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Excès de protéines animales dans les assiettes des enfants en France
5 décembre 2017

Entre deux et six fois trop de protéines sont servies dans les cantines scolaires par rapport aux recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES). Partant de ce constat accablant, Greenpeace France a publié hier une enquête qui démontre comment les représentants des filières viande et produits laitiers influencent les recommandations officielles de l’Etat en matière d’achat pour la restauration scolaire. Et surtout comment l’Etat laisse faire ces lobbies.
Les recommandations nutritionnelles officielles sont définies au sein du Programme National Nutrition Santé (PNNS). Ces recommandations sont ensuite traduites par le Groupe d’Etude des Marchés - Restauration Collective et Nutrition (GEM-RCN) qui conseille les acheteurs de la restauration collective sur la quantité de viande rouge, viande blanche, fromage, yaourts… que consomment chaque midi les enfants.
« Or, en regardant de plus près ce fameux GEM-RCN, on se rend compte que les représentants de l’Etat et les scientifiques sont absents, ceux des filières végétales et qualité, comme le bio, en minorité face aux représentants des filières viande et produits laitiers. Enfin, les nutritionnistes, la plupart bénévoles, pèsent bien peu par rapport aux lobbyistes professionnels de l’agroindustrie », déclare Laure Ducos, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace France. « Résultat : Les enfants se retrouvent à la cantine avec des quantités de protéines animales démesurées, qui n’ont plus rien à voir avec les recommandations nutritionnelles scientifiques ».
En parallèle, les représentants des filières viande et produits laitiers interviennent directement dans les classes : kits pédagogiques dédiés à la jeunesse, distribution de goodies (comme des tatouages « Parce que je le veau bien » ou « Le bœuf, c’est la teuf » distribués par l’Interprofession du bétail et des viandes, Interbev), tout est bon pour promouvoir toujours plus la consommation de viande et de produits laitiers.
« Recréer un lien avec l’alimentation est primordial chez les jeunes générations », continue Laure Ducos. « Mais cela doit être fait de façon objective. On ne peut pas laisser des représentants d’intérêts privés manipuler l’esprit des enfants et les laisser promouvoir ce mythe qu’il faut consommer encore et toujours plus de protéines animales ».
Contrairement aux idées reçues, la surconsommation de viande et de produits laitiers peut avoir un impact très néfaste sur la santé, notamment celle des enfants, entraînant des risques de surpoids et obésité. Chez l’adulte, l’alimentation d’aujourd’hui, riche en graisses et centrée autour d’aliments d’origine animale, a entraîné une augmentation des maladies chroniques d’origine nutritionnelle comme le diabète.
Côté climat, l’élevage a des conséquences directes sur le changement climatique, étant responsable de plus de 14 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales. L’élevage industriel détériore les ressources en eau en perturbant les équilibres et en polluant les cours d’eau, et il est également responsable des 2/3 de la déforestation en Amazonie brésilienne. Il existe pourtant des modes de production écologiques, et des élevages qui rendent de nombreux services écosystémiques.
Greenpeace France demande au Président Emmanuel Macron l’encadrement des lobbies de la viande et des produits laitiers dans les instances de décisions et surtout l’interdiction de leur intervention dans les écoles. L’organisation demande également au président d’introduire deux repas végétariens par semaine dans les cantines scolaires d’ici à 2020.
« Il est très important que le repas servi à la cantine soit représentatif de ce qui est bon pour la santé et bon pour la planète, explique Laure Ducos. Donc moins de viande, plus de protéines végétales, le tout de meilleure qualité avec du bio et du local, bien cuisiné pour que ça plaise aux enfants ». Une pétition a été lancée aujourd’hui en ce sens.
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