Un triple anniversaire de portée mondiale
18 juillet, par4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
L’accord de la Commission européenne ouvre la voie à une concurrence supplémentaire
4 septembre 2025, par

Le 3 septembre, la Commission européenne a annoncé avoir soumis au Conseil ses propositions pour la signature et la conclusion de deux accords majeurs : le partenariat entre l’Union européenne et le Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay) et l’accord global modernisé entre l’UE et le Mexique. Ces textes, présentés comme « historiques », visent à diversifier les relations commerciales de l’Union et à renforcer ses liens avec des partenaires stratégiques. Mais derrière les ambitions diplomatiques se profilent des inquiétudes bien réelles pour l’économie réunionnaise, en particulier son agriculture.
« La Commission européenne a soumis au Conseil ses propositions relatives à la signature et à la conclusion de l’accord de partenariat UE-Mercosur et de l’accord global modernisé UE-Mexique. Ces accords historiques constituent une étape essentielle de la stratégie de l’UE visant à diversifier ses relations commerciales et à renforcer ses liens économiques et politiques avec des partenaires partageant les mêmes valeurs à travers le monde », indique un communiqué de la Commission européenne publié ce 3 septembre sous le titre « La Commission propose l’adoption des accords avec le Mercosur et le Mexique ». qui précise que « La Commission européenne a soumis au Conseil ses propositions relatives à la signature et à la conclusion de l’accord de partenariat UE-Mercosur et de l’accord global modernisé UE-Mexique. Ces accords historiques constituent une étape essentielle de la stratégie de l’UE visant à diversifier ses relations commerciales et à renforcer ses liens économiques et politiques avec des partenaires partageant les mêmes valeurs à travers le monde. »
Cette proposition ouvre la voie à une ratification par les États membres dont la République française.
À La Réunion, les producteurs peuvent craindre une intensification de la concurrence. Le Mexique et les pays du Mercosur partagent une agriculture tropicale aux productions comparables à celles de l’île : sucre, fruits, rhum, viande. Or, leurs coûts de production sont nettement inférieurs, en raison de normes sociales, fiscales et environnementales différentes que celles imposées aux exploitants réunionnais.
Le sucre réunionnais apparaît particulièrement exposé. Déjà fragilisée par la fin des quotas sucriers européens en 2017, la filière pourrait voir affluer sur le marché européen des volumes importants de sucre brésilien ou mexicain, proposés à des prix imbattables. Le groupe Tereos, propriétaire des deux usines sucrières de l’île, a anticipé ce risque en diversifiant ses investissements au Brésil, premier producteur mondial de canne à sucre. Ccette stratégie laisse planer un doute : le géant agro-industriel privilégiera-t-il à terme ses sites sud-américains plus compétitifs ?
Au-delà du sucre, d’autres productions réunionnaises sont concernées : fruits tropicaux, miel, épices, mais aussi viande de volaille et de bœuf, produits en masse en Amérique latine. Face à ces importations, les exploitants de l’île peuvent redouter un effondrement des prix et une perte de parts de marché non seulement en Europe mais aussi à La Réunion
Les négociations s’orientent vers une ratification par les États membres, dont la France. À La Réunion, existera-t-il des mécanismes de protection : quotas, clauses de sauvegarde, respect strict des normes environnementales et sanitaires ? Sans cela ces accords risquent d’accélérer la fragilisation d’un modèle agricole en crise car il ne place pas l’agriculteur en son centre.
M.M.
4 septembre 1996, 4 novembre 2016 et 12 novembre 2016
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