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29 juillet, parL’échec d’un système
Tribune de la CGPER
29 juillet, par

La décision n° INTV-GERCRI-2026-52 de France-AgriMer, en date du 23 juillet 2026, met en place un dispositif exceptionnel d’aide destiné à compenser une partie du surcoût des engrais azotés supporté par les exploitations agricoles françaises. Elle répond à une réalité que connaissent tous les agriculteurs : l’augmentation brutale des charges de production, aggravée par les tensions internationales.
À la lecture attentive de cette décision, la CGPER constate qu’à aucun moment le texte ne distingue les exploitations agricoles de l’Hexagone de celles des départements et régions d’outre-mer. Il vise les agriculteurs français sans préciser les modalités d’application de cette aide dans les territoires ultramarins.
La question n’est donc pas de savoir si les départements d’outre-mer sont exclus, puisque la décision ne le dit pas. La véritable question est de savoir comment l’État entend appliquer cette décision à La Réunion et dans les autres départements et régions d’outre-mer. Les agriculteurs ultramarins ont droit à une réponse claire, officielle et sans ambiguïté.
Les agriculteurs réunionnais sont confrontés aux mêmes difficultés que leurs collègues de l’Hexagone. Ils subissent eux aussi la hausse du prix des engrais. Bien souvent, ces hausses sont amplifiées par les coûts liés au transport, à l’insularité et à l’éloignement.
Il est donc légitime que les producteurs réunionnais sachent si cette aide leur est destinée et, si tel est le cas, selon quelles modalités elle sera mise en œuvre sur notre territoire.
C’est pourquoi la CGPER demande officiellement au ministère de l’Agriculture, à la DAAF de La Réunion et à France-AgriMer de préciser publiquement l’application de la décision n° INTVGERCRI — 2026-52 du 23 juillet 2026 dans les départements et régions d’outre-mer.
Cette clarification est indispensable pour éviter toute interprétation différente d’un territoire à l’autre et pour apporter aux agriculteurs la visibilité dont ils ont besoin. Notre démarche n’est pas une polémique. Elle est une demande de transparence.
Lorsqu’un texte national concerne les agriculteurs français, chacun doit pouvoir savoir clairement s’il s’applique aussi aux agriculteurs des régions ultrapériphériques et, le cas échéant, selon quelles modalités.
La République ne peut laisser planer le doute sur un sujet aussi important. Les agriculteurs réunionnais sont des agriculteurs français. Ils participent pleinement à la production agricole nationale, dans des conditions souvent plus difficiles et avec des coûts de production plus élevés.
Nous demandons donc une réponse simple à une question simple : comment cette décision sera-t-elle appliquée à La Réunion et, plus largement, dans les départements et régions d’outremer ? Cette réponse est attendue par l’ensemble du monde agricole. Parce qu’au-delà de cette aide exceptionnelle, c’est une question de confiance entre l’État et les agriculteurs ultramarins qui est posée.
La CGPER n’appelle pas à une application uniforme de toutes les politiques agricoles nationales. Les réalités de La Réunion, comme celles des autres régions ultrapériphériques, justifient parfois des adaptations spécifiques, reconnues d’ailleurs par le droit européen.
En revanche, lorsque l’État adopte un dispositif national au bénéfice des agriculteurs français, il lui appartient de préciser clairement s’il concerne également les territoires ultramarins et, le cas échéant, selon quelles modalités il sera adapté à leurs réalités.
C’est cette clarté que nous demandons aujourd’hui.
L’égalité républicaine ne signifie pas l’uniformité. Pour les régions ultrapériphériques, elle signifie au contraire la prise en compte de leurs contraintes particulières afin de garantir une véritable égalité des chances et des moyens.
C’est dans cet esprit que la CGPER demande à l’État de préciser sans ambiguïté les conditions d’application de la décision n° INTV-GERCRI-2026-52 du 23 juillet 2026 à La Réunion et dans l’ensemble des outre-mer.
Jean-Michel Moutama
Président de la CGPER
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