Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
Journée mondiale du recyclage
19 mars, par

Chaque année, près de 1,7 kg de déchets sont produits chaque jour par habitant à La Réunion. Et 63 % finissent encore enfouis. À l’heure de la Journée mondiale du recyclage, l’île fait face à une urgence : sortir du tout-déchet, rompre avec le gaspillage et reconstruire une véritable économie circulaire. Avant l’essor de la société de consommation importée, La Réunion vivait dans une logique de réutilisation.
Chaque Réunionnais produit près de 1,7 kilo de déchets par jour. Rapporté à l’année, cela représente des centaines de milliers de tonnes à l’échelle de l’île. Et pourtant, 63 % de ces déchets sont encore enfouis. Ce chiffre interroge, au moment même où la Journée mondiale du recyclage, ce 18 mars, invite à repenser nos pratiques. Avant l’essor de la société de consommation importée, La Réunion vivait dans une logique de réutilisation.
Car derrière ces statistiques se cache une réalité visible : rues jonchées de plastiques, ravines transformées en décharges sauvages, sites d’enfouissement saturés. Les opérations citoyennes de ramassage témoignent de l’ampleur du problème. En quelques heures, des dizaines, parfois des centaines de kilos de déchets sont collectés dans un périmètre restreint.
Enfouir 63 % des déchets n’est pas une solution durable. C’est un choix par défaut, lourd de conséquences environnementales et financières. Les terrains disponibles se raréfient. Les impacts sur les sols, l’eau et l’air soulèvent des inquiétudes légitimes. Et ce système a un coût, supporté par la population à travers la taxe sur les ordures ménagères.
L’incinération est souvent avancée comme alternative. Mais brûler les déchets ne règle pas le problème de fond : cela produit des résidus ultimes, maintient une logique de surconsommation et nécessite des investissements publics massifs. Ces infrastructures profitent surtout aux entreprises du secteur, tandis que le citoyen paie la facture.
Une rupture avec notre histoire
Avant l’essor de la société de consommation importée, La Réunion vivait davantage dans une logique de réutilisation. Les objets étaient réparés, transformés, transmis. Les contenants en verre circulaient, les matériaux étaient valorisés. Le déchet, au sens actuel du terme, était marginal.
L’abandon progressif de la consigne illustre ce basculement. Le verre réutilisable a été remplacé par le plastique à usage unique, bien plus complexe à recycler. Résultat : les volumes de déchets explosent, et la filière de traitement peine à suivre.
À Madagascar, la consigne sur les bouteilles en verre reste courante. Une part significative du prix du produit correspond au montant restitué lors du retour du contenant. Ce système simple favorise la réutilisation, réduit les déchets et soutient une économie locale du recyclage.
Pourquoi ne pas étudier ces modèles régionaux ? Pourquoi ne pas réintroduire une consigne ambitieuse à La Réunion, représentant au moins 25 % du prix du produit ? Une telle mesure encouragerait les comportements responsables, réduirait les importations d’emballages et créerait de l’activité locale.
La Journée mondiale du recyclage ne doit pas être un simple rendez-vous symbolique. Elle doit marquer un tournant. Réduire la part des déchets enfouis, imposer aux importateurs une limitation des emballages superflus, développer la réparation et le réemploi : voilà des axes concrets.
La Réunion produit 1,7 kg de déchets par jour et par personne. Ce chiffre n’est pas une fatalité. Il reflète un modèle économique fondé sur le gaspillage. Revenir à une économie circulaire adaptée à notre pays est non seulement possible, mais indispensable.
L’avenir de l’île dépendra de notre capacité collective à transformer nos déchets en ressources et à rompre avec la logique du tout-jetable.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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Messages
19 mars, 11:18, par Arthur
De jours en jours, la Réunion ressemble à une immense poubelle plus ou moins cachée dans des centres d’enfouissement technique comme on dit, c’est pire à Mayotte et cela n’empêche surtout pas de vouloir développer le tourisme. Je trouve ça à la fois, révélateur de nos décisions à court terme qui risque de durer longtemps et du manque de volonté, de réaction pour changer les choses sérieusement. Cacher les déchets par exemple, c’est dans les deux sens du terme, du superficiel non ? Dans les poubelles brises, les gens y jettent ce qui devrait aller dans les jaunes ou les bleues, les vertes pour le verre. Dans les rues,les parkings, les ravines, les plages en effet hélas, on les voit de partout, et tout le monde s’en moque. "Il y aura bien quelqu’un payé pour ça qui s’en chargera" disent des pseudos citoyens. Le système capitaliste et un système qui fait circuler de l’argent. Les dégâts restent. Ouvrez les yeux et posez-vous les questions. Est-ce que j’aime vraiment mon île ? J’imagine les futures générations qui vont recevoir tout ça en héritage comme la nature, terre, air et mer, qui n’avait rien demander si ce n’est de se développer, vivre tout simplement. Bonne fin de semaine et vote pour ceux, celles qui iront, Arthur.