Les TICs à La Réunion

Innovation et expertise à La Réunion

L’actualité de la Technopole

Témoignages.re / 3 août 2006

Dans son dernier numéro, “Actu Technopole de La Réunion” donne un coup de projecteur sur des réalisations issues de l’innovation réunionnaise.
C’est tout d’abord Archirun, première entreprise “incubée”, qui propose des services d’archivage sécurisé que l’on peut résumer par le concept de “coffre-fort numérique”. C’est ensuite le projet d’un pôle de compétitivité “Maîtrise des énergies - Énergies renouvelables” à La Réunion sur lequel travaille différents partenaires. Il se situe dans un contexte de rencherissement de l’énergie et de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. C’est aussi le cas d’un autre projet qui vise à favoriser la fabrication d’éthanol dans la grande île. Dans la perspective de créer cette nouvelle filière, les Malgaches souhaitent solliciter l’expertise du monde sucrier réunionnais.
Nous avons estimé utile de porter à la connaissance de nos lecteurs ces quelques initiatives qui montrent le dynamisme de La Réunion.

o Le numérique au secours des archives

Première entreprise incubée à La Réunion, Archirun est désormais en plein développement de ses services innovants.
L’archivage numérique, mais aussi la notion de tiers de confiance et même le coffre-fort électronique sont des outils novateurs dont la dimension juridique est particulièrement étudiée dans cette entreprise afin de fournir à ses clients une approche totalement d’avant-garde. En effet, malgré la mise en marche de la dématérialisation des documents, les normes et certifications nationales et européennes en sont à leur balbutiement. Jean-Louis Pascon, co-rédacteur de la norme Afnor de l’archivage en ligne et par ailleurs associé d’Archirun, a présenté les techniques et les enjeux de ce type de services lors d’une conférence co-organisée par Archirun, la Technopole et l’Agence de Développement de La Réunion. Reb Brochet, le créateur de l’entreprise, a d’ailleurs profité de l’occasion pour rappeler les difficultés de création d’entreprises innovantes et l’importance de l’accompagnement. Dans le cas d’Archirun, l’aide de l’incubateur sur les validations techniques et juridiques, l’étude de marché et le business plan, tout comme l’aide de l’AD sur l’optimisation fiscale et l’approche marché avec enfin le soutien de la Technopole pour l’implantation sur le Parc Technologique de Saint-Denis ont permis de limiter ces difficultés. Un partenariat concret au service de l’entreprise et de la diffusion d’une technologie qui n’en est qu’à ses débuts d’application.

o Projet d’un pôle de compétitivité MDE ENR à La Réunion

"Mais pourquoi l’Ile de La Réunion, où la recherche et le développement de la filière énergie (solaire, éolien, etc...) est important, ne développe-t-elle pas un pôle de compétitivité énergies renouvelables ?". La question était posée en 2005 par un éminent membre du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique) à la Technopole de La Réunion. D’autres se la posaient aussi, y compris les pôles du secteur en métropole.
Dès lors, lorsque le Conseil régional a souhaité étudier la faisabilité et la dynamique possible sur un tel projet, la Technopole a pris la température des acteurs, et le premier bilan est sans appel : unanimité des entreprises et des chercheurs sur un tel outil. Car il s’agit bien de cela, d’un outil de financement, mais aussi de réseau, de mise en relation de la recherche et des entreprises, d’optimisation scientifique de la R&D privée. Plusieurs financements ne sont désormais accessibles aux entreprises et aux laboratoires que si leurs projets sont labellisés par un pôle. Dès lors, La Réunion se trouve face à deux choix : soit elle développe des projets qu’elle soumet à la labellisation d’autres pôles de métropole, soit elle développe l’outil localement et bénéficie pleinement des retombées en termes d’image mais aussi de mise en réseau local sans pour autant écarter les collaborations avec des entreprises, des laboratoires et des pôles hexagonaux voire internationaux (NDLR - d’autres outils similaires existent en effet dans d’autres pays). C’est pourquoi, sans attendre, un groupe de travail a signé à Perpignan le 8 juin dernier, un protocole d’accord avec le pôle de Languedoc Roussillon, DERBI (Développement des Énergies Renouvelables dans le Bâtiment et l’Industrie) pour un partenariat administratif pour le montage du pôle à La Réunion et pour les projets qui s’y inscriront. L’objectif est désormais de contracter le même type d’accord avec les deux autres pôles et de rassembler l’ensemble des acteurs de la MDE (Maîtrise de l’Énergie) et des ENR (Énergies Renouvelables) pour qu’ils décident ensemble de la stratégie et des moyens à mettre en œuvre. Le groupe de travail s’est élargi et officialisé.
Objectif : élaborer un dossier comprenant d’importants projets de R&D avant mi-septembre 2006.

o RTPI* : Madagascar et l’éthanol

56,34 euros le baril (158,97 litres) de pétrole en juin 2006 contre 20 en janvier 2002 (et 10 en 1994 !). La flambée des cours et les estimations qui fixent une moyenne à 63 euros en 2006 avec un possible pic à 67 (Source Oleocene), le problème des énergies alternatives se pose de façon plus cruciale et urgente que jamais. Les déclarations de l’État français début juin ont affirmé la volonté politique de prévenir une crise majeure et une dépendance devenue intolérable. Les réponses des betteraviers et des constructeurs automobiles ont confirmé la possibilité technologique et économique de s’engager dans cet objectif dès cette décennie. Très en pointe sur ces technologies et déjà producteur d’éthanol (biocarburant extrait des céréales, des betteraves ou de la canne à sucre), l’Inde a fait le choix de se positionner sur cette filière et a développé des technologies qu’il exporte sur l’océan Indien et l’Afrique. C’est ainsi que la Chandni Oil Company s’est créée à Maurice et a commencé son développement notamment en proposant sa technologie à Madagascar. Dans la grande île, le gouvernement, mais aussi des opérateurs privés, soutenus par la Banque Mondiale et des bailleurs de fonds européens, se positionnent. La pose de la première pierre d’une usine du groupe industriel GEAR a eu lieu en mai dernier, et les opérateurs technique, économique et financier ont présenté leur projet de développement lors d’une conférence organisée par la Technopole dans le cadre du RTPI*. Sur un plan purement technique, les Indiens souhaitent diffuser certaines de leurs technologies de pointe dans les domaines de l’environnement sur tout l’océan Indien, y compris à La Réunion, et les opérateurs malgaches souhaitent bénéficier de l’expérience et de l’expertise du monde sucrier réunionnais pour lancer sa filière canne à visée de production d’éthanol. Par ailleurs, un appel à partenariats financiers a également été lancé pour d’éventuels investisseurs par la société GEAR.
Pour en savoir plus, contacter la Technopole de La Réunion à courrier@technopole-reunion.com ; Tel : 0262-90-71-80

*Réseaux des Technopoles, business et science Parks et Incubateurs, présidé actuellement par la Technopole de La Réunion.

o Maîtrise de l’énergie  : un impact économique pour l’entreprise

L’été arrive avec l’augmentation des températures et un besoin croissant d’avoir recours à la climatisation dans les bâtiments. La climatisation est un secteur gourmand en énergie puisqu’il représente :

58% de la consommation d’un bureau

60% de la consommation d’un centre hospitalier

44% de la consommation d’un hôtel

30% de la consommation d’un commerce (en plus des 40% liés au froid alimentaire)
Pour optimiser sa consommation d’énergie tout en conservant un confort thermique réel, il n’est pas nécessaire de bouleverser l’activité, ni d’engager un investissement démesuré. L’exemple mené chez Leader Price de Savannah en 2005 en témoigne. Inset et Imageen, adhérents de la Technopole de La Réunion et résidents du Parc Technologique de Saint-Denis, ont mené cette action avec un co-financement de I’ADEME et d’EDF. Extrait choisis de cette expérience :

Caractéristique du site : Surface de vente d’environ 1.000 m2 ; Façades principales du magasin orientées NO et SE ; Mitoyenneté sur les 2 autres façades ; Magasin non isolé ; pas de climatisation.
Problématique : Températures intérieures trop élevées ; Rayonnement solaire direct au niveau des caisses ; Consommations énergétiques importantes pour le maintien des températures dans la zone des produits frais.
Actions préconisées par le BE

- Mise en œuvre d’une isolation de toiture de type ISOBUL.

- Mise en œuvre d’un auvent fixe ou mobile au-dessus des ouvrants vitrés de la façade NO.

- Mise en œuvre d’un rideau d’air afin de minimiser l’apport d’air chaud venant de l’extérieur.

- Isolation des bardages tôles muraux des façades SE et NO.

- Extracteurs muraux ou de toiture afin d’extraire l’air chaud et de créer une vitesse d’air.
Actions réalisées

- Mise en œuvre d’une isolation de toiture (mousse polyuréthanne de 60 mm)

Investissement : 56.050 euros HT

- Mise en œuvre d’un auvent fixe (auvent métallique de longueur 1,50 mètre).

Investissement 2.826 euros HT
Impact attendu :

- zone produits frais : baisse de 5 à 8’C
Impact réel

- zone produits frais : baisse de 3 à 4’C

- zone surface de vente : baisse de 3 à 7’C

- zone surface de vente : baisse de 2 à 6’C

- zone de caisse : baisse de 2 à 4’C

- zone de caisse : baisse d’environ 4’C

Cette étude et ces travaux auront permis d’éviter la mise en œuvre d’une installation de climatisation du magasin. Clients et employés sont satisfaits des conditions de confort thermique à l’intérieur du magasin.

- Puissance estimative évitée : 45 kW

- Consommation estimative annuelle évitée : 130.000 kWh/an

- CO2 évité annuellement : 83 tonnes
Un exemple qui témoigne de l’enjeu pour La Réunion mais surtout pour l’entreprise : 130.000 kWh économisés par an pour un investissement de 69.392 euros HT.