« De la vision politique à l’action publique : comment la pensée de Paul Vergès sur le changement climatique s’est traduite concrètement dans les politiques d’aménagement et de développement de La Réunion »
29 août, parPaul Vergès : 2016-2026
Pauvreté
Un rapport de l’ONU le laisse entrevoir
7 octobre 2003

Le chiffre a de quoi faire vraiment peur. Si rien ne se fait dans ces trente prochaines années, la population dans les bidonvilles de la planète doublera, pour atteindre deux milliards d’habitants, prévient l’ONU dans un rapport diffusé hier.
Aujourd’hui déjà, la situation est extrêmement grave : des "kampungs" d’Indonésie aux "townships" d’Afrique du Sud ou aux "favelas" du Brésil, un tiers des habitants des villes s’entassent déjà dans des cités insalubres privées de constructions en dur, d’électricité, d’eau ou de services d’hygiène. « C’est une bombe à retardement », a estimé Naison Mutizwa-Mangiza, expert du Programme Habitat des Nations unies (centre des Nations unies pour les établissements humains), auteur du rapport. Anna Tibaijuka, directrice générale de l’organisme onusien, a expliqué en présentant le rapport qu’il y avait une tendance irréversible à l’exode rural.
L’Asie abrite la majorité des habitants de bidonvilles, de la planète (550 millions, soit 60%), l’Afrique en dénombre 187 millions (20%) et l’Amérique latine 128 millions (14%). Les pays développés eux-mêmes comptent 54 millions de personnes habitant dans des bidonvilles.
« D’ici 2050, nous estimons que la population mondiale comptera neuf milliards d’habitants, dont six milliards dans les villes et 3,5 milliards dans les bidonvilles à moins de mesures radicales pour répondre à ce problème », a déclaré Anna Tibaijuka. Les gouvernements ne s’intéressent guère à ce dossier, note l’organisme onusien, « ce qui laisse un vide comblé par les criminels ». « En Afrique, il y a des bidonvilles explosifs. En Amérique latine, il existe de nombreux bidonvilles auxquels les autorités n’ont plus accès », a-t-elle encore souligné.
« Les pauvres ne sont pas des terroristes », a-t-elle conclu. « Mais les privations sociales peuvent déboucher sur des comportements anti-sociaux. Les flots de population sont tous imbriqués. C’est pour cette raison que ce dossier concerne le monde entier ».
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