers. Six personnes du CCAS les ont accueillis et pris en charge.
Lors de Diwa, soixante personnes y avaient trouvé refuge. Là, la population était moins importante d’un quart. En outre, l’Espace Dionysien de Solidarité Insertion EDSI, situé ruelle Turpin dans le quartier du Butor sert, à la fin du mois jusqu’à cent vingt personnes les midis de la semaine. Comment expliquer un tel écart ? Tout d’abord, selon Patrice Payet, le nombre de SDF au début du mois n’est que d’une quarantaine de personnes quand les gens touchent le RMI. Là, on a vraiment affaire au noyau dur de la misère. Puis, au fur et à mesure que le RMI est dépensé au cours du mois, le nombre des personnes profitant d’un repas à l’EDSI monte jusqu’à atteindre cent à cent vingt personnes. Il faut donc différencier entre les SDF qui sont à la rue et les gens qui ont un chez eux mais qui n’ont pas d’argent. En outre, il y a des SDF qui ne rejoignent pas les centres parce qu’ils préfèrent rester dehors.
Une famille dionysienne se livre
Un père, une mère avec leur enfant de moins de 1 an ont accepté de témoigner pour nous, tout en souhaitant rester anonyme. Logés dans le centre-ville de Saint-Denis, ils sont arrivés vers 23h au gymnase des Deux-Canons. En effet, leur feuille de tôle ne tenait pas. La pluie s’engouffrait de façon massive dans la cuisine. Ils ont alors appelé les pompiers qui les ont amenés au centre. D’après leur témoignage, ils ont indiqué avoir reçu un très bon accueil. En outre, ils avouent avoir été agréablement surpris par la propreté des lieux. Les repas étaient chauds et « ils étaient même bons ». Certes, ils n’ont pas eu grand-chose à faire toute la journée de dimanche, mais ils en ont profité pour se reposer. Quant au bébé, il semblait se soucier du cyclone, de l’affairement qui régnait dans le gymnase ou de notre reportage, comme d’une guigne...
MD
Entretien avec Mme Euphrasie
Mme Euphrasie, vous êtes employée municipale à l’école primaire Philippe Vincent à La Montagne. Dans quel état avez-vous trouvé l’école ce matin en arrivant ?
- A l’intérieur, je ne peux que parler pour le réfectoire. Il n’a pas connu trop de dégâts. Il y a bien eu trois plaques de faux plafonds qui sont tombés. Sinon, des feuilles ont obstrué les vitres et les nacos. Par contre, à l’extérieur, il y avait des branches partout.
Dans quelle situation vous-trouvez vous ?
- Il y a de l’électricité, de l’eau courante, et de l’eau Edena a été livrée pour que les enfants puissent en boire.
Avez-vous été nombreux à travailler aujourd’hui ?
- Oui, les cantinières et les surveillantes sont venues, comme d’habitude. Elles ont vérifié l’état général. Elles ont tout rangé pour la rentrée de demain.
Pensez-vous que, demain (aujourd’hui), les élèves devraient retourner en classe ?
- Pour moi, non. Avec le temps, la pluie, le vent tellement forts, c’était trop tôt pour lever l’alerte rouge dès lundi matin.
Nos peines
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