Journée internationale de la jeunesse sous le signe de la révolution technologoque

À l’ONU, la jeunesse veut peser sur les règles de l’intelligence artificielle

17 août

Plus de 600 jeunes venus du monde entier se sont réunis mercredi au siège des Nations unies à New York pour débattre de l’avenir de l’intelligence artificielle (IA). À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, ils ont présenté une déclaration appelant à une gouvernance de l’IA plus inclusive et plus juste.

Photo UN News/Isaiah Steinberg

La rencontre avait un objectif : faire entendre la voix de celles et ceux qui vivront le plus longtemps avec les conséquences du développement de l’intelligence artificielle. Organisé autour des Objectifs de développement durable, le sommet a permis aux jeunes délégués de participer à des ateliers et débats avant de présenter une « Déclaration de la jeunesse sur les politiques et la gouvernance de l’IA ».

Ce document doit contribuer aux futurs travaux des Nations unies, notamment dans le cadre du Pacte numérique mondial. Pour Felipe Paullier, secrétaire général adjoint de l’ONU chargé de la jeunesse, la participation des jeunes ne doit pas se limiter à une consultation symbolique une fois les décisions déjà prises. Ils doivent être associés dès le début à l’élaboration des politiques.

L’IA, une question de pouvoir

Au-delà de la technologie, les participants ont souligné les enjeux politiques, économiques et sociaux liés à l’intelligence artificielle. L’ambassadeur de la Dominique, Philbert Aaron, a ainsi rappelé que l’IA pose aussi des questions de pouvoir, de dignité, d’opportunités et de culture.
Une autre préoccupation concerne les inégalités entre pays. Des représentants des Bahamas, de la Dominique, du Pakistan et des Tonga ont insisté sur le risque de voir les pays en développement rester à l’écart de la révolution numérique. Sans infrastructures, capacités de calcul, compétences, financements et accès aux connaissances, le progrès technologique ne garantit pas le progrès humain.
Felipe Paullier a également dénoncé la concentration actuelle du développement de l’IA entre les mains d’un nombre limité de grandes entreprises implantées dans les pays les plus riches. « Nous voulons que l’IA contribue à réduire les inégalités et non à les approfondir », a-t-il résumé.

Des emplois menacés

Cette inquiétude prend une dimension particulière alors que le chômage des jeunes recommence à progresser dans le monde. Selon une récente étude de l’Organisation internationale du travail, 6,1 % des emplois occupés par les 15-29 ans figurent déjà parmi les catégories les plus exposées à l’intelligence artificielle.
La jeunesse se retrouve donc au cœur d’un double défi : profiter des possibilités offertes par l’IA tout en évitant que celle-ci ne transforme les inégalités économiques en chômage de masse.
Le message porté à New York dit que l’avenir de l’IA ne doit pas être décidé uniquement par les grandes entreprises technologiques et les gouvernements. La génération qui en subira le plus longtemps les conséquences doit aussi participer à la construction des règles.

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