Les TICs à La Réunion

Quelles réponses aux besoins diversifiés de la zone

Témoignages.re / 20 février 2007

Monsieur Guy Rapanoël, Directeur du Centre Régional Associé du CNAM de La Réunion, revient ici sur la participation des centres CNAM de l’Océan Indien aux Assises Nationales et répond aux questions de Christine Niox-Château, Chargée de mission à l’ARTIC.

Christine Niox-Château : Pourriez vous nous rappeler les missions principales du CNAM à La Réunion ?

- Guy Rapanoel : Le CNAM est un Grand Etablissement Public, à caractère scientifique, culturel et professionnel. Il est placé, comme toutes les universités, sous la tutelle du ministère chargé de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Quel que soit le pays et quelle que soit la région où il s’implante, il doit remplir une triple mission :

- la formation professionnelle des adultes ;

- la recherche technologique et l’innovation ;

- la diffusion de la culture scientifique et technique.
Ces trois missions peuvent se résumer par la devise que son fondateur, l’Abbé Henri Grégoire, a fait adopter en 1794 : « Docet omnes ubique (enseigner à tous et partout) »

Comment celui-ci s’inscrit-il dans le paysage réunionnais mais également dans la zone Océan Indien ?

- La démocratisation de l’enseignement supérieur s’est traduite de cinq manières différentes :

- l’accueil des non-bacheliers dans les cursus proposés ;

- la reconnaissance des compétences par les procédures de validation des acquis ;

- des coûts de formation adaptés au niveau de vie de chaque pays avec la possibilité d’exonération partielle ou totale des droits accordée par le directeur régional aux personnes qui rencontrent des difficultés ;

- la participation active du CNAM de La Réunion à la Faculté des Autodidactes et des Cadres (FAC), une association qui vient d’être créée et dont les objectifs sont l’insertion professionnelle et la promotion sociale ;

- l’implantation de sept centres d’enseignement dans les villes de la zone : deux à La Réunion, trois à Madagascar, un à Maurice, et un à Mayotte.

Pourriez-vous nous préciser l’importance du développement des TIC au service de la formation professionnelle supérieure ?

- Pour nous, le développement des TIC est indissociable de celui de la formation professionnelle supérieure car l’enseignement à distance permet de rompre le temps et l’espace et le CNAM est la première université européenne dans l’enseignement à distance.
On peut travailler et suivre les cours de chez soi et à n’importe quel moment. En particulier, les salariés n’ont plus besoin de se déplacer ni de prendre sur leur temps de travail pour se former grâce à nos studios de cours virtuels qui permettent de diffuser les formations en “présentiel” interactif distant.

Quels sont les besoins dans notre zone et sont-ils différents de ceux des autres centres régionaux métropolitains ?

- Nous avons signalé aux représentants de l’établissement public nos spécificités lors des Assises de décembre 2006. Les auditeurs du CNAM ne peuvent pas se déplacer d’une île à l’autre pour assister aux séances de regroupement, contrairement à ceux des centres de métropole. La formation en “présentiel” distant est donc pour nous une contrainte que nous souhaitons transformer en opportunité par la mise en place d’un laboratoire de recherche sur l’ingénierie de formation à distance.

Qu’attendez-vous de ces Assises Nationales du CNAM et qu’est-il ressorti ?

- L’Etablissement Public a été sensibilisé à nos spécificités et a promis de prendre les mesures nécessaires afin que nous puissions poursuivre notre développement dans la zone. Par ailleurs, le partenariat avec les entreprises aussi bien au niveau local que national doit être renforcé. C’est la condition pour pérenniser un centre CNAM et l’Assemblée Générale du CNAM de La Réunion a pris conscience de cette coopération incontournable depuis l’année dernière.

Prévoyez-vous prochainement une rencontre avec les acteurs locaux et quels sont vos projets ?

- Nous avons recruté des développeurs qui sont en contact permanent avec les entreprises afin de recenser leurs besoins et éventuellement de les assister à mieux formuler leur demande.
Nous organisons des journées portes ouvertes les 21, 22 et 23 février 2007 afin de sensibiliser tout le public de la formation continue (demandeurs d’emploi et salariés) avec des animations spéciales dédiées aux entreprises.
Nos projets peuvent être déclinés en 2 points :

- de nouvelles formations seront mises en place à partir de la prochaine rentrée universitaire. Elles concernent le BTP, l’énergie renouvelable, la création et le développement des PME. Nous restons aussi à l’écoute des entreprises car nous sommes capables de déployer des formations concernant 350 métiers.

- de nouveaux centres seront créés pour nous rapprocher de la population :
→ Le Président des Seychelles qui a visité nos studios de cours en décembre 2006 est convaincu qu’il s’agit là d’un outil qui peut pallier l’absence de l’université.
→ Le Président du Sénat de Madagascar a officiellement demandé au CNAM d’ouvrir trois nouveaux centres avant la prochaine rentrée universitaire.
→ Le Président du Conseil Général de Mayotte a demandé la création de deux nouveaux centres CNAM, l’un au Nord et l’autre au Sud de l’île Hippocampe.
→ Le Président du CNAM de Mayotte a conduit une délégation officielle de la collectivité départementale pour rencontrer l’Ambassadeur de France et le Ministre de l’Education Nationale des Comores afin d’étudier la faisabilité d’une ouverture d’un centre sur chaque île qui compose l’archipel.

Propos recueillis par Christine Niox-Château,
Chargée de mission à l’ARTIC