Application par l’Union européenne des orientations ultra-libérales de l’Organisation mondiale du Commerce

Agriculture : « concurrence accrue » à cause des accords de libre-échange, affirme la Commission européenne

26 février, par Manuel Marchal

Une étude de la Commission européenne sur 10 accords de libre-échange négociés ou signés et pas encore mis en œuvre par l’UE indique que l’agriculture subira une plus forte concurrence, notamment les éleveurs et les planteurs. Ces accords concernent en effet d’importants pays exportateurs de produits agricoles. Globalement, les exportations de l’UE augmenteront de manière plus importante que les importations. Ces accords bénéficient donc à des secteurs économiques, mais pas aux agriculteurs.

L’Union européenne négocie des accords de libre-échange. Une étude de la Commission européenne publiée la semaine dernière donne les perspectives possibles de 10 accords négociés ou signés et pas encore mis en œuvre. Les États concernés par ces accords de libre-échange sont les suivants : l’Australie, le Chili, l’Inde, l’Indonésie, la Malaisie, le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), le Mexique, la Nouvelle-Zélande, les Philippines et la Thaïlande.

Importants exportateurs de produits agricoles

L’étude de la Commission européenne « reconnaît que certains secteurs sensibles, notamment la viande bovine, la viande ovine, la volaille, le riz et le sucre, devraient faire face à une concurrence accrue de la part des dix partenaires mentionnés dans l’étude ».
Ceci n’est guère étonnant. En effet, parmi ces pays figurent d’importants exportateurs de produits agricoles, dont le Brésil, premier producteurs de sucre du monde.
Il est également à noter que le Brésil, le Mexique, l’Inde, l’Indonésie, les Philippines et la Thaïlande se situent en zone tropicale. Ils cultivent donc des fruits et légumes qui existent à La Réunion mais pas en Europe. C’est donc une concurrence directe pour les planteurs réunionnais.

Agriculture pénalisée

La présence parmi ces pays d’importants exportateurs de viandes suscite de grandes craintes en Europe. Pour les agriculteurs réunionnais, c’est le risque d’une concurrence supplémentaire alors que les rayons des grandes surfaces diffusent déjà des produits importés d’Europe à bas coût, les produits de dégagement.
L’étude de la Commission européenne estime que globalement le bilan sera positif pour l’économie européenne, car les exportations augmenteront plus que les importations.
Ces accords de libre-échange profiteront donc à d’autres secteurs que l’agriculture. L’étude indique en effet que malgré tous les engagements pris par l’UE, l’agriculture sera pénalisée par ces 10 accords de libre échange.

M.M.

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