Economie

33 % des stocks de poissons victimes de la surpêche

Rapport de la FAO

Témoignages.re / 18 juillet 2018

Le 9 juillet dernier, la FAO a publié un rapport sur la situation mondiale des pêches et de l’aquaculture. Ce document indique que les deux-tiers des espèces sont victimes de la surpêche, et que 27 % des poissons sont pêchés pour rien.

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Depuis 1961, la croissance annuelle mondiale de la consommation de poisson est le double de la croissance démographique, ce qui montre que le secteur de la pêche est déterminant dans la réalisation de l’objectif de la FAO – libérer le monde de la faim et de la malnutrition. La croissance annuelle du secteur aquacole est en baisse depuis quelques années, mais elle demeure importante dans certains pays, en particulier en Afrique et en Asie. Le secteur contribue de plus en plus à la croissance économique et à la lutte contre la pauvreté. Une demande plus importante et la hausse des prix se sont traduites par une augmentation des exportations en valeur, celles-ci ayant atteint 152 milliards d’USD (dont 54 pour cent d’exportations en provenance de pays en développement). Cependant, la pêche et l’aquaculture connaissent aussi des difficultés. Il faudrait, entre autres, réduire la part (actuellement 33,1 pour cent) des stocks de poissons qui sont exploités au-delà de la limite de durabilité biologique ; veiller à ce que les problèmes liés à la biosécurité et aux maladies animales soient réglés ; et disposer de statistiques nationales complètes et précises à l’appui de l’élaboration et de la mise en œuvre des politiques.

La Méditerranée la plus concernée

La proportion de stocks exploités à un niveau biologiquement non durable est passée de 10 pour cent en 1974 à 33,1 pour cent en 2015, la situation s’étant particulièrement aggravée de la fin des années 1970 jusque dans les années 1980.
En 2015, les stocks exploités au niveau durable maximal (auparavant appelés « stocks exploités au maximum ») représentaient 59,9 pour cent du total des stocks évalués contre 7,0 pour cent pour les stocks sous-exploités. La proportion de stocks sousexploités a diminué de manière continue de 1974 à 2015, mais celle des stocks exploités au niveau durable maximal, après avoir baissé de 1974 à 1989, est remontée pour s’établir à 59,9 pour cent en 2015.

En 2015, parmi les 16 zones statistiques principales de la FAO, c’est en Méditerranée et en mer Noire (zone 37) que l’on observait la plus forte proportion de stocks exploités à un niveau biologiquement non durable (62,2 pour cent) ; venaient ensuite le Pacifique Sud-Est (zone 87), avec 61,5 pour cent, et l’Atlantique Sud-Ouest (zone 41), avec 58,8 pour cent. À l’opposé, le Pacifique Centre-Est (zone 77), le Pacifique Nord-Est (zone 67), le Pacifique Nord-Ouest (zone 61), le Pacifique CentreOuest (zone 71) et le Pacifique Sud-Ouest (zone 81) affichaient les taux les plus bas (de 13 à 17 pour cent) de stocks exploités à un niveau biologiquement non durable.

Impact du changement climatique

Le changement climatique et la pollution constituent aussi des sources d’inquiétude. Alors que la recherche suggère que le changement climatique pourrait entraîner une baisse des prises de poissons de 10 pour cent, le rapport note également que des changements significatifs sont attendus là où les poissons sont capturés. Les prises devraient vraisemblablement diminuer dans de nombreuses régions tropicales dépendantes des pêches et augmenter dans les régions tempérées de l’hémisphère Nord. D’après le rapport, des changements dans la distribution des pêches auront un impact majeur au niveau opérationnel, managérial et juridictionnel. Des recherches seront également nécessaires afin de développer des stratégies qui permettront aux pêches et aux espèces qu’elles exploitent de s’adapter doucement au changement climatique.

Source FAO