Déclaration commune entre la Région Réunion et les délégués syndicaux d’E.D.F.

Appel commun à tous les Réunionnais à défendre le service public de l’électricité

9 avril 2004

Une délégation de l’intersyndicale d’EDF accompagnée d’une centaine d’employés a été reçue hier par le président de la Région Réunion, Paul Vergès. Une déclaration commune a été adoptée dans le prolongement de cette rencontre entre les délégués syndicaux d’EDF et la Région Réunion.
Les deux parties « partagent le constat du processus engagé de privatisation d’EDF/GDF qui remet directement en cause la pérennisation du service public de l’électricité ».
Elles « attirent l’attention de l’ensemble des acteurs concernés - usagers, entreprises, collectivités - sur l’extrême gravité des conséquences qui découleraient de la poursuite d’un processus de privatisation, si la situation particulière des Départements d’Outre Mer en général et de La Réunion en particulier n’était pas prise en compte ».

Suite à la rencontre entre les salariés d’EDF et leurs représentants syndicaux d’une part, et d’une délégation du Conseil régional conduite par son Président, Paul Vergès d’autre part, les deux parties sont convenues de la déclaration suivante :
1- Elles partagent le constat du processus engagé de privatisation d’EDF/GDF qui remet directement en cause la pérennisation du service public de l’électricité.
À La Réunion, cette privatisation est déjà engagée à travers notamment les opérations d"extensions programmées ou déjà réalisées des centrales thermiques actuelles du Gol ou de Bois Rouge.
Les deux parties dénoncent cette situation de “fait accompli”.

Risque d’augmentation de tarif pour tous les Réunionnais

2- Elles attirent l’attention de l’ensemble des acteurs concernés - usagers, entreprises, collectivités - sur l’extrême gravité des conséquences qui découleraient de la poursuite d’un processus de privatisation, si la situation particulière des Départements d’Outre-Mer en général, et de La Réunion en particulier, n’était pas prise en compte.
Il convient en effet de rappeler que dans le cadre du Service public, les Réunionnais payent actuellement le même prix de l’électricité que leur compatriote de métropole, malgré les coûts de production plus importants à La Réunion. Cette égalité est possible grâce à un mécanisme de péréquation tarifaire dont le coût évalué pour La Réunion est de plus de 300 millions de francs.
Si le Service public de l’électricité était démantelé, et donc l’obligation de Service public remise en cause, la péréquation tarifaire serait fragilisée et risquerait de disparaître, ce qui provoquerait une augmentation de tarif pour tous les Réunionnais et une impossibilité de développer La Réunion.

Décalage entre production et consommation

L’autre aspect à prendre en compte est le décalage croissant entre les moyens de production à La Réunion et les besoins de consommation.
Ces besoins vont augmenter considérablement avec la croissance démographique et notamment les besoins en matière industrielle. Or, on observe d’ores et déjà que les moyens de production actuels sont insuffisants pour couvrir les besoins. Cela se traduit notamment par “les délestages” subis par les usagers.
Au-delà de la contribution pouvant être apportée par les énergies renouvelables, il est essentiel que des garanties soient apportées pour la programmation et le financement des nouveaux moyens de production.
Or, le processus de privatisation en cours n’apporte aucune de ces garanties.
3- Compte tenu de la gravité et de l’urgence du problème posé, qui engage tant le présent que l’avenir de La Réunion, la Région Réunion et les représentants des employés d’EDF appellent l’ensemble des acteurs concernés - entreprises, population, département, communes - à se constituer en Collectif pour la défense du service public de l’électricité.


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